‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 175 sur 232 · De Foville : 161, I. p. xix · texte numérisé non relu

De Foville : 161, I. p. xix

Les vieilles maisons contenaient rarement plus de deux ouvertures. Les nouvelles se distinguent au contraire par une disposition plus rationnelle. Si les demeures du Haut-Morvan ne sont encore perlées que d'une porte et de deux fenêtres, sur la Zone bordierc où le calcaire est plus façonnable et où la chaux se trouve plus facilement, le nombre des ouvertures atteint et dépasse 6 par maison.

Le peu de valeur des matériaux de construction, leur abondance, permettent d'élever l'habitation relativement haut. En Morvan, c'est la toiture qui fait le prix de l'immeuble. Pendant de longues années le paysan s'est contenté pour son toit de pierres plates (les laves de î'Avallonnais), d' dssiaumes (lames de chêne) ' et surtout des chaumes de son champ. Malheureusement le voisinage des bûchers, appuyés au mur extérieur, constituait un danger perpétuel d'incendie. Il n'est pas de communes qui n'aient eu de terribles sinistres. Planehez-du-Morvan a successivement été détruit en 1807 et en i83:-> " : son hameau de la Fiolle en i844. celui de la Chaise en i85A 3 ; Lormes, en tout ou en partie, a été rebâtie plusieurs fois ; la plus ancienne de ses maisons date de 1800. En moins de 3 mois, en 1897- 1898, deux gros hameaux, Montpensy (commune d'Ouroux) et Vouchot (commune de Corancy) ont été anéantis sans qu'on pût leur porter secours. Près de 100 maisons furent la proie des flammes '. En 190A encore, la commune de Saint-Brisson a été presque totalement brûlée. Ces désastres, en même temps que le développement des communications, ont provoqué l'importation des tuiles et des ardoises. Dans le Haut-Morvan, la tuile venue des confins du Bazois. de la Terre-Plaine et de l'Auxois, constitua tout d'abord la couverture des maisons nouvelles. Mais elle céda devant l'ardoise, quand le chemin de fer et les tacots pénétrèrent le massif ancien. Elle contribua avec le granité à donner aux habitations cette teinte grise qui n'est pas sans tristesse ni sans charme. Le .Morvan nivernais fit venir ses ardoises de l'Anjou, le Morvan bourguignon les reçut de la Savoie. Le voyageur qui traverse le massif ancien de Nevers à Autun quitte le- tuiles de Sainte-Péreuse pour les revoir à la Selle ; de Corbigny à Saulicu, il les abandonne à Lormes pour les retrouver à Sainl- Brisson. Le centre, la région de Montsauche, en est presque totalement dépourvue.

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