‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 9 sur 232 · CONTACT DU MORVAN AVEC L'AUXOIS · texte numérisé non relu

CONTACT DU MORVAN AVEC L'AUXOIS

Les gneiss granitiques (Morvan), descendent lentement vers lo calcaire

à grypliées arquées (Auxois). Dans le fond,

la ligne droite des calcaires à entroques du Bajocien (Montagne).

LE TRIiMX DANS LA CUVETTE PERMIENNE

Au premier plan, le cours tranquille de la rivière; au second clan.

une grande ferme et une usine de schistes.

Dans le fond, le Morvan; à gauche, le Beuvray.

parcourue, au milieu de prairies 1res vertes, par des ruisseaux toujours calmes1. L'alternance des forêts et des cultures, l'élevage même qui prospère avec les plus beaux spécimens de Durham3 sur le plateau calcaire d Antully, les hameaux blancs recouverts de tuiles et qui semblent sourire au pied des collines, ont contribué à différencier de tout temps ees deux contrées par des appellations distinctes: au Nord- Ouest de l'Arrouv s'élève le Morvan : au Sud-Est. l'Autunois proprement dit.

La distinction entre les pagi Augustudinensis et Morvennensis se trouve [jour la première lois dans le cartulaire de l'évêché d'Autun en 696. Morvinnus Taisait partie des pagi Nivernensis et Augustudinensis, comme Ammonias des pagi Nivernensis et Avalensis. Dès qu'on quittait la rive droite de l'Arroux, qu'on s'élevait en montagne, on était en Morvan. C'est ainsi que les moines de Saint-Martind'Autun avaient, dans la partie montagneuse de la commune de Sommant, un prieuré dit de Mon an. Par la suite, l'usage a conservé le nom de Morvan à la partie montagneuse au Nord de la cuvette permienne et le nom d'Autunois à la partie Sud3.

Séparant ces deux massifs, traversée par l'Arroux, donnant l'impression d'un grand lac desséché, s'étale la cuvette permienne d'Autun l pi. II). Ici encore, aucun habitant ne consentirait à se dire du mauvais pays, à s appeler Morvandeau. C'est qu'au milieu de cultures inconnues sur les sols maigres de la pénéplaine, se développe une exploitation industrielle complètement ignorée au Morvan et qui fait déjà l'existence meilleure. Cette impression arrête le voyageur venu de Ghâteau-Ghinon à Autun et qui s'aventure sur la Ride de Musc ou sur le revers le plus septentrional de la foret de Planoise. Au premier plan. Autun étale ses maisons à plusieurs étages autour du Champ de Foire (pie domine la flèche de sa cathédrale. Ville de 1 5 000 aines, au large dans sa vieille enceinte, mais qui contraste grandement avec les petites agglomérations morvandelles. Plus en arrière, au second plan, l'œil se trouve attiré parles cheminées d'usines et les amas des schistes dont on a tiré l'huile, indices d'exploitation minière que l'on rencontre pour la première fois aux alentours du Morvan4. A droite, les formes tabulaires de la Bulle de Curev

r. Axdoum-Dumazel : iga, XXVe série, p. ~)g.

?.. Renseignements du professeur d'Agriculture de Màcon.

3. De Charmasse : i"rj, p. i.xxvr, et Bulliot : 7^7, t. II, p. 5i et 70.

4- V. au sujet des modifications du paysage par l'exploitation minière : Friedrich : Wesen und geographischc Verbreitung der Raubwirtschaft, in Petermanns Mit™ ioc>4 el La G . 1904, p. 2^7.

Levais ville. — Le Morvan. 2

viennent égayer le paysage par les tons ocres du Lias qui supporte les rares vignes de l;i région. Puis, sans transition, sans collines préliminaires, la plaine traversée par les cours, maintenant paisibles, du Teinin et de la Selle, étend ses champs et ses prés jusqu'à la montagne qui forme le fond du tableau. C'est le Morvan qui, bien découvert sur toute sa longueur, depuis le Grand Bessa\ (45i mètres)

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