SCENE V
IROUSTILLAG, LE GOUVERNEUR, puis LORD MORTIMERe^iES Partisans de MONMOUTH.
CROUSTILLAC
Quel est ce bruit sous le pont, M. le gouverneur?
Ce sont vos partisans que ma présence a cessé decon- 3nir...
CROUSTILLAC, à part.
Ils vont me reconnaître! pauvres amis, ils n'auront
pas le temps cl*arriver. (Se dirigeant vers l'avant,) NonJ en ce moment, je ne veux pas les voir. Retardons encore l'explosion de quelques minutes... (Haut.) Ah ! | gouverneur, tant d'émotions, la honte, la joie ! la gloire ! Mon oncle Jacques ! le Cornouaille ! oh ! je succombe !...
Il tombe sur un affût, la face cachée par ses bras. Les partisans commencent à monter sur le pont par les divers escaliers, le Gouverneur va au-devant d'eux et leur recommande le silence en leur montrant Groustillac.
LE GOUVERNEUR
Silence, voyez !
LES PARTISANS, à mt-VOlX,
Qu>a-t-il?
LE GOUVERNEUR
Je vous l'ai dit, ce malheur domestique... CROusTiLLAc, ioumant la tête du côté du spectateur. Ils sont au moins douze,
MORTIMER
Ah! je me baignerai dans le sang du séducteur!
CROUSTILLAC, même jeu.
Je suis sûr que c'est Mortimer celui-là.
UN PARTISAN, à Mortimer.
Puisque vous êtes le seu 1 ici, Mortimer, qui connaissiez personnellement le prince, approchez-vous. CROUSTILLAC, même j BU, Ah! il est le seul qui me connaisse.
MORTIMER, s'approchant et incitant un genoux en terre. Vos fidèles serviteurs, résolus de mourir pour votre cause, mylord... permettez-moi un nom plus doux, Jacques, notre Jacques bien-aimé...
CROUSTILLAC, se relevant et comme sortant d*un songe. Qui m'appelle?... (// regarde Mortimer, le relève et se jette dans ses bras.) Mortimer!,.. (Mortimer reste stupéfait, tous les autres crient :) Vive mylord! vive le fils de Charles II!...
Groustillac va à eux et leur presse la main.