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LES EAUX STAGNANTES

taie, la Baigne, le Ternin, le Cousin, ont peine à trouver leur route au milieu de toutes ces nappes d'eau. Plus à l'Ouest, les étangs de Marrault, ancien lit delà Cure, hésitent à se déverser par un chenal marécageux clans le Cousin où ils façonnent au « crot de la Foudre » un des sites les plus sauvages de l'Avallonnais \ Dans le Sud-Est, les étangs se retrouvent presque toujours en amont des tourbières. On en a compté plus de i5odansle bassin de l'Arroux2. Autour d'lssy-1'Evêque, aux confins du Charolais, la carte en indique plus de 20 sur 10 kilomètres carrés. Bien que beaucoup aient été desséchés, ils demeurent un des traits caractéristiques de tout paysage morvandeau.

Ils sont de grandeur variable. Les uns, trop petits, ne sont pas représentés sur la carte au 1/80 000e; les autres, plus grands, semiartificiels, possèdent un périmètre plus important et qui atteint aux Sellons 16 kilomètres. Ils se présentent en général sous la forme d'un parallélogramme dont le plus grand côté atteint rarement r>oo mètres. Les berges à pic se trouvent près des angles les plus grands, mais les fonds envasés ne dépassent guère quatre mètres. Ces étangs, nourris par des sources abondantes, ne sont presque jamais à sec pendant l'été ; les plus petits d'entre eux l'ont été en juillet et août 1906. Une végétation de roseaux, de nénuphars blancs, de renoncules, de maercs (châtaignes d'eau) :î tapisse les bords et les fonds. La mâcre, bouillie à l'eau, entre pour une bonne part dans l'alimentation des riverains. Ces plantes, décomposées et combinées avec les éléments ferrugineux du sol, contribuent à charger les eaux d'acide humique, à lui donner une couleur noire d'encre, qui contraste avec la pureté des eaux des sources et le cristal des rivières'. Souvent, les végétaux submergés se couvrent d un limon épais et de couleur brun noirâtre. Ces eaux sont très poissonneuses. Au Moyen-Age. les nombreux monastères y trouvaient un approvisionnement facile pour les jours de maigre. En i3~~, les moines de Quarré-les-Tombes payent 100 francs en or pour remettre l'étang en état de pêche et relever les digues. Les seigneurs les exploitaient aux environs de leurs châteaux. Les archives ont conservé plusieurs des carnets de pêche des étangs en bordure du Bazois, près de Moulins-Engilbert \ Dans les ventes, les étangs obtenaient des

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