Arch. N,os : F12 ia
Levainville. — Le Morvan. i3
demandait dans ses cahiers aux Etats-Généraux qu'il lût établi un impôt sur les domestiques qui se louaienl au dehors1. Jusqu'au milieu du xi\e siècle, au moment où le réseau routier pénétra le massif ancien, les prix ne varièrent pas sensihlement. Ils étaienl en 18/12 de i3o à 190 francs pour les hommes, de 5o à 100 francs pour les femmes. L'établissement des grandes routes fit monter les salaires en i8G/j à 220 francs pour la première catégorie, à i/jo pour la deuxième. Il permit aux cultivateurs du Bourbonnais, aux grands fermiers de la Picardie, de venir chercher à la Saint- Ladre des laboureurs vigoureux et des bœutiers exercés. Les propriétaires des bas pays qui encerclent le massif ancien ont ignoré longtemps les machines agricoles, ils trouvaient plus d'avantages à chercher en Morvan la main-d'œuvre nécessaire. Actuellement, les nombreux enfants assistés élevés dans le pays et qui y demeurent fournissent les éléments de la main-d'œuvre agricole. Les femmes sont pavées 1 fr. -5 à 2 francs par jour, les hommes 2 fr. 5o, sans être nourris. Les domestiques ont des gages variant, pour les femmes, de 120 à 200 francs et pour les hommes de 25o à 5oo francs et encore ce dernier chiffre est-il très rarement atteint. Grâce aux petits héritages, la crise de la main-d'œuvre agricole n'existe pas en Morvan2.
Le domaine el la ferme sont donc, sur le massif ancien, des formesd'exception. Les fermages ne sont productifs que sur les marges en Terre-Plaine, en Bazois, en Auxois. Dans le Morvan, même dans les meilleures parties, le Roi ne possédai! aucun domaine8. La race morvandelle est une population de petits propriétaires. La possession de la terre a fortifié son instinct d'individualisme. C'esl ce qui explique que, malgré qu'il \ ail assez de fortunes en Morvan, l'argent ne -\ montre point. Il passe entièrement à augmenter 1rs terres dont L'ensemble forme L'héritage.