TABLEAU I, SCÈNE II
MONMOUTH
Va voir qui descend cette rue... sans te retourner.
JULIEN
J'y vais... (// va vers la droite du théâtre»)
MONMOUTH
En venant ici, j'aicommis une imprudence, peut-être; mais Angèle sera contente, et le ciel, qui nous ramène le père Griffon, le digne curé du Macouba, protégera encore nos amours et notre heureuse solitude...
H disparaît derrière la tente.
JULIEN, remuant à reculons.
Ce sont des habitans qui se rendent ici pourvoir débarquer les passagers de laLicorne.,, (Silence.) 3e vous promets d'aller au gouvernement aussitôt qu'ils vont me laisser libre... (Silence,) 11 ne répond pas... Monseigneur, je vous assure... (Il se risque à tourner la tête ) Il n'y est plus!... Est-ce que j'ai rcvé ?... Non, voilà bien la bourse... (Comptant l'or*) Le prix du rachat et la pièce d'or pour moi.,, ceci est délicat... Mais cinquante pour le noir... c'est tout naturel, Satan aime sa couleur,.. Un instant! n'oublions pas nos affaires... (Il regarde du côté de la mer.) Un canot s*est détaché du bâtiment; dans cinq minutes, les passagers seront ici. Vite, vite! qu'on apprête tout! Doiningue, range les tables; Blanchet, Pierrot, alerte, mes enlans!... Tous les nègres appelés se mettent à exécuter les ordres de Julien. Pendant ce temps, des habitans entrent en scène ; quelques-uns s'asseyent aux tables du café; d'autres regardent la mer avec des longues- vues»