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d'eau à proprement parler sur ces terrains anciens ; le lieu des sources est la surface même du pays. Aussi, toute dépression, toute combe, toute vallée, possède une source d'autant plus abondante que la colline cpii domine est plus étendue et qu'elle a absorbé une quantité plus grande d'eau de pluie. Comme la plupart des vallons s'évasent à leur partie supérieure, c'esl au droit de leur profil que jaillissent les sources les plus claires et les plus fraîches. Ces ionlaines sont très nombreuses. Dans son élude sur le bassin de la Seine au >ujel de l'approvisionnement en eau potable de Paris, le service des Ponts et Chaussées a relevé et visité 127 grosses sources dans les bassins de l'Yonne, de la Cure et du Serein1. La faiblesse de leur débit et leur éloignement de la capitale empêchèrent seuls qu'on les utilisât. On en a compté plus de 5o s au niveau des témoins basiques sur la zone bordière. Elles s'élagent à toutes les altitudes du massif. Elles fournissent l'eau d'alimentation aux hameaux les plus élevés. Pendant longtemps, les sept fontaines de Chàleau-Chinon (.">4o mètres) ont alimenté la ville. Quand l'usine de l'Yonne csl arrêtée aux grandes chaleurs de l'été, elles produisent encore l'eau nécessaire. On a relevé à la partie supérieure du Beuvray 3 (810 mètres) l'existence de 22 sources. Bibracle est un vieux mot ligure qui signifie fontaine4. Plusieurs ont un débit abondant et pouvaient largement suffire à abreuver la ville gauloise. Les Acsliges des réservoirs bétonnés où elles déversaient leurs eaux on! été retrouvés.
Le régime des fontaines csl 1res variable. L'eau est généralement limpide, rarement chargée d'acide humique ; la température esl peu élevée : elle oscille autour de 5°. A ses débuts, l'Yonne est à 1", la Cure à :>". Même au plus fort de la canicule, au Grand- Monlol, près de Roussillon-en-Morvan, l'eau des sources reste à 8°. Ces fontaine- glacées sont très redoutées des paysans; en élé. ils évitenl <l\ boire par peur de contracter des (lu\i<>u< de poitrine. Sur h Lias, la température monte de 7" à 9,3", mais leur débit esl maigre. \ Saulieu, l\ Rouvraj , .-i Précy-sous-Thil, elles tarissent l'été. ('.ci accident n'arrive «pie par les chaleurs exceptionnelles dans le Bas-Morvan (par exemple à Quarré-les-Tombes en 1906) ci jamais dans l<- Haut-Morvan. Ici. elles doivenl leur fraîcheur cl la continuité de leur écoulemenl au manteau forestier qui les protège, qui retient les précipitations atmosphériques et réglemente leur arrivée
1 Be< hmann : ; /. p. 6a5 ol Maillel : 81.
I levilerdeau : ■•<><>. p. 1 3 1 .
• i. Bulliol : 148, I. p. 373.
'1 Jullian : t64, I. p. 1 i.'S cl II. p ■<.'■',.