‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 18 sur 232 · Delafond : /.?, passim · texte numérisé non relu

Delafond : /.?, passim

•\. Carte géologirpie de Ghàteau-Chinon. Collenot : 8, p. 129 et IVron : 4<), p. 173.

massif arrêta la transgression des mers secondaires1. L'érosion, d'autant plus active qu'elle avait affaire à une morphologie toute récente, ne larda pas à s'attaquer victorieusement aux sédiments nouvellement déposés. Les roches anciennes réapparurent à la surface. Actuellement, la lumachelle el le calcaire à gryphées arquées ne se présentent que par placages silieiliés dans la partie orientale du Morvan. Leur longitude la plus occidentale est celle des Sellons. Placés directement sur le gneiss métamorphisé ou sur la granulite. ils constituenl dans le paysage des ressauts tabulaires qui s appellent la Montagne et qui tranchent avec les formes arrondies des \ ieilles collines2. L'homme a su de bonne heure utiliser ces richesses calcaires pour réussir sur ces coins fertiles la grande culture el l'élevage tels qu'on les pratique en Auxois el qui s<ml inconnus du Morvan des roches primitives, longtemps stérile.

L'influence des mouvements alpins.

Telle étail la situation de la pénéplaine aU milieu du Tertiaire. A l'époque du Miocène, le Massif Central el le Morvan reçurent le contre-coup des mouvements orogéniques qui façonnèrent le massii alpin. Celte poussée devait, comme jadis le mouvement hercynien, créer une orographie nouvelle, remanier les anciennes failles. faire naître sur les lianes du massif de nouveaux effondrements, déterminer un nouveau cycle d'érosion. Seulement, au contraire de ce qu il advinl pour le reste de la chaîne hercynienne, la structure «pu résultait du mouvement alpin est parvenue jusqu'à nous. I n coup d œil jeté sur une «aile géologique snllil pour mon lier que le développement des rides orientées Nord-Nord-Est el Nord-Ouest n eut aucun rapport avec les mouvements orogéniques de l'époque primaire. Ces rides qui s'élèvent sans tenir compte de la dire, lion zonaire caractéristique (\r> roches anciennes, sont parallèles aux accidents tertiaires el notamment aux côtes chalonnaise et mâconnaise. Le plus grand de ces accidents segrefle au Mont Darclon (5op, mètres) -n r une ligne de relèvement en face du bassin de Blanzy. De là. on le suit pendant 60 kilomètres. Après s'etre abaissé un moment en un col de 354 mètres que franchit la voie ferrée de Lu/.\ à \ulun. il recoupe les montagnes les plus importantes du Morvan : les

1 . Sui -- | 1. |>. a6a i 1 ''' '1 i 30 il h ni tjuc le Morvan csl un horsl etquc les marges s'affais- De Lapparenta combattu celte théorie. Sur les mers jurassiques : Martin ; 34> \<- ■> Michel-Lévj el Vélain : 3g, \>. .'!.">< i-.Vi el Vélairi : ■'•■>. p. '|8.

quartzites dévoniens du Beuvray (810 mètres), les tufs carbonifères du Prénelay (85o mètres), la granulite du Haut-Folin (902 mètres). Au milieu des forêts (|iii dissimulent ses Tonnes et semblent dimi nuer son altitude, la chaîne de l'aile continue sa course vers le Nord- Est, sur le rebord oriental de la cuvette d'Arleuf (granulite). Enfin. après avoir atteint 696 mètres au Mont Moux (microgranulite), elle franchit le seuil de deux kilomètres qui sépare les tributaires de la Loire de ceux de la î^einc par 584 mètres au Nord-Est de Saint- Léger-de-Fourche cl se perd à travers la région gneissique où -"('talent les nombreux étangs du plat pays de Saulieu.

Cette chaîne, d'une si haute importance dans l'orographie etl'hydrographie. est suivie à i3 ou i5 kilomètres dans l'Ouest par une série de hauteurs moins élevées. Elle prend naissance dans la colline de Mont (^72 mètres) à l'Est de Bourbon Lancy ; on la retrouve dan- le massif dont l'ait partie le Mont Genièvre et dans le piton qui surplombe le hameau du Mont (465 mètres) à l'Est de Moulins- Engilbert. Après avoir été interrompue pendant 20 kilomètres par les eaux qui drainent la cuvette de Château-Chinon. elle reparaît au village de Mont entre l'Yonne et le Languisson et se termine entre le Chalaux et la Cure dans le mouvement de terrain qui domine le hameau de Mont (^20 mètres). Comme l'artère principale, cet axe montagneux poursuit son parcours à travers toutes les roches morvandelles sans jamais avoir été influencé par leur différence de consistance '.

En dehors de ces plissements, qui indiquent la direction maîtresse de l'effort orogénique, d'autres chaînons secondaires orientés Nord- Ouest ou Nord-Nord-Onest ont la même origine. Le mieux marqué d'entre eux se greffe au Mont Préneley (85o mètres). Il suit la ligne de la Gravelle. passe au château de Château-Chinon. borde à peu près la roule de Lormes cl se termine à l'Ouest de Monlreuillon dans les hauteurs boisées qui dominent l'Yonne à son entrée en lîazois (464 mètres). Cet ;i\e est la ligne de faite entre les tributaires de l'Aron el ceux de L'Yonne el peut èlre la suile de quelque anticlinal qui se dirige vers Chàleaudun. Un autre ridement. moins bien indiqué, pari de la forêt d'Anosl (795 mètres) et vient aboutir, dans sa partie la mieux dessinée, entre Ouroux (632 mètres) el le signal de Monlrecon (628 mètres), dans les bois de Fadrav. Une chaussée romaine, à laquelle une route moderne s'est substituée en partie, parcourt les larges plateaux qui composent celle

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