‹ Le mot d'ordre compromisChapitre 2 sur 2 · IO · texte numérisé non relu

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« comme nous. Unissez-vous. La cause de l'Evangile « exige que vous vous entendiez ».

Voilà pourquoi, dans ces pays lointains, les Étudiants chrétiens ont pu reprendre le mot d'ordre du Seigneur : « Qu'ils soient un, ô Père, comme toi et moi nous sommes un. » Voilà pourquoi la Conférence d'Edimbourg, rendue possible par un commencement de collaboration effective, a dû choisir pour son président un homme qui ne fût ni l'agent d'une Église particulière ni le représentant d'une Société de Missions, mais qui eût travaillé avec et dans toutes les Églises et toutes les Sociétés, qui fût allé partout et qui pût parler de ses expériences faites aussi bien dans l'Inde, au Japon ou en Chine qu'en Europe ou en Amérique. Voilà pourquoi la Conférence a confié le soin de la présider à l'homme qui incarne la Fédération universelle des Étudiants chrétiens. Voilà pourquoi c'est autour de John Mott que 1200 missionnaires se sont réunis pour étudier les nouveaux plans de campagne en vue de l'évangélisation du monde.

J'ai dit que j'éprouvais de l'émotion à rappeler ces choses. C'est qu'à certaines heures, dans nos congrès, j'ai eu la vision de l'avenir qui se prépare.

C'était, par exemple, à Oxford, en juillet 1909. La Conférence universelle des Étudiants chrétiens était réunie. Nous y étions venus du Nord et du Sud, de l'Extrême- Orient et de l'Extrême-Occident. Nous étions là de toutes races, de toutes couleurs et de toutes langues ; mais tous nous confessions notre foi au Christ vivant. Chaque jour, une grande séance était consacrée à l'intercession en faveur de notre œuvre dans un ou plusieurs des pays où notre Fédération est représentée. En dix minutes, un orateur disait les difficultés ou les encouragements rencontrés dans ce pays, la situation morale des étudiants,

les efforts entrepris, les espoirs ou les craintes des secrétaires au travail. Puis il se taisait. Les fronts s'inclinaient, et l'on était invité à penser devant Dieu à chacun des points passés en revue et dont chacun, d'instants en instants, était rappelé. Des voies s'élevaient tour à tour des divers coins de la salle ; et c'étaient, pour les camarades du pays intéressé, des prières en anglais, en français, en allemand, en suédois, en norvégien, en russe, en japonais, en chinois. C'était le contraire de la Tour de Babel, et la multiplicité des langues soulignait l'accord fraternel des âmes.

Deux ans après, notre Conférence se tenait à Constantinople. Là, comme d'ordinaire, nous faisions la revue de nos forces, de nos ambitions, de nos épreuves. Mais cette fois, pour éviter le formalisme qui tend toujours à se glisser partout, nous avions décidé que les prières seraient absolument silencieuses ; et je me demande si elles n'étaient pas plus émouvantes encore dans ce silence si profond qu'on finissait par l'entendre.

Quand on a vu ces choses-là, on a été parmi les privilégiés de la vie spirituelle; on a contemplé une prophétie, en acte, des temps futurs... Oui, mais quand et comment viendront-ils, ces temps futurs? Le Christ a besogné pour mettre dans le cœur des chrétiens l'ambition de la conquête, pour rapprocher tous ces chrétiens, pour leur inspirer le besoin de collaboration fraternelle, pour créer, d'abord parmi les Étudiants, puis dans le monde des Missions, les organismes d'entente et d'union. Et à ce spectacle de ce qu'a fait le Christ succède soudain celui que la guerre déroule sous nos veux.

Et il y a des gens, en dehors de nos Églises, et peut-être dans nos Églises, qui viennent demander pourquoi Dieu a voulu cette guerre. Mais ce qui se passe à cette heure.

