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les habitants du pays ont trop besoin pour vivre de loules leurs ressources agricoles ou forestières ; ils ne peuvent placer leur travail à longue échéance.
Le chêne rouvre et pédoncule couvre les granulites et les gneissdu Nord. La transition entre le gneiss et le granité sur la route d'Avallon ù Lormes est aussi bien marquée par la différenciation des formes du terrain que par la diversité des essences forestières. Le chêne trouve, dans ces régions, un climat plus doux, des altitudes moins élevées, et surtout un sol qui permet mieux le développement de ses racines pivotantes1. Sur un sous-bois où le genêt, la bruyère, la digitale, la gentiane, la petite centaurée, la véronique des bois et le silène rouge tiennent les premières places, il a quelque peine à élever des fûts assez droits pour pouvoir fournir des bois de charpente. Le plus souvent, comme le hêtre, il ne peut être utilisé que pour la moulée. Il atteint 44 pour ioo du manteau forestier dans la forêt du Brénil, 5o pour ioo dans celle de Chastellux, 70 pour 100 dans celle d'Avallon. Jamais il ne se niélange avec le bouleau, le charme, le tremble, l'orme. Il n'est presque jamais associé au hêtre. Aussi toute la zone médiane du Morvan est presque dépourvue de chêne. Le milieu géographique ne lui convient pas. Pour retrouver le géant des forêts, il faut descendre plus au Sud, sur les tufs porphyritiques et les schistes pourris du Dévonien. Les communes de Roussillon-en-Morvan, de Sommant, ont 70 à 80 pour 100 de leur territoire planté de très beaux sujets. Huit hectares de chênes archi-séculaires s'étendent sur le Beuvray. Enfin, ils tentent de gagner le centre du massif ancien depuis que l'importance du hêtre baisse de plus en plus dans la bataille économique.
Jusqu'en ces derniers temps, le hêtre avait régné en maître. Il est l'arbre du Morvan; on le trouve raremenl sur les terres-plaines et >m les plateau? calcjiires de la Bourgogne. Sur le sol morvandeau, non point dans les fonds trop humides, ni sur les cotes parfois trop tourbeuses, mais sur les hauts, exposé ;mx vents, résistant à toutes les maladies, aux insectes des bois qui dévorenl les feuilles des arbres, le hêtre pousse le chevelu de ses racines au milieu des diaclases des roches, là où le pivot du chêne sérail brisé. C'est par excellence, l'arbre du granité. Il \ abrite un sous-bois touffu et serré, fait le plus souvent d'airelles, de genévriers, de houx, de fougères communes el de fougères royales (osmonde de Lormes), de renon-
L'EXPLOITATION DES BUIS Uf>
cules, de balsamines, de framboisiers, de gentianes, de quatrefeuilles, de valérianes, de primevères, de mousses, de brionnes, de belladonnes, de reines des prés et de liserons. Le houx surtout y atteint de toiles tailles'. Du Nord au Sud, dès qu'on quille la bande des gneiss, la densité des peuplements de hêtre ne fait qu'augmenter. A Lormes, à Saint-Martin-du-Puy, elle est de '(O pour ioo, à Saint-André-en-Morvan, entre Planchez et Lavault-de-Frétoy, elle atteint 70 pour 100 \ Dans le pavs des sources de l'Yonne et de la Cure, elle dépasse 80 pour 100. L'aspect des bois de hêtre est très caractéristique. Pas de futaies, mais des taillis, et qui supportent des rejets d'ùges différents ; pas de grands arbres, mais des troncs épais et noueux, courbés dans tous les sens, la maîtresse branche horizontale le plus souvent ; pas de forêt avec ces éclaircies qui dénotent l'exploitation des arbres à révolution, mais une frondaison touffue et étendue: l'arbre jamais souche, mais jamais lance, étalant toujours son manteau protecteur au-dessus d'un sous-bois très dru; tel se présente le hêtre aux racines centenaires, la gloire de la forêt du Morvan et pendant longtemps la raison de sa vie économique.
Le Furetage.
L'exploitation de la forêt morvandelle se fait par coupes à révolution ou par furetage. Le premier mode est le plus ancien. Les archives d'Avallon contiennent un projet pour aménager i385 arpents de bois communaux en 17 coupes échelonnées de 1 55g à iÔ^ô. Au xvme siècle, la révolution fut fixée à 22 ans3. Cette méthode était surtout employée dans les bois de chêne, près des marges, là où les transports étaient peu importants. Actuellement, c'est un système moins usité. Dans le Morvan nivernais, /48000 hectares sont exploités au furetage et 2 2 000 seulement en coupes à révolution. L'Etat, dont les bois sont presque toujours en futaie, a gardé l'exploitation à longue échéance. Il a porté la révolution à 3o ans pour ses taillis, à 120 ans pour ses coupes à blanc (forêt du Brénil). Les particuliers ont adopté la révolution de 20 ans. La révolution de 3o ans est beaucoup trop
1. B. S. Hist. Xat. d'Autun, 1906, p. 1 63 cl Dr Gillot : ioj, p. g et 10.