Ibid. F2: 520, 536, 5 4 7 - 448,55a
mais l)ion avec le souci de conserver intacts les héritages et les terres seigneuriales, et départager les peuplements entre les eenlres économiques. L'imprécision de toutes les délimitations rendit difficile plus qu'ailleurs en France, la démarcation de chaque unité1. En 1826, Glux-en-Glaine (Nièvre) et Saint-Prix (Saôneet-Loire) se disputaient encore la propriété de hameaux limitrophes el d'une partie de la forêt de Folin. C'était la suite d'une étrange situation territoriale el religieuse. Gmx avait une partie nivernaise el une partie bourguignonne, tout en étant entièrement dans l'obédience de l'évêque de Nevers ; Saint-Prix a> ait été tour à tour possédée parles maisons nivernaises de Glaine et de Chalillonen-Bazois, par les évêques d'Autun, les dues de Bourgogne et les mis de Fiance. La foret qui s'étendait entre les deux paroisses, avail toujours empêché de fixer exactement les droits politiques. En 1828. Quarré-lcs-Tomhes (Yonne) et Dhun-les-Places (Nièvre) plaidaient pour la possession du hameau des Bornoux. C était encore la conséquence de la complication des anciennes limites. La Constituante avail attribué à la commune de Dhun-les-Places les deux rives de la Cure. Or. avant la Révolution, la rixe droite élail bourguignonne et relevait de l'élection cl du grenier à sel d'Aval- Idii. tandis que la rive gauche élail nivernaise cl dépendait de l'élection et du grenier à sel de Ghâteau-Chinon . Les deux parties n'avaient rien de commun administrativement, et cependant elles étaienl unies sous la juridiction religieuse de l'évêque d'Autun2. En [854, 1(' hameau des Chênes, actuellement de la commune de Gien-sur-Cure, avait cependant des chaumières sur celle- île Menessaire et de ( lussy-en-Morvan el comme tel faisait partie de trois communes, de trois canlons cl de l lois départements3.
L'orthographe du mol « IVlorvan » a également souvenl varié, graphies ont été nombreuses. Plusieurs <>nl encore leurs défenseurs: Morvinnus est la première forme (pie l'on ail. Elle se trouve sur une inscription romaine du 111' siècle'. Plu- lard. For-
I11n.it. dans sa vie de Saint-Germain évêque de Paris vers 496, parle d'un \ i liage appelé Morvennum, -il u é dans les environs de Cervon6. Le cartulaire de l'évêché d'Autun fait mention, en 69G, du pays
i. Vrch. N I - 337, W9, 84i.
- l J6a I 188 el Gerbaui cl Schmidl : i33, p. l 'n. Baudiau : ig4, II, p. >S8.
V Lennel : 28, p. 7.
\. Billaud : ro5, p. ■> el 3. Gillcl : io4, annuaire 1806, pertse, sans ûmettre de preuves, que ce Morvennum serait la ville de Lormes.
Morvinnus. région montagneuse et forestière1. Deux siècles plus laid, dans le cartulaire de l'église d'Aulun. on trouve in Morvanto '. Le / a persisté fout le Moyen Age. On lit : Cussy-en-Morvant dans un acte d'affranchissement des serfs en n55. la terre de Morvant, dans une sentence de la cour de Bourgogne en i3853. Les composés, Morvandeau, Morvandelle sont employés dès cette époque bien que la graphie Morvand avec un (/ soit du xvme siècle. A ce moment, parait l'orthographe Morvan qui a prévalu; c'est celle des meilleurs auteurs morvandeaux: Dupin. dans sa monographie; de Chambure. dans son glossaire. Elle est conforme à celle du morven écossais et à l'origine celtique. On trouve, du reste, le mot Morvan, dans d'autres régions, de langue celtique, notamment en Bretagne, où Ion a : La Roche-Morvan, près de Ploërmel. la Roch' Morvan près de Landerneau. et Miniac- Morvan. près de Saint-Malo.
Le Morvan n'a pas eu d existence historique à part, mais c'est une contrée géographique bien individualisée. Tous ceux qui l'ont visité s'accordent sur l'homogénéité de ses caractères. Les avis ne diffèrent sensiblement que pour la détermination de ses bornes méridionales. A l "Ouest, au Nord, à l'Est, la ligne de séparation est indiquée par la ligne de contact des sédiments secondaires des abords et des terrains anciens. Cette séparation est encore plus nettement accusée, le plus souvent,* par des failles. L' accotement brusque de roches si diverses amène dans la structure, le réseau hydrographique et le faciès économique des caractères si différents que, sur ces faces, la frontière n a fait l'objet que de rares discussions. Toutefois, en i85", MM. Raulin et Leymarie 4 poussaient les limites à l'Est jusqu'à Arnay-le-Duc et Somur-en-Auxois. M. Collenot " les arrêtait à l'Ouest au massif granitique de Saint-Saulge. à l'Est au bombement granitique de Malain. Ces deux accidents lui semblaient des lambeaux primitifs du Morvan mis à jour par des failles dont ils occupent les lèvres relevées. Sur
i. De Charmasse : /Ji>. p. lix et lxxvi.