^'est la révolte même contre Dieu. Disons-le hautement : les deux souverains qui ont déchaîné la catastrophe sur la chrétienté ont osé, dans leur manifeste, invoquer sur cette guerre les bénédictions d'en-Haut ; il n'en est pas moins vrai que leur acte a été une déclaration de guerre contre Dieu lui-même. On eût dit qu'ils avaient décidé l'effondrement des plans divins. Étant fort peu dans les confidences du Dieu qu'ils prétendent mobiliser à leur service, ils ne soupçonnent peut-être pas ce qu'ils ont fait. Ils ne l'en ont pas moins fait. Oui, après ce crime, que devient le mot d'ordre du Christ ?

Il y a d'abord la rupture complète — et pour combien de temps? — de cette entente, de cette collaboration. Rien de ce que nous avions préparé n'est plus réalisable. Les difficultés pour reprendre l'œuvre seront plus grandes que les naïfs et les sentimentaux se l'imaginent. Il faut qu'on sache bien ceci : c'est que, pour que l'entente redevienne jamais possible, les enfilades de phrases pieuses et fades ne suffiront pas. Elle ne se fera qu'entre gens décidés à voir et à dire la vérité. Elle ne se fera que dans la vérité. Nous ne nous prêterons jamais au mépris de la vérité. De bonnes âmes qui, non contentes d'être neutres entre les belligérants, veulent avoir des consciences neutres entre le droit et la violation du droit, viennent nous murmurer à l'oreille : « Il faut, en vue de l'entente future, renoncer à établir les responsabilités. » Renoncer à cela, jamais ! C'est une proposition de gens craignant que l'établissement des responsabilités ne tourne contre leurs amis. Ce serait consentir à l'entente dans le mensonge. Dieu ne sanctifie que ce qui se fait dans la vérité et par la vérité.

Donc, en ce moment, c'est l'entente brisée, c'est l'écroulement de tout ce que nous avions rêvé. Il n'y a plus aucun moyen d'avoir aucune des réunions qui pro-

phétisaient l'avenir et qui nous le faisaient voir et saluer d'avance.

Et puis, il y a le scandale provoqué dans les pays où il s'agit d'aller porter l'Évangile. Les chrétiens de ces contrées lointaines ne comprennent rien à ce qui se passe. Ils sont muets, déconcertés, devant cette guerre capable de mettre aux prises ces chrétiens d'Occident qui leur ont transmis le message du Christ. A côté d'eux ricanent tous ceux qui font de l'opposition à l'Évangile. N'oublions pas que nous n'avons pas affaire seulement à des peuplades qui ne savent ni lire ni écrire. Celles-ci sont peu troublées ; les intellectuels y manquent. Mais au Japon, dans l'Inde, en Chine, les universitaires suivent de près les événements et ont vite fait d'en mesurer la portée morale. Ils ont une plume, et ils s'en servent pour dénoncer la prétendue banqueroute du christianisme. La guerre européenne a renouvelé — ■ sans le rajeunir — le stock en munitions pour la libre-pensée d'Extrême- Orient.

À tout cela s'ajoute la déperdition des forces. Vous pouvez juger de la situation de toutes les Sociétés de Missions par ce qui arrive à celle de Paris. Lisez dans le journal de celle-ci, sur les feuilles vertes, la liste de ses mobilisés. Vous comprendrez alors l'affaiblissement de l'effort apostolique dans tant de champs dont les missionnaires ont été rappelés pour se battre. Parmi ceux qui sont partis sous les drapeaux, combien pourront reprendre leurs postes ? Plusieurs sont déjà morts. D'autres tomberont peut-être à leur tour ; mais, parmi ceux qui ne succomberont pas à une balle ou à un éclat d'obus, combien seront trop minés dans leur santé pour aller achever leur carrière sous un climat moins bon que le HÔtre.

Oui, le mot d'ordre du Christ est compromis. Hélas! il ne l'est pas seulement là-bas, dans les champs de Missions. Il l'est chez vous et dans vos consciences. J'ai l'habitude de regarder les problèmes en face. N'est-il pas vrai que beaucoup, parmi nous, se disent qu'au lendemain de la guerre nous aurons tant à reconstruire dans notre pays que nous n'aurons pas assez de toutes nos forces pour ce travail urgent et qu'il serait coupable de prendre de ces forces pour les expédier au loin ? Parlons franc : cette pensée n'est-elle pas dans les esprits et ne trouble-t-elle pas les consciences ?

