‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 67 sur 232 · Belgrand : ;■'. p. i · texte numérisé non relu

Belgrand : ;■'. p. i

tombe brusquement". La Cure ne s'étale sur ses prés qu'en aval du Morvan, près d'Arc y-sur-Cure. Les crues des petits affluents, réglementées par les étangs du lit et les bois des versants rapides durent rarement plus d'un jour. Elles ne s'étendent que dans les élargissements trop rares de la vallée. Elles ne sont jamais dangereuses ; les habitants les attendent sans inquiétude. Les crues de la Romanée se déversent sur les prés en aval de Rouvray. L'Yonne se contente tout au plus de mordiller ses rives. A la suite des grandes pluies de l'hiver de 1907, le i3 mars, en aval de Chàteau-Chinon, entre la Vernée et la gorge de Moulins, elle coulait sur 200 mètres de large. Le i5 mars, la gelée et le beau temps favorisèrent l'écoulement des eaux. La rivière revint à sa situation normale. Pendant les pluies d'automne, il n'est pas rare de la voir déborder le soir et revenir à son état normal le lendemain matin.

La brièveté des crues laisse aux rivières la limpidité qui fait le charme de leurs eaux2. D'un beau bleu dans les grandes rivières, d'un blond doré quand elles sont éclairées par le soleil, brunes seule ment quand elles traversent des marécages, les eaux du Morvan sont rarement louches, encore moins souvent troubles. En 1900, l'\onne à Château-Chinon a eu : 11 jours troubles et l\ jours louches ; le Cousin à Avallon, 11 troubles et 12 louches; le Serein à Précy-sous-Thil : \i troubles et 16 louches3. Les eaux les plus claires coulent en été, et c'est à la sortie des étranglements, des pertuis, que les rivières se transforment le plus souvent en tourbillons boueux, en crois. Les eaux morvandelles sont également très fraîches; elles oscillent entre 20 et 70. Il est dangereux de se baigner l'été dans la Canche et dans la Selle. Elles sont aussi très poissonneuses : les truites de l'\onne, les écrevisses du Ternin ont résisté à la destruction la plus énergique: celle qui consiste à brûler la rivière avec un sac de chaux \

Les crues importantes n'ont jamais lieu pendant les mois chauds. Pendant l'été, les terrains ne sont jamais assez saturés pour permettre au ruissellement de s'exercer, une fois que l'évaporation a joué son rôle. En juin et en juillet 1861, il est tombé beaucoup de pluie à la station des Settons ; en septembre on a recueilli 1 35 millimètres en 6 jours. Cependant, l'eau de la Cure n'a été louche que pendant 2 jours seulement. Par conséquent, le point de ruissellement n'a été

Page 1