I. L'EVOLUTION DU SOL
L'influence* des mouvements hercyniens.
L histoire des temps arebéens cl primaires, des éruptions qui les ont troublés, est presque entièrement l'histoire du sol morvandeau. Les sédiments du Secondaire et du Tertiaire, qui ont recouvert postérieurement le massif ancien, n'ont été conservés que sur quelques
i. De Lapparcnt : 20, p. 3 et ~>~2. 2. De Launay : 27.
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places de faible étendue. A pari ces exceptions, le rôle du lorrain paléozoïque demeure de premier ordre dans la géographie morvandelle. Il a été le substratum dans lequel les grands mouvements orogéniques on 1 sculptéles formes topographiques ; dans la majeure partie de la contrée, ses produits décomposés ont constitué le sol arable. Les roches de cette époque présentent dans le Morvan une succession de zones orientées Sud-Ouest-Nord-Est. Le gneiss, le granité, les terrains cambrien, dévonien et carbonifère apparaissenl successivemenl el côte à côte. Les massifs de granulite, de microgranulite el de porphyre1 sont allongés dans le même sens, bien < I ii i ls aient des contours moins réguliers. Ces territoires si caractéristiques, si importants pour la répartition des établissements humains, <mt été consolidés par les mouvements orogéniques de la chaîne hercynienne. Chaque plissemenl s'est logé dans une Lande différente. Ce sont, du Sud au Nord : le synclinal qui forme le bassin houiller el permien de Blanzy et du Greusol : l'anticlinal granitique de Lu/.\ : le synclinal permien d'Autun : le synclinal paléozoïque du Haut-Morvan : l'anticlinal granitique de Château-Ghinon, le synclinal porphyrique de Montreuillon ; l'anticlinal granitique de Lormes ; le synclinal houiller de Sincey : l'anticlinal granulilique d'Avallon2. Ces plissements, qui remontent au Carbonifère sont les plus importants des mouvements mécaniques subis parla région. Mais, si leur action se retrouve encore dans la structure géologique actuelle du sous-sol, l'érosion postérieure a fait disparaître presque complètement leur relief. Sou influence a eu d'autanl moins de peine à >'c\ereer que les eaux ne s'attaquaient qu'à des anticlinaux granito-gneissiques, aux roehes les plus anciennes el les moins dures, mais encore à une morphologie toute jeune. On a peine à distinguer au milieu de L'anticlinal granitique de Lormes des directions qui jalonnent les premiers mouvements hercyniens. Les rides de Lormes. de Fadray, de la Forèl-au-Duc. qui se succèdent à 3 ou '\ kilomètres de distance, oui encore une orientation qui peut leur faire attribuer cette ancienne origine. Plus .m Sud. les escarpements de Chassaygne dans la microgranulite, du Haut-Folin dans la granulite, sont mieux conservés parce que modelés dans des roches plu- récentes. Mais ce ne sonl là (pie les racines 'le I ancienne chaîne hercynienne; <l une façon générale, on peiii duc que ces mouvements anciens ne se traduisent plus dans la
i . De ( - 1 1 ; i r masse : •». p. nbo.
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topographie actuelle que par les failles qui se sont produites entre le Permien et le Trias, suivant la direction Nord-Ouest-Sud-Est et sa perpendiculaire Nord-Esl-Sud-Oucst. Elles sont comprises dans une bande de 12 kilomètres de large qui débute sur la carte du Morvan entre Magny et Pierre-Perlhuis (feuille d'Avallon) pour aboutir entre les débouchés des vallées de la Selle et de l'Arroux dans la cuvette d'Autun (feuille de Ghâteau-Chinon)1. Ces accidents tectoniques se retrouvent sur la lisière occidentale du massif ancien. Ils ont été profondément remaniés à l'époque du plissement alpin. Ils sont rcconnaissablcs aux filons de quartz sacebaroïde et corné qui les ont remplis à l'époque des arkoses triasiques. Au-dessus de Petite-Verrière, ilspiofilent leurs formes déchiquetées ; prèsd Alhey- Corcelles le ruisseau de la Velée a dû se frayer sa route vers la Selle à travers leur dentelure irrégulière. Les minéraux encaissés dans le quartz ont été l'objet d'exploitations sans importance (pi. III).
C'est également à l'époque des premiers plissements hercyniens que se sont ouvertes sur les abords du Morvan les dépressions que remplirent plus tard les sédiments permiens2: le bassin d Autun. le bassin de Bîanzy et du Creusot. le petit bassin de Decize \ On peut avoir une idée de la puissance de l'effondrement par le fait que les grès à arkose triasique du plateau d'Antully (54o mètres) ont été retromés à 800 mètres au-dessous du niveau du sol, dans un puits de mine creusé à Charmoy (4 kilomètres Sud-Ouest de Montcenis), pour chercher le charbon. Par la suite, ce mouvement tectonique fut un auxiliaire précieux de l'érosion, déjà très aciive par ellemême. A chaque oscillation de l'écoree, le massif ancien s'élevait au-dessus de la cuvette permienne. Les appels du niveau de base devaient être pressants. Peut-être dès ce moment, les rivières prirent-elles une direction Nord-Sud à travers la pénéplaine orientale déjà très accentuée.
Au début du Secondaire, le Morvan s'affaissa lentement \ Il fut successivement recouvert par les sédiments du Trias et de 1 Infralias. C'est le seul moment de leur histoire où les terrains anciens ne furent pas directement exposés aux agents de 1 érosion. A la fin du dépôt du calcaire à rjryphées arquées, un nouvel exhaussement du
1. Michel-Lévy: 36, p. 4o5, et Michel-Lévy et Vélain : 4°> p- 10.
2. Entre le Carbonifère et l'Autunicn ont commencé les omissions de roches très spéciales appelées minettes, par M. Ehray : 21, p. 102 ; trapps par M. Manès : 3o, p. 327 etporphyrites micacées, par M. Michel-Lévy: 3j, p. 873-883.