A la veille de l'Ascension, il faut prendre position contre cette abdication de l'Église. Cette abdication serait une faute de l'Église contre elle-même et un crime contre le Christ.

Certes, nous la voulons, la conquête de la France pour le Christ. Ceux qui la veulent le plus ardemment sont peut-être ceux qui vous parlent de la conquête lointaine. Est-ce bien difficile à comprendre? Vous entendez que, sitôt la guerre terminée, nous nous mettions à l'œuvre dans notre pays. Combien vous avez raison! Mais ne vous figurez pas qu'il suffira, pour nous satisfaire, de trouver assez de jeunes gens pour remplir les vides qui se seront creusés dans le corps pastoral. Vous ne croyez pas que l'effort sera achevé le jour où nous aurons rebâti, sur leurs ruines, nos temples et nos chapelles. Vous pensez que lame de la France a quelque chose à attendre de nous. Quand vous dites : « Nous aurons besoin de toutes nos forces pour évangéliser le pays », j'imagine que vous prenez ces mots au sérieux. Vous pensez à 1 evangélisation de nos faubourgs, à celle de nos campagnes, à celle des Universités, à 1 evangélisation partout et sur toute la ligne. Si ce n'est point là votre pensée, je ne vous corn-

prends pas. Mais si c'est votre pensée, vous êtes-vous rendu compte de ce qu'il faut apporter aux hommes ?

Les Français de demain réclameront de vous autre chose que des raisonnements plus ou moins bien échafaudés et qui les laissent parfaitement froids. Ils n'ont pas besoin de raisonnements auxquels on pourra toujours en opposer d'autres. Il n'y a qu'une prédication que demandent les âmes. Je fais appel aux non-chrétiens qui sont ici. Que venez-vous chercher dans cette assemblée? Vous n'espérez pas y rencontrer un homme qui sera capable de vous démontrer la nécessité de croire. Ce que vous désirez, c'est de vous trouver en contact avec des gens qui vivent de leur foi ; vous avez besoin de distinguer, chez de pauvres créatures qui vous ressemblent en tout, une manifestation de puissance et de vie. Si, loin d'ici, dans les tranchées, des hommes vont au Christ, ce n'est point qu'ils aient mis la main sur un traité de métaphysique qui les convainc, c'est parce qu'ils ont rencontré un homme vivant et plus vivant qu'eux.

Voilà ce qui convertit. Ce qu'il faut apporter demain à notre peuple, c'est une démonstration de puissance et de vie, Ce n'est pas un Evangile abstrait, un certain nombre de vérités agencées les unes à la suite des autres. Ce qui importe, c'est de fournir la preuve que le Christ transforme les âmes individuelles et les sociétés. Si vous n'avez pas un christianisme conquérant, vous n'agirez pas sur ce peuple. On réveille les énergies à coups de bulletins de victoire. L'Eglise doit avoir ses communiqués qui nous parlent d'efforts triomphants, de batailles contre les ténèbres, de tranchées prises sur le paganisme prochain ou lointain. Si l'Eglise n'a rien de pareil à annoncer, elle n'intéressera personne. Vous tous qui vous préoccupez de l'avenir, hâtez-vous d'envoyer au loin des

gens qui vous adresseront des bulletins de victoire ; c'est le seul moyen pour vous de convertir ce peuple.

Il y a plus. Vous craignez que les missionnaires ne vous détournent du devoir de 1 evangélisation intérieure. C'est une erreur. Ils seront les premiers à insister sur ce devoir. Je sais bien ce qu'ils vous diront, Eglises de France. Si vous étiez conquérantes, si vous prêchiez autour de vous avec plus d'intensité, si vous transformiez un peu plus ceux qui vous entourent, on verrait, en terre lointaine, un peu moins de blancs donnant aux indigènes une assez piètre idée de la moralité de leur race. Une France un peu plus chrétienne serait représentée plus souvent, auprès des peuples qu'il faut gagner à l'Evangile, par des laïques dont la vie incarnerait cet Evangile. Je ne crains pas de l'affirmer : les ouvriers de l'évangélisation en terre païenne ne perdront pas une occasion de pousser à l'évangélisation de notre pays. Les deux se tiennent étroitement.

