TABLEAU VU, SCÈNE V
CROUSTILLAC
Mcsamis! mes frères! celte joie après cette douleur..» Eh bien! qu'as-tu donc, Mortimer?
LE GOUVERNEUR
C'estvrai,mylord, vous restez là, la bouche ouverte...
MORTIMER
Pardon, mais c'est que...
LE GOUVERNEUR
Eh bien ! quoi ?
MORTIMER
Sous ces traits je ne puis reconnaître...
CROUSTILLAC, ttvec uu cvî de douleur.
Ah! gouverneur, mon exécution m'a donc bien changé?
LE GOUVERNEUR, à Mortîmev, Voyez, mylord, le mal que vous faites à son altesse.
MORTIMER
Mais j'ai beau chercher... sous ces traits... CROUSTILLAC, à fart.
Oh ! le signal, le signal !... [Haut,) Vous aviez bien raison, M. le gouverneur, il me fait un mal cruel ; car, malgré la nuit fatale 0!i ma tête... je ne puis douter de moi-même, je me palpe, je me sens... mais toi, malheureux Mortimer, le voilà encore comme je t'ai déjà vu une fois?
MORTIMER
Que voulez-vous dire?
CROUSTILLAC
La fatale exaltation de ton caractère... {Mouvement,) Ne le connaissiez-vous pas tous comme exallé?
TOUS
Sans doute... sans doute.
CROUSTILLAC,» part.
Quelle histoire trouver?... (Haut.) Quand tu la revis... sois tranquille, je ne la nommerai pas... est-ce que ton délire nerveux t'a permis de la reconnaître?... Elle fondait en larmes, et moi-même... {A part,) Oh! bon Dieu! tirez le canon, car je suis à bout.
MOBTJMER, éclatant.
Ah ! ça, est-ce qu'il veut me faire passer pour fou et stupide, cet intrigant-là?
Lord Mortimer, vous vous oubliez.
MORTIMER
Allez-vous-en au diable, et pendez-moi ce gaillardlà; il n'est pas plus le duc de JVIonmouth que je ne suis cet imbécile de gouverneur.
LE GOUVERNEUR
Mylord, s'il ne faisait pas si chaud ..
Murmures des partisans.
MORTIMER
Je vous dis que vous êtes dupes.
LES PARTISANS, à CroustUlac.
Répondez, répondez.
CROUSTILLAC
Répondez, cela vous est parbleu bien facile h dire.
LE GOUVERNEUR
Vous me mettez en eau ! Mais c'est mylord duc!... sans cela, M. le comte de Chemerault serait un imbécile !