Ibid. : Y-\ J
lavages dos « escorcheurs » '. Au xvii1' siècle, Vauban écrit à l'intendant de Moulins « que si l'on accordait aux mouleurs de bois ce qu'ils demandaient, nous perdrions le quart ou le cinquième de nos bois, par conséquent, de tous nos biens, puisqu'ils ne consistent presque en Itois en ce pays-là. » 2 A la même époque, la municipalité d'A vallon enregistre les nombreux délits de bois des tailleurs de moulée'. Ce qui complique la solution de ces questions sociales, c'est que dans le Haut-Morvan, le travail se rémunère en nature.
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Moyenne décennale
Fie. 18. — Progressi les dépenses el décroissance du flottage.
(Chiffres d'après Roy.)
dette coutume, qui avait ses raisons lorsque le massif ancien formait un llol isolé des communications du royaume, ne devrait plus exister à notre époque. La valeur de la journée de travail n'est plus en rapport avec les exigences delà vie moderne. Les écorclieurs sont Les mieux payés. Ils travaillent d'avril à mai au moment de la montée de la sève. Ils reçoivent 6o centimes par ioo bottes d'écorce
i . \r. h. Wallon : CC 88 et 17 ■> .
:>. De Boislisle : jg3, II. p. 337- 3. \.< I.. Wallon : BB i3.
mesurant i"',y<"> sur a5 centimètres et deux fagots par jour. Les bûcherons ont droit à toutes les branches non marchandes, à la partie de la souche qu'on doit raser après L'abattage de la tige, et au morceau qui reste après le sciage de longueur, le bûchon. En outre, chaque ouvrier, à charge par lui de conduire le bois au port, peut emporter son chevalet et ses coins. On estime à Montsauche que le bois de rebut vendu en ville peut valoir à l'ouvrier 1 fr. 5o par jour. Ailleurs, dans les grands domaines à l'entreprise, les équipes sont engagées à tant la corde, plus un ou deux fagots par jour et une perche pour les porter. Ce sont les fagots de supplément, les bûchons et la perche qui sont cause de tous les conflits avec les entrepreneurs et parfois de grèves longues et sanglantes'.
D'autre part, la situation lamentable des propriétaires forestiers, jusque dans ces dernières années, empêchait le relèvement sensible de la main-d'œuvre. Bien des ouvriers ont abandonné les bois pour se rendre dans les grands centres industriels des marges. Les bûcherons ont été plus difficiles à recruter. Cependant, avec la hausse des prix de vente, leur journée atteint, en 1 907-1908, 3 fr. 5o et même 4 francs. Mais, les populations ne sont plus aussi enthousiastes que jadis pour le travail des bois. Ici, la diminution de la main-d'œuvre n'est pas comme dans d'autres contrées agricoles, fonction uniquement des progrès de l'industrie. Elle dépend surtout de la déchéance de la sylviculture elle-même (fig. 18).
Les frais généraux et les bénéfices.
Le Moi van subit, sans en profiter, le contre-coup du développement extraordinaire des moyens de transport. Jadis une contrée vivait de sa vie propre ou de celle des régions qui l'entouraient. Aujourd hui, elle dépend de phénomènes économiques qui se passent dans les pays les plus éloignés. L'exploitation des charbonnages, en Belgique et dans le Nord de la France, a profondément changé les procédés de chauffage de Paris. La capitale était jadis le grand client de la forêt morvandelle. Le massif ancien fournissait les 3/5 de ses approvisionnements. Les quantités envoyées n'étaient en 189/4 que de 5o4ooo stères2, tandis qu'elles atteignaient, en 1789, 619000 voies soit 1 178000 stères3. Bien que la population ait