‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 23 sur 232 · Coll-not : g, p · texte numérisé non relu

Coll-not : g, p

.'j . \ Olain : 54, p. 9-

Levais ville. — Le Morvan.

dans le cœur du massif. La limile inférieure de l'Infra-lias esl marquée aux Gravelles, près de Saulieu, par 53o mètres; à la tuilerie de Pensières au Nord d'Alligny-en-Morvanj par 5o,4 mètres; à la Vente-Italienne, près de Saint-Agnan, par 620 mètres; aux Amands, dans la forêl de Breuil par 62^ mètres ; aux Grandes-Fourches, près de Saint-Brisson, par 64o mètres '. Leur longitude la plus occidentale sur la carte géologique au i/8ooooc est celle des Settons, le centre du massif ancien ; mais on a retrouvé, près de Marignyl'EiHise. à dix kilomètres de la limite occidentale du Morvan, de nombreuses coquilles de Y'Avicula contorta (Rhétien). A vrai dire. l'Infra-lias et surtout le « foie de veau » quand il est seul, n'est bien conservé que là où un placage de calcaire à gryphées arquées lui a fait un manteau protecteur. Ses depuis n'ont pénétré si loin à l'intérieur, ils n'onl pu se conserver si haut malgré les eaux, que grâce à ce qu'ils oui élé silicitlés. Ils constituent une suilc de cônes tronqués et aplatis au sommet, de systèmes tabulaires à pentes raides qui tranchent étrangement avec les formes mamelonnées très adoucies de la plénéplaine cristalline sur laquelle ils reposent en contact immédiat. Leur largeur moyenne, qui ne dépasse guère un kilomètre, permel que l'on observe aisémenl leur juxtaposition au substratum ancien. Souvent, les deux âges géologiques confinent ; à côté du gneiss granulitique de couleur rouge se remarquent les couches calcaires, marneuses, jaunâtres, du «foie <le veau » ou les calcaires bleuâtres à gryphées arquées, couches très minces, fissurées, exploitées pour les fours à cliaux. C'est un autre monde qui commence, dissemblable (lu Mor\ an. Mais ces anciens témoins de la met liasique ne sont plus assez importants pour déranger l'harmonie générale de la pénéplaine ; c'est surtout dans la vie économique qu'agit leur influence. Le placage des Merlins, à deux kilomètres de Saint-Brisson, supporte au milieu de La forêt des champs d'avoine el de blé. Sur le plateau de Liernais à Saulieu. les chemins de fer parcourent sans difficultés une contrée de pâturages tourbeux, de petits étangs, un vieux paysagede formes 1res mûres que les eaux, souvenl sans écoulement, continuent de corroder sans cesse J.

La vieillesse du réseau hydrographique. L'ancienneté du réseau hydrographique esl une des caracléris-

1. Michel- Lévj cl Vélain : 3g, |>. 36o el Vélain: 5a, p. i-8 a. B. S. Ili-t Vit. d'Autun, 1906, p. •-'\--i-'\.

LA ZONE BORDIERE DES PLACAGES LIASIQUES

tiques de la Zone bordière. Les principaux affluents de la rive droite de L'Arrôux, la Suze, le Trévoux, leTernin, la Selle, coulent versle Sud-Sud-Est. ils vonl tous parallèlement, el par le chemin le plus court, vers la cuvette permienne. L'effondrement; du bassin d'Autun, à l'époque hercynienne, son déblaiement après le Pliocène, ont été émises de changements brusques du niveau de base, changements

