‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 99 sur 232 · I. — L'ÉVOLUTION DE L'AGRICULTURE Le sol · texte numérisé non relu

I. — L'ÉVOLUTION DE L'AGRICULTURE Le sol

Les conditions physiques de la contrée y ont longtemps rendu le travail peu rémunérateur. L'altitude plus forte que sur les marges, un climat plus rigoureux, un sol plus froid, reculent les époques de la végétation. Les plantes fleurissent avec deux et trois semaines de retard sur leurs semblables du Bazois, de la Terre-Plaine et de l'Auxois1. La terre est impropre aux céréales à grand rendement. En général, elle est siliceuse, légère et peu profonde. Les granités à orthose du Morvan sont presque totalement dépourvus de chaux \ Les plantes silicicoles y croissent en grande quantité, bien que le nombre des espèces soit peu important. L'avoine à chapelet, le chiendent, lagrostis. l'oseille rouge, la petite matricaire, sont le fond du tapis végétal. La fougère, la bruyère, le petit carex blanc, le lichen blanchâtre et le petit ajonc acquièrent dans les champs en labour une vigueur et une persistance contre lesquelles le paysan a peine à lutter. Ces parasites trouvent dans les eaux qui demeurent sur la roche imperméable et dans la potasse, produit de décomposition du feldspath, les éléments d'une prospérité qu'ils ne connaissent pas surles gneiss du Bas-Morvan. Les arènes, dans le Haul-Morvan, sont plus épaisses et plus argileuses ; les prairies et les champs labourés plus nombreux. Dans la même région. Ghalaux (granité) compte 48 pour ioo de son territoire en terres labourables et prés, Lormes (granité) 46 pour ioo, Brassy-en-Morvan (granité) 54 pour ioo, tandis que Empury (gneiss) marque à son cadastre 67 pour 100 des mêmes culturcs, Saint-André-en-Morvan (gneiss) 64 pour 100 et Chaslcllux (gneiss) 71 pour 100 4.

Les sols de porphyre, d'orthophyre et de tufs porphyritiques se distinguent surtout par l'abondance des crucifères et aussi des genêts ù balais, des bruyères, des houx, des digitales, des fougères (Blechnum spicans principalement )'. Cependant, ils ne sont pas complètement dé-

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