Paul Montarlot : ijj, p. i
rigoureux du massif ancien sont défavorables aux oiseaux. Les grands migrateurs, grues, cigognes, oies, canards, qui s'abattent à la même latitude en Sologne, fréquentent rarement les nombreux marais du Morvan '. Les émigrations temporaires, l'industrie des nourrices, sont aussi des raisons de la déchéance de la volière, du clapier et du rucher. Les volailles maigres et dures du Morvan sont à peine suffisantes à la consommation habituelle des habitants. Les oies mêmes, qui formaient le rôti principal des jours de fête, et que l'on rencontrait le long des routes, le bâtonnet en travers du goitre pour qu'elles ne brisent pas les haies, lesoiesles plus belles proviennent des marges. En dehors de ses bœufs, de ses moutons et de ses porcs, le Morvandeau n'a rien à vendre. Dans le mémoire sur l'étal du duché de Bourgogne en 1698, l'intendant Ferrand signalait que le bailliage d'Autun est de deux tiers en bois et montagnes. Le terroir en général est fort sec et très ingrat... Tout le "commerce consiste en bétail qui se vend aux foires d'Autun. Au début du xixe siècle, les communes, dans leurs demandes pour établir une foire au bourg, insistent toutes sur ce que le « commerce du bétail est le seul moyen qui puisse procurer aux habitants l'aisance qui leur manque... car les terres labourables ne produisent que des récoltes bien insuffisantes à la consommation des habitants, la surface de la contrée étant en grande partie couverte de terres sablonneuses, sauvages, qui ne sont propres qu'à servir de pâtures- ». La nourriture du bétail a toujours été une des préoccupations dominantes du morvandeau. Le chaulage, en perfectionnant les pâtures, en améliorant les prés et surtout en introduisant les prairies temporaires dans l'assolement, devait assurer définitivement le fourrage du troupeau, augmenter sa qualité et sa quantité.