‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 192 sur 232 · LE ROLE DE LA FORÊT DANS LES PEUPLEMENTS · texte numérisé non relu

LE ROLE DE LA FORÊT DANS LES PEUPLEMENTS

formation des communautés laisibles. Plus tard, groupés autour d'une môme église, ils constituèrent la plupart des paroisses qui ont été érigées en Morvan entre la fin du xnc et la fin du xve siècles.

Au xvic et au xvne siècles, les seigneurs entreprirent autour de leurs châteaux les colonisations qui avaient si bien accru la prospérité des monastères. L'emplacement des hameaux situés dans les bois de Chastellux n'était encore au xvnc siècle qu'un lieu désert et couvert de broussailles. En 1612, Olivier de Chastellux amena une colonie de Picards de la Thiérache, ruinés par les guerres, leur distribua les terrains incultes, à charge de les défricher, de s'y bâtir des maisons, de lui payer une livre de belle-main et de faire le guet au château. C'est ainsi qu'ont été fondés les Mathieux, les Lavaux, les Champs de Bournoux '. Ces colonies furent ensuite érigées en paroisses. Toute la partie Nord-Ouest du Morvan fut d'abord conquise à la culture. Enfin, les défricheurs s'avancèrent dans les fourrés jusque-là impénétrables: Montsauche. Gouloux, Moux. Ouroux, Planchez ne se constituèrent en communes que 100 ans à peine avant la Révolution. L'aire de ces peuplements se trouve, par le fait même de son origine, dans le voisinage des châteaux et des monastères. Au Nord, ils atteignent Chastellux et Saint-Aignan ; au Sud: Luzy et Didier-sur-Arroux ; à 1 Ouest: Préporché ; à l'Est, la rivière de la Selle. C'est surtout dans le Ha ut- Morvan que les colons devaient trouver le meilleur emploi de leur activité. Arleuf, Montsauche. Roussillon-en-Morvan, La Rochemillay, Saint-Léger-de-Fourche sont les centres autour desquels les hameaux à noms collectifs sont les plus nombreux.

Les paysans chassés de leurs foyers, les malheureux ruinés par les guerres qui ravageaient les bons pays ont cherché asile dans la forêt. Longtemps ils lui ont demandé le vivre et le couvert. Elle les a protégés contre le froid, la faim, le vent et l'ennemi. Elle leur a livré un sol rapidement fertilisable par l'écobuage, par la combustion des taillis et des souches, elle leur a fourni des prairies excellentes, grâce à la multiplicité des sources et à la fraîcheur des futaies. Elle les a pourvus en abondance de bois de charpente et de bois de chauffage, de glandée pour les porcs, de miel et de venaison2. Le Morvandeau a gardé le souvenir de tout ce qu'il doit aux grands bois. Actuellement, parmi les habitants du massif ancien qui émigrent vers la capitale, ceux qui revien-

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