‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 127 sur 232 · LE PATI RAGE · texte numérisé non relu

LE PATI RAGE

duison l que des pâtures. On \ en nourrit quantité qu'on commerce dans les pays voisins. Il n'\ vient pas fort, à cause du peu d'application cl d'industrie des habitants. On n'y manque point de prés. dont les l'oins sonl assez bons, on pourrait les augmenter avec un peu de dépense en y faisant des tranchées et des arrosements '. » Jusqu'au moment où le chaulage introduisit avec les prairies temporaire-; une troisième forme de pâturage, la nourriture du bétail était assurée par la pâture et le pré.

La pâture, le pacage ou le chaume", est un terrain au-dessus de la zone des bois, inculte et qui ne donne au milieu de genêts, hauts parfois de plus de 2 mètres, qu'une herbe grossière et sans giande valeur nutritive. L'étendue des friches sur les hauteurs aurait assuré au troupeau une nourriture presque indéfinie si le fourrage avait pu être utilisé. Malheureusement, l'envahissement des plantes parasites nécessitait une culture Coûteuse pour laquelle le paysan n'était pas alors suffisamment outillé. Parfois, il arrachait les genêts et les ajoncs, livrait la terre sans fumure aucune au sarrazin, puis la laissait revenir naturellement à sa destination première.

Le pré ou « F ha te au vert »3 s'étendait dans les vallées et le long des pentes jusqu'à la limite inférieure des tourbières. Dans ces terrains froids et marécageux et, en certains endroits, couverts de carex et de joncs, le fourrage n'est pas de première qualité. Il convenait mieux aux bêtes à cornes qu'aux moutons et il était plus favorable h l'élevage qu'à l'engraissement 4. Encore n'était-il pas toujours en quantité suffisante. Au début de la Révolution, les récoltes de première coupe étaient tellement précaires dans le plat pays de Saulieu. où cependant la situation était la meilleure du Morvan, qu'il avait fallu des réglementations très sévères pour fixer la propriété des regains0. Si Tannée était sèche, c'était la famine dans l'étable. Pas de pluie, pas d'herbe ; le paysan devait mener ses bêtes aux bois ou aux haies. La conformation zonaire du sol géologique répétait, mais localisait les pâturages sur de petites étendues. Le Morvan était un pays de pâturage individuel et peu étendu. Bien que le nombre de bêtes élevé par chaque habitant fût très minime, les conditions physiques devaient d'autant plus conduire à la ruine que la terre produisait à peine la moitié du fourrage nécessaire à la nourriture

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