qui ont eu une grande inlluence sur la direction el le creusemenl des thalwegs. Les rivières arrivent à l'Arroux en des vallées en forme de V dont les fonds ont été remplis par un alluvionnement très épais. Les mouvements teetoniques ont aidé les eaux à enfoncer leur lit. La Selle en aval de Verrière, le Ternin en aval de Lucenay-1'Evêque, sont dominés de plus de 200 mètres par les rebords de la pénéplaine. Mais la régularité des courbes de niveau sur les pentes, leur écartement progressif d'aval en amont, la largeur presque horizontale du fond de la vallée, son étendue au débouché dans la cuvette permienne. sont des preuves de l'ancienneté du réseau hydrographique. Le profil en long confirme ces premières impressions. Le Ternin. à 10 kilomètres de son origine ( Alligny-en-Morvan), a une pente de 1.10 pour 100 ; de là jusqu'à Ghissey-en-Morvan. son inclinaison est de 0.7 pour 100; de là jusqu'à Tavenay-en-Morvan, à son entrée dans le bassin d'Autun. la pente n'est que de o,3 pour 100. La progression est très indiquée, il n'y a pas de rupture de pente. Les rivières du système de l'Arroux sont dans l'âge mur, au moins dans la partie qui traverse la Zone bordière. A l'origine de leur cours, elles sont encore dans la jeunesse. La Canche, près de sa source, dessine une cascade de 8 mètres de hauteur : près d'Aliiey-Corcelles. le ruisseau des Girards est en train de conquérir, au profit de la Loire, les eaux de la Cuvette d'Arleuf qui se déversent dans le bassin delà Seine. Sur la ligne de faîte entre tributaires de l'Yonne et tributaires de l'Arroux. les seuils de séparation sont très étroits. A peine 200 mètres séparent les sources de la Velée et celles du Touron ; à peine 800 mètres entre les sources de la Cure et de la Selle ; 2 kil. entre le Ternin el l'Argentale. Mais aussitôt les premiers contreforts de l'axe central dépassés, les rivières prennent des allures plus tranquilles. Elles s'écoulent lentement au milieu de la pénéplaine où elles ont enfoncé leur lit (pi. IV).

Aux environs des failles, les eaux deviennent plus rares. A l'extrémité des granités gris, au milieu des gneiss granitisés el des leptyniles fendillées, souvent disloquées, elles disparaissent dans les diaclases. Le village de Saint-Martin-de-1 a-Mer se trouve presque au centre d'une région asséchée entre le Ternin à 1 Lsl el le ruisseau

3(j LA STRUCTURE Dl SOL

de la Baigne à L'Ouest. C'est un vaste plateau de couverture liasique presque aussi imperméable que Le substratum granitique. Les mouvements alpins onl modifié L'hydrographie. Plus on approche de cette région centrale, pins Les eaux courantes diminuent ; le Ternin compte 17 affluents de droite contre 1 1 «le gauche seulement. Ce qui domine, ce sonl les étangs : ils s'étendenl sur toute la partie septentrionale de la zone bordière.

En réalité, Le seuil de Saulieu paraîl avoir formé un bassin fermé recueillant Les eaux errantes, entre Le Cousin. Le Ternin et l'Auxois. De ers eaux, il reste Les étangs de Ghailloux el l'étang de début du Ternin. Les premiers onl fini par se déverser dans le Cousin, en traversant sous la Butte du Bois-Morin (618 mètres), la crête limite du bassin de la rivière : les eaux du Ternin s'inclinant devanl La même ride, au Sud-Est. onl pris, au contraire. Leur cours vers l'Arroux. De Leur côté, les eaux qui recouvraient la terrasse sur laquelle s'est construit Saulieu sonl restées sans écoulement (étants de la Ferme, des Plaines-Étang, du Château-Benoist) ou ont pris leurs cours, soit vers L'Argentale (étangs du Péron), soit vers la Baigne (étangs de Villeneuve). \ i 1 1 s i s'explique Le seuil triangulaire de Saulieu. dominanl l'Auxois par son sommel (.V|i mètres), à peine dominé au Nord et au Sud du côté du Bois-du-Brénil (562 mètres), comme du côté du hameau de la Collonchèvre (598 mètres), et barré, au contraire, suivant sa base à L'Ouest, par Le Lord du Haut-Plateau d'ori<*ine tertiaire, <»ù se forme Le Cousin. Ce bord (618 mètres, 629 mètres, 6i 1 mètres) commande d'une façon continue el de 00 à 4o mille-, le seuil mamelonné. La route de Saulieu à Montsauche L'aborde en s'inclinanl devant lui pour suivre ensuite le chenal d'écoulement des étangs de Chailloux1.

L'érosion a façonné sur cette partie du Morvan des paysages très usés. Si de l'un des contreforts les plus occidentaux de la Montagne, 'I'- la Butte de la Montagne ou du Mont-Saint-Jean, 1,11 observe la partie orientale du Morvan, c'esl une ligne d'horizon ondulée, parfois presque droite, que l'on a sous les yeux. Dans i<- panorama qui s'étend 1res loin, on peut remarquer

combien la différence des 1 les de L'économie rurale coïncide avec

|;| différence des assises géologiques*. A Brazey-en-Morvan, à Lieruais. autour de Villargois H de Thoisy-la-Berchère, ou passe Bans transition <!<•- lande- el de- fonds plats marécageux, <\c± mares

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