‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 212 sur 232 · Hervé el rlovelacque: 162, p · texte numérisé non relu

Hervé el rlovelacque: 162, p

22 5oo personnes de tous âges et de tous sexes qui se trouvent clans cette élection, écrit Vauban, il y a 807 femmes plus que d'hommes, i33 filles à marier plus que de garçons ; mais, en récompense [\ 18 petits garçons plus que de petites filles et 188 valets plus que de servantes ; ce qui prouve d'un côté la dissipation des hommes et de l'autre que le pays produit plus de garçons que de tilles. Cela se trouve peu dans les autres provinces du royaume, où il naît ordinairement plus de filles que de garçons ; la froideur du pays pourrait bien en être la cause1. » Jusque dans ces derniers temps, où l'industrie des nourrices a donné un regain de considération aux femmes, le Morvandeau avait toujours une préférence marquée pour les garçons, un certain mépris pour les filles2.

Cependant, malgré son aspect robuste, le Morvandeau a une croissance très retardée3: au moment du mariage, 26 ans 8 mois en moyenne pour les hommes, 22 ans pour les femmes (contre 28 ans et 23,5 dans la France entière) ', la croissance du père et de la mère n'est pas achevée. Les premiers enfants, surtout si les naissances ont été illégitimes, sont moins vigoureux que leurs cadets.

La moyenne de la natalité morvandelle n'a pas beaucoup varié. Elle était en 1826 de 35,5/iooo contre 3i/iooo en France. Aujourd'hui, ces proportions sont sensiblement pareilles ; d'où une diminution de 11,2 naissances pour 1000 du côté du Morvan, tandis que la France ne perd dans le môme temps que 7,5 pour 1000 °. La natalité commence à diminuer au moment (18/42) où la fortune du pays prospère grâce à la fortune acquise par les nourrices. Une profession qui a pour raison d'être la procréation est donc une cause de diminution dans la natalité. Après deux ou trois « nourritures », les nourrices reviennent s'installer au pays; elles sont riches, elles n'enfantent plus.

La courbe de la mortalité a subi des vicissitudes nombreuses. Pendant la première période (1826-18/46), il y eut certainement décroissance sur les années précédentes. Mais de 18/46 à 1872, les mères en nourriture dans les grandes villes ont abandonné leurs enfants à des gardeuses, les premiers pupilles de lAssistanec publique importés en Morvan ne peuvent s'habituer aux conditions peu hygiéniques du pays : la mortalité augmente. Dans cette

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