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LE HAUT-M0RVA1N 55
1er dans la Loire la source de l'Yonne1. De même la Cure, à la sortie de son premier bassin en amont de Monlsauebe. change trois fois de direction. Sur ce large palier de 8 kilomètres, où les eaux colligées ont rempli le déversoir des Sellons, et malgré cet élément régulateur, elle a défilé d'abord vers le Nord-Ouest puis, à la sortie du lac vers le Sud-Ouest, puis vers 1 Ouest ; enfin elle tourne vers le Nord-Est. Ce n'es! qu'à la soi lie de Gouloux, après la cascade, qu'elle s orientera définitivement vers le Nord-Ouest. Dans la partie supérieure de leur cours. les rivières morvandelles ne sont pas encore dans L'âsre mûr.
La région sauvage du Haut-Morvan se prêle difficilement à une exploitation régulière. Le sol est moins riche, moins bien cultivé que les autres parties du massif ancien, mais aussi la nature est plus sévère, plus mâle '. Ici il y a plus de variété : les bois, les champs, les landes de genêts d'un vert sombre, presque noir, alternent avec les prés d'un vert éclatant. Pour avoir une idée nette de cette contrée, il faut grimper sur un ces pilons qui surgissent toujours au milieu des cuvettes accolées à Taxe central. G est ainsi que se dresse le pain de sucre de Chàteau-Chinon. d'une telle raideur que la voie ferrée renonce à lescalader. La gare reste à l'altitude modeste de /j5o mètres : i 1 faut faire une ascension de i oo mètres pour atteindre la ville et mon ter (>o mètres plus haut pour gagner le signal. De cette butte, couverte de ruines romaines et féodales, la vue embrasse un des plus beaux panoramas de France3 : Au premier plan, c est la ville, bâtie en gradins sur le liane Sud. puis les sauvages forêts de chênes qui descendent les pentes voisines, la gorge étroite et profonde dans laquelle bondit la rivière d'Yonne, enfin limmense vallée qui s étend à 1 Ouest avec des alternances de prairies, de champs, de bois, de routes, de cours d'eau. Au second plan, à l'Ouest, c'est la vallée qu'occupe la commune de Saint-IIilairc '. Au milieu de la dispersion de ces hameaux, le bourg reste groupé autour de l'étang où se reflète un Moulin. A l Est, la plaine d'Arleuf, cœur du Morvan, parsemée de ses habitalions éparses. est l'arène d'un vaste amphithéâtre. Vers le Sud, la colline couverte de hêtres de la Maison-Neuve cache le Mont-Blanc que
i. V. Petit: ijg, p. igetEbray: 18.
2. Chevalier Bard, Journal d'un pèlerin, in Bullin du syndicat d'initiative d'Autun, 1906, p. 11.
3. B. S. Ilist. Nat. Autun, igo3, p. 260-361 et L.Gallois : s3, p. 4o8. h. Arch. Nat'" : T1!" : 11 Carte .le S'-llilairr.
l'on aperçoit par temps clair de son sommet. Au Nord, sur la rive droite de l'Yonne, le village de Corancy égrène sur la pente ses maisons disséminées à la recherche dis bonnes terres, au milieu des ajoncs, des genêts et des sapins précurseurs des terrains pauvres de Montsauche. Enfin, dans les lointains, à l'Occident, de faibles collines profilent leurs douces formes sur la rigidité implacable des plaleaux calcaires du .Nivernais. Dans le Nord-Ouest, la basilique de Lormes domine de sa flèche tout le pays morvandeau qui s'étale à ses pieds. Vers l'Orient, de hautes cimes boisées forment autour de Château-Chinon un immense hémicycle, dont les parois s'exbaussenl à mesure qu'elles s'éloignent. Là sont les plus hauts sommets:. le Bois du Koi. le Préneley. le Grand Montarnu, toutes montagnes de forme robuste sillonnées de vallées profondes ; on les voit se creuser ainsi que sur une carte en relief. L'ensemble forme un district monlucux. aux formes assez arrondies où l'altitude des sommets se tient entre 800 et 900 mètres, plus élevés de 200 à 3oo mètres que les fonds de cuvettes qu'ils surplombent, un district exposé à tous les vents, qui attire le regard par la sombre parure de ses bois, un district qui tranche complètement avec les tranquilles paysages de la pénéplaine vue du signal de Montsauche (pi. XXIII et XXIV).
L'étude de l'orographie et de l'hydrographie morvandelles accusent deux grandes époques dans l'histoire de l'évolution du sol. Elles sont séparées par la période tertiaire, qui est marquée par les plissements du système alpin. Les formes adoucies de la Zone bordière, la topographie usée du Bas-Morvan, sont les témoins qui marquent L'existence de l'ancienne pénéplaine, les souvenirs d'un premier cycle d'érosion. Les cuvettes du Haut-Morvan, les ruptures <lc pentes, les changements de direction, les méandres encaissés — * » 1 » t les premes de l'action (les eaux depuis les derniers mouvements orogéniques. Mais l'impression qui persiste après celle course a travers les trois contrées naturelles du Morvan. ce qui les réunil indissolublement, c'est le substratum paléozoïque ou archéen du sol. C'est à L'uniformité de son terrain que ce pays doit l'incontestable homogénéité de son économie et de sou ethnographie. Hors de la région, la terre revêl d'autres parures, l'homme change de physionomie, le Langage n envoie plus les 1 né mes sons à I oreille . Mais que Ton parcoure le massif ancien du Nord au Sud, de la
r. DeChambure: i.'m. Introduction: Bourbier: t4S et Transformation du langage germanique: 186.
Levainville. — /.(• Morvan.
Planche Vil,