‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 100 sur 232 · B. S. Hirt. Vit. d'Autun, njo3, p · texte numérisé non relu

B. S. Hirt. Vit. d'Autun, njo3, p

L'ÉVOLUTION DE L'AGRICl LTURE 131

pourvus de chaux. La ricliesse eu apatile1 des fdons de calcite permet à des colonies calcicoles de réussir au milieu de la végétation silicicole. L'ellébore, la digitale jaune, le chardon laineux, en sont les représentants les plus fréquents. Mais cette flore ne domine vraiment que sur les calcaires du Dévonien, à Gussy-en-Morvan et à l'Huis Pernelle. La vallée de la Gagère entre Souhé et Cussy-en-\[or\an est connue par la quantité de ses espèces calcicoles2. Les buis implantés en Morvan par les Romains, et qui ne viennent pas sur le massif ancien à l'état naturel, sont devenus de forts beaux arbustes sur les sols de porphyre et de tufs porphy ri tiques. Les formes toponymiques telles que Bussy, Bussière, sont surtout répandues sur ces terrains, ainsi qu'aux environs des marbres dévoniens et des placages du Lias. Presque toujours, leur emplacement dénote la présence d'une ancienne A^illa romaine. Ces contrées ne seraient donc pas impropres à toute culture si leur topographie plus troublée et leur altitude plus élevée ne les condamnaient à la forêt. Leurs bois de chêne sont du reste les plus beaux de toute la sylve morvandelle.

Que le substratum soit de granité, de gneiss ou de porphyre, la richesse réelle de l'humus en éléments fertilisants est très minime. In kilogramme de terre donne en moyenne: azote: ofîr,8'y5, acide phosphorique : o5r,/|55, potasse: icr,i2753. Encore cette proportion est-elle plus faible sur les crêtes et le haut des plateaux. La profondeur de la terre arable est très variable suivant sa situation topographique. Plus faible sur les hauts, où elle atteint rarement 10 centimètres (Luzy, Tazilly, Ouarré-les-Tombes, Chateau-Chinon, Rouvray-en- Morvan), elle dépasse l\o centimètres au bas des versants (La Rocheinillay) ; 45 centimètres à Saulieu et à Chissey-en-Morvan ; 5o centimètres à Quarré-les-Tombes et à Luzy ; 60 centimètres à Précy-sous-Thil. Le long des vallées, elle a des épaisseurs encore plus fortes (vallée du Ternin, 1 mètre). Dans le fond des cuvettes du Haut-Morvan, les alluvions longuement amassées et remaniées ont constitué des dépôts de im,io à Crézançon, de im,5o dans la dépression d'Arleuf. Ces sols plus riches sont des exceptions ; ils sont convertis en herbages, mais en général la faible épaisseur de la couche arable, sa légèreté extrême et par surcroît les grandes quanlités de pluie qui inondent le pays, obligent le cultivateur à des soins spé-

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