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Le Morvan; étude de géographie humaine

De môme que la Beauce, La Brie, la Li magne, le Morvan n'a jamais eu en propre <l existence politique ou administrative. \ peine nommé dans l'histoire, il ne formait, sur sa plus grande étendue, qu'un mas sif inaccessible au mouvement général de la civilisation. \s>iv entre la Bourgogne el le Nivernais, noyé dans la pénombre de deux frontières mal définies, privé de grandes routes cl presque de chemins abordables, il m' participai! à la vie commune que par l'action de ses hommes de guerre, qui coopéraient aux expéditions du royaume el par le travail de ses bûcherons qui contribuaient au chauffage de la capitale. Sa nature très fruste, son climal rigoureux, son sol infer tile, éminemment forestier, n'étaient pas faits pour tenter les appétits des gens <l armes. Lesorl des batailles se disputail sur ses abords, mais les combattants ne cherchaient pas à pénétrer à l'intérieur. Quand d> s'y aventuraient, le siège de Château-Chinon terminait la conquête du Morvan. C'était l'affaire des troupes à pied1. La Chc valerie préférait se battre dans les plaines. Lormes, Corbigny, \val-

i . | )■ Bo i" ■"". chapitn s m el nr, Lbvainville. Le Morvan.

i LES RÉGIONS DE CONTACT

Ion, Saulieu. Autuii, à proximité des tories fertiles du Bazois, de la Terre-Plaine, de l'Auxois, de L'Autunois, turent, jusqu'à la tin du Moyen Age. Les emplacements où se décidait la fortune des populations qui entouraient le Morvan1. Là seulement la victoire pouvait être grassement rémunérée.

Eloigné des lignes d'invasion, isolé des voies commerciales, le Morvan n'a jamais eu de limites précises. Englobé avec les autres territoire- des Eduens dans la première Lugdunaise, il fut administré jusqu'au début du ve siècle parles préfets romains. A cette époque. les évêques d'Autun leur succédèrent dans le gouvernement de la Civitas Eduorum. Cette contrée, de vastes dimensions, s'étendait entre la Saône et la Loire, limitée au Nord par les Sénons et les Lingons. au Sud parles Vrvernes". Par la suite, la création des évêchés de Mâcon, de Chalon (ve siècle), de Nevers (vi0 siècle), les conquêtes des ducs de Bourgogne, réduisirent de beaucoup leur juridiction. Malgré ces amputations, au i\'' siècle, le domaine temporel des évêques d'Autun, ancien « ager fiscalisa attaché aux magistratures impériales, était encore « magnae mirabilisque amplitudinis3 » . \ l'Est, il comprenait l'Auxois et une partie de la Montagne, à l'Ouest, il allait de la Loire à la basse Yonne avec les enclaves de Pierrefitle-sar-Loire, de la Roche-Millay, de Bourbon-Lancy, de Lu/.\ . d > Ghâteau-Ghinon et d'Avallon. Le Morvan occupait le centre du territoire. Cependant, les évêques ne purent se maintenir en possession de bien- aussi considérables. Au xme siècle, tout le pays sis sur la rive gauche de l'Yonne passe sous le pouvoir de l'évêque de Vevers. Les ducs de Bourgogne occupent l'Avallonnais et le plat pays de Saulieu. Bientôt, sur ses anciennes possessions, l'Episcopus Eduorum n'eut plus qu'un droit nominal de suzeraineté*. \u wiii' siècle, les paroisses morvandelles sont partagées en deux parties inégales. Sur la rive droite de l'Yonne, elles dépendenl des archidiaconés d'Autun, de Beaune, de Ela\ ignj el d' Wallon plasous l'obédience spirituelle de l'évêque d \uluu : el >ur la rive gauche, elles son I soumises à L'archidiaconé el àl'évêché de Nevers. Seule la paroisse de Blain-lès-Roussillon (plus tard Roussillon-en- Morvan), était encastrée dans l'archiprêtré d Vutun bien que dépendant de l'évcché de Nevers. Les archidiaconés de Beaune, de Fla-

, Prévost •'•'/'. p. 5o-75.

>. Desjardins : /•'/ '1. II. p.

De < Iharmassc : i'i:>.. p. m.

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