‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 176 sur 232 · L'ASPECT EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

L'ASPECT EXTÉRIEUR

Les Communs.

La caractéristique la plus évidente de l'ancienne habitation est L'absence de tout commun séparé. L:étable, la grange, l'atelier, les toitons à volailles, se trouvent dans un bâtiment annexe, sur le pro-

0 uche

Salle

ut

Lié

Zhambre

Resserrf

Etable

ResscreJ

Porte

Cour -Jardin

Fig. 3o. — Maison moderne (Maison de lait).

longement de la demeure '. Dans l'ancienne maison, les gouttereaux s'arrêtaient au niveau des planches sans aucun renchaussement, de sorte que les greniers et les chaffauds, placés sous un angle trop aigu, ne laissaient presque pas de place pour le logement des grains et des fourrages. Bien avant l'introduction du chaulage et les grands

i. De Fovillc : 161, I, p. 377.

Levai.nville. — Le Morvan.

rendements en céréales, le paysan fut réduit à « sacquer le foin dans les crevasses », c'est-à-dire à l'entasser le long des murailles sous le toit, sous les chevrons1. De même l'étable communique le plus souvent par une porte intérieure avec la chambre des habitants. Ces écuries mal pavées, entoilées d'araignées, et d'où l'urine des animaux, retenue dans les cloaques, ne peut s'échapper, sont surmontées d'une toiture peu élevée. Ces dispositions, disaient les paysans, retenaient la chaleur et favorisaient la vente du bétail, parce que le& bœufs paraissaient plus grands aux acheteurs. L'exiguïté de ces bouges, qui ne contenaient certainement pas le cube d'air nécessaire à la prospérité du bétail, a dû influer sur la petite taille de la race morvandelle . Dès la Convention, le recenseur du bétail dans le département de l'Yonne attribuait la mortalité effrayante des troupeaux (1/6 de l'effectif) au mauvais état des établcs et à leurs toits peu élevés \ De ces étables, le fumier est lancé devant la maison dans une manière de cour-jardin où l'on trouve pêle-mêle des détritus de toute sorte, des tas de paille et les outils usagers. Cette bande de terrain qui sépare la maison de la route est d'autant plus étroite que le Morvandeau s'est soucié avant tout de conserver derrière sa demeure le plus d'espace possible à Touche fertile. Les propriétaires des nouvelles constructions ont séparé les étables et les greniers de l'habitation, nettoyé la cour, planté quelques fleurs et relégué le fumier dans un coin. Malheureusement, ils n'ont pas perdu l'habitude de placer le bûcher le long des murs (fig. 3o).

Page 1