LÀ FORÊT ACTUELLE
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dos plus belles forêts du Morvan, si ce n'est des repeuplements les plus touffus. La Gravelle, le Bois du Roi, les Bois de Petite- Verrière, de Lucenay-1 Evoque, contiennent de très beaux chênes (fîg. iC). La forêt morvandelle ne s'épanouit que sur des hauteurs. La carte de Cassini marque la dénudât ion des vallées. Les bois évitent les tourbières des pentes et l'humidité gélive des fonds. En général, les forêts de l'Etat sont à des altitudes plus fortes que celles des particuliers. Entre 3oo et 5oo mètres, s'étendent 57616 hectares, plus de 60 pour 100 du manteau boisé ; 22 700 hectares couronnent presque uniformément les croupes entre 000 et 700 mètres. Au-dessous de 3oo mètres, on ne peut citer comme massifs sérieux que les bois de Cbastellux et les parties
orientales de l'immense forêt qui couvre la grande oolithe sur îa rive droite de l'Yonne entre la latitude de Clamecy et celle de Vézelay (fig. 17).
FlG.
2oom 3oom 4oom Soom 6oom 7oom 8oom
— Progression de la superficie forestière suivant l'altitude.
(Chiffres des statistiques agricoles des départements.)
Les Essences.
Malgré la faible altitude du massif, les essences ne se sont pas mélangées. Les unes sont restées sur les marges, les autres ont pénétré, en se répartissant suivant les différentes zones géologiques, jusqu'à l'intérieur du massif ancien.
Les peupliers sont presque inconnus en Morvan : c'est l'arbre des marges. Dès qu'on a quitté les terrains oolithiques des abords, ils cessent de couper le paysage de leurs élancements verticaux. Les trembles ne sont guère plus nombreux ; ils chevauchent l'Auxois et les placages basiques de la Zone bordière, poussant devant eux les houleaax, les seuls bois blancs qui réussissent sur la pénéplaine. C'est dans le plat pays de Saulieu qu'ils sont le plus prospères ;
ils atteignent 10 pour ioo de l'étendue forestière et même 1 5 pour 100 à Molphcy et à la Roche-en-Brénil, 3o pour 100 à Saint-Didier. On les rencontre dans l'Ouest autour de Lormes. Le bouleau a essaye' de pénétrer au centre autour d'Anost, de la Selle, de Houssillon en Morvan, de Cussy-en-Morvan. Mais sur les hauteurs, il se heurte an chêne qui l'absorbe à la longue1. Dans les bas-fonds, dont l'humidité ne lui convient pas, il est remplace par les aulnes et les saules. Chaque suintement, chaque vernis du Morvan, est le pays d'élection de ces essences. Elle se rencontre partout sur le massif là où l'eau demeure toute l'année. Généralement, ces arbres ne forment que rarement de grandes masses. On peut cependant signaler des réserves assez importantes à Saint-Didier autour des étangs et dans la vallée granuli tique du Serein à ^\ ieux-Château où elles comprennent 10 pour ioo de la surface boisée. Par suite des vents violents et d< s fortes précipitations qui dominent toute l'année, le faux-acacia esl presque totalement inconnu.
Le châtaignier se trouve à l'extrémité méridionale du massif, exposé au Sud dans les élargissements des vallées et à des altitudes qui ne dépassent pas 5Go mètres. La chaleur qu'il reçoit sur ces versants lui permel de prospérer. Il est très rare sur le versant nord du Morvan. Il ne semble pas que le climat et le sol lui soient propices. Il a été essayé sans succès, excepté aux environs de Quarréles-Tombes où on remarque quelques beaux spécimens. Par contre, au Sud du Morvan, il est abondant. 11 prospère autour de Saint- Honoré-les-Bains2, près de la Hochemillay, de Saint-Prix, de Grande- Verrière et de Samt-Léger-sous-Beuvray s, où les pièces d'archives signalent son importance dès le xvin' siècle'. Dans cette contrée, il est L'objet de soins spéciaux. Bien greffé, il donne un fini t petit mais farineux. Saint-Léger est le centre d'un commerce actif. Cependant le châtaignier demeure en Morvan une exploitation accessoire : les vraies richesses de la forêt sont les résineux, les chênes et les h êtres.
Les résineux on\ toujours existé dans le Sud du massif ancien, aux altitudes trop rigoureuses pour les autres essences, là surtout où le furetage n'était pas le mode unique d'exploitation. Autour de la Kochemillay, les charpentes des vieilles églises témoignent de leuran-
r . Belgrand 3, p. ;j".
■j. I)r Gillot : io5, p. i -. ; l> Binel : igô, ol Comoj : to3, p. 9.
">. /'/. : 106, 189O, |>. [3 <t JOJ, l<s'J'!. p. 7.
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