D'autres faits sont plus graves encore. J'ai fait allusion à ces pays d'Extrême-Orient où il y a de vrais intellectuels. Ces intellectuels, vous les rencontrez tous les jours dans les rues de Paris. Ils s'y promènent vêtus comme vous et moi. Mais leurs yeux bridés, derrière leurs lunettes, ont un regard fouilleuret découvrent parfaitement les vices de notre civilisation. Ces hommes vous les croisez au Quartier latin. Vous les verrez aussi dans nos milieux industriels où ils font des enquêtes sur la misère de nos faubourgs. Ils envoient des correspondances aux journaux de chez eux. Ils ne se font pas faute de souligner dans ces correspondances combien la religion importée chez eux par les missionnaires a peu transformé cette Europe où les chrétiens, à les en croire comptent si peu.

Et voilà pourquoi il nous arrive des extrémités de la terre les appels les plus pressants à 1 evangélisation intense. Ce sont les missionnaires qui nous les adressent. Ils nous supplient d'avoir un christianisme impatient de faire sentir son action dans tous les domaines, de transformer des âmes et de régénérer des milieux. Ils nous supplient de ne pas nous endormir en France, dans la béatitude d'un christianisme que les ambitions ne tourmentent pas, dont les adeptes s'enferment dans des boîtes capitonnées et bien à l'abri des courants d'air. Nos camarades qui sont partis au front — au front des armées lointaines de l'Eglise — nous mandent que cette béatitude ne nous est pas permise. Ils réclament de nous un christianisme capable de transformer radicalement les pays européens qui envoient des missionnaires.

Pour ma part je suis convaincu que les chrétiens soucieux d'envoyer des missionnaires au loin seront les premiers à donner de leur argent au profit de l'évangélisation intérieure et que ceux qui réclament des économies d'hommes en Mission n'en réclament pas moins quand il s'agit de l'évangélisation du pays.

Dans la réalité, tout se tient. Il n'y a pas la mission lointaine et la mission en France, et les deux ne sont pas en conflit l'une avec l'autre. La mission doit être partout. Le témoignage au Christ doit se rendre sous toutes les formes.

Il ne faut pas que les chrétiens soient comme ces gens qui, se figurant étudier les questions sociales, ne les voient jamais que par les petits côtés et sous des aspects fragmentaires. Vous rencontrez des gens qui vous disent : « La seule affaire urgente, c'est la lutte contre l'alcoolisme. Tout s'y ramène. » D'autres leur répliquent : « Non ! La grosse affaire, c'est la construction

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d'habitations à bon marche. La question du logement est celle à laquelle Les autres reviennent. » Vous ne vous étonnerez pas si d'autres viennent soutenir que le vrai, le seul moyen de combattre l'alcoolisme, c'est la limitation des heures de travail. Chacun voit le problème qui l'intéresse et déclare que c'est le seul problème important. La vérité, c'est que toutes ces questions, et bien d'autres, dépendent les unes des autres et qu'on ne saurait s'occuper des unes sans s'occuper des autres.

Il en est de même dans l'ordre spirituel. On ne peut pas avoir le souci de ce qui se passe ici sans avoir celui de ce qui se passe aux extrémités du monde. Et la réciproque est vraie. Le royaume de Dieu n'est pas ici ou là. Il est partout. Il ne consiste pas en ceci ou en cela. Il est dans tout. Cela ne signifie pas que chaque chrétien doive se sentir appelé à faire tout. Ce serait absurde : quand on prétend faire tout, on ne fait rien. L'essentiel, c'est que chaque chrétien écoute dans le silence et reçoive sa vocation. Celui qui a pour mot d'ordre de devenir pasteur doit être pasteur et ne pas dédaigner celui qui est fait pour une activité laïque. Celui qui se donne à la Mission lointaine n'a pas à se figurer qu'il est plus utile que celui qui travaille comme pasteur. Celui qui sera médecin, professeur, simple ouvrier, ne doit pas s'imaginer que,' pour n'avoir pas reçu de l'Eglise une consécration spéciale, il est dans une situation inférieure. Il n'y a pas de situation qui, en soi, mérite d'être qualifiée d'inférieure. Mais il y a des gens qui sont inférieurs à leur situation. Que chacun, là où il est, accomplisse tout son devoir, mais en se disant que, par là, il aide à la réalisation de la volonté de Dieu dans l'humanité. Chacun de nos devoirs fait partie d'un ensemble ; chacun de nous en étant tout ce qu'il doit être à son poste, est le contraire

