‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 57 sur 232 · LES EAUX D'ALIMENTATION · texte numérisé non relu

LES EAUX D'ALIMENTATION

lie de ces formes toponymiques. Les termes tels que Fontaignotte, Foneouvcrle. Fontenotte, Fonleny, Fontaine et leurs dérivés sonl fréquents. Les sources sont l'objet de dévotions et de superstitions. Les femmes y vont faire des offrandes ; elles y plongent leurs enfants pour les délivrer des fièvres. A Saint-IIilaire-en-Morvan, pour que les foins soient abondants, on conduit, une fois par an. à la fontaine, la statue de Sainl-Mamerl et on l'immerge '. Cependant, leur répartition n'est pas uniforme sur toute la contrée. En général, les gneiss, les gneiss granitisés et les granités produisent un sol arénacé pins favorable aux eaux stagnantes. Entre le sol perméable et le sons-sol imperméable, il existe toujours une nappe d'eau qui se dessèche par les grandes chaleurs, mais qui donne naissance, en temps ordinaire, à une infinité de petites sources à fleur de terre. Les paysans les appellent des glandes. Elles sonl fréquentes dans les vallons à fond se? entre Cure cl Cousin. La végétation 1res abondante d aulnes et de saules, l'élasticité des prairies qui les entourent rappellent que l'eau n'est pas éloignée de la surface. Les granulites. surtout les porphyres et les tufs porphyriliqucs, fournissent une hydrographie plus abondante et moins cachée. Sur ces terrains, il n'est pas de ravin qui n'ait son cours d'eau, pas de vallée qui n'ait sa rivière torrentueuse et sinueuse. Après la pluie, le massif porph\ rilique de Monlreuillon suinte l'humidité. De nombreux ruisselets se précipitent de ses flancs dans le lit irrégulièrement contourné de l'Yonne. Par contre, la zone bordière des placages du Lias, près de l'Auxois, est plus pauvre en eaux. Elles disparaissent dans le sol fendillé, dans les diaclases, très nombreuses, créées au moment des plissements alpins.

Dans son ensemble, le Morvan est une immense éponge (pi. VIII). Le sous-sol imperméable est couvert d un manteau fissuré qui atteint 10a 12 m. d'épaisseur moyenne2. Dans la partie orientale, au contact des placages liasiques, il dépasse 3o et (\o mètres. Les eaux de pluie tombent sur ce manteau, y pénètrent immédiatement, filtrent à Iravers une conlexture arénacée légère, très poreuse et très brisée. En général elles forment sur le sous-sol imperméable une série de ruisseaux souterrains peu abondants ; car la pluie ne s'enfonce jamais profondément et elle finit toujours par trouver à peu de dislance une couche qui la ramène au jour \ Il n'y a pas de nappes

i. De Cliamburo : i5o, p. 3G7 et D' Legcndre : 166. >.. Michel Lévy : 36, p. 18.

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