d'un isolé ; il travaille avec tous, et tous travaillent avec lui. Et c'est l'œuvre de Dieu qui surgit...

Il n'y a personne qui ne puisse, en étant simplement fidèle aux ordres de sa conscience, rendre les plus grands services. Je vous ai montré comment la Fédération des Etudiants chrétiens avait contribué à préparer la Conférence d'Edimbourg et à propager le mouvement vers l'unité évangélique. Croyez-vous que cette Fédération, un beau matin, soit tombée des nuages sur la terre ? Avant elle s'était fondée, en 1886, l'Union des Volontaires pour la Mission. C'était aux Etats-Unis. Les jeunes gens qui composaient cette Union ne songeaient d'abord qu'à évangéliser en terre païenne. Un jour, ils ont décidé de commencer leur travail au milieu même de leurs Universités. C'est parce qu'une jeune fille, Miss Wilder, aimait passionnément le Christ et voulait son règne sur la terre. Elle ne distinguait pas comment elle pourrait y travailler. Mais elle avait un frère qui faisait partie de l'Union des Volontaires de la Mission. Elle lui parlait souvent de la nécessité d'organiser le témoignage chrétien parmi les Etudiants. Elle lui fit un jour un devoir de saisir ses camarades de cette question urgente... Le petit groupement d'où notre Fédération universelle devait sortir était fondé. Une jeune fille priant dans sa chambre est peut être à l'origine de tout ce que je vous ai fait contempler. Je ne dis pas qu'à défaut de cette jeune fille Dieu n'aurait pas pu accomplir ses desseins. Je dis seulement que, grâce à elle, il a pu les accomplir. Croyez-moi, Mesdemoiselles. Il n'est pas nécessaire de jouer en ce monde un rôle de premier plan. Dieu peut se servir glorieusement du plus obscur d'entre nous.

Il faut que je m'arrête. L'Ascension rappelle un ordre et une promesse. La promesse est celle-ci : « J» suis avec

vous jusqu'à la fin du monde. » Peut-on penser ù cette promesse en négligeant l'ordre qu'elle accompagne ? Le Christ ne 1 a pas faite à tous les indivividus qu'on appelle chrétiens et à toutes les Eglises qui s'intitulent chrétiennes. Il ne l'adresse pas aux Eglises de paresse et d'abdication. Il ne l'adresse pas aux pieuses et égoïstes personnes qui ont assez de chanter leur réconcilia lion avec leur Père, niais qui ne pensent pas que d'autres, dans l'humanité, ont besoin de connaître cette réconciliation. « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde » ; le Christ donne celle assurance à'ceux auxquels il promet de leur rappeler ses ambitions. « Je suis avec vous jusqu'à la lin du monde » ; cela signifie d'abord : « Je suis au milieu de vous avec mes désirs, avec mes rêves, avec mes appels. Je crie à l'aide ». « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde » ; cela signifie : « Je vous supplie d'aller et de faire de toutes les nations des disciples ». « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde » ; cela signifie : « Si vous acceptez mes ambitions, si vous voulez être conquérants pour moi, je vous promets de ne pas vous abandonner. Si v«.lre croix est trop lourde, je vous aiderai à la porter. »

La parole : « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde ■>. a aujourd'hui un sens tragique. Elle signifie : ((. Voulez-vous être avec moi ? J'attends votre réponse. »

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