‹ Le mot de l'énigme [microforme]Chapitre 3 sur 8 · PREUVES A L'APPUI · texte numérisé non relu

PREUVES A L'APPUI

Je ue reproduirai pas tous les documents que jai entre les mains parce qne l'argent dont je dispose ne suffirait pas pour cela : il en est, d’ailleurs, qui n’ont plus aujourd’hui qu’une importance secondaire et «que je me contenterat d'indiquer. Tels sont, par - exemple, plusiéurs numéros du journal ‘‘7& Volonté,” que, de temps à autre, de 1876 à 1877, j'ai fait distribuer gratuitement dans Québec. Je sais qu’un bon nombre de personnes l’ont conservé.

Dans un de ces numéros, qui a päru lel& octobre 1876, et où, pour la première fois, sans le nommer cependant, je fais allusion au Père, Arnauld, il y a cette phrase que mes articles postérieurs rendent bien claire : ‘“ Dieu est puissant et il ne s'occupe guères des vues souvent étroites de ses petits serviteurs. Il n'aime pas qu’on empêche le bien de se

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faire, et le jour où j'ai mis mon système entre ses mains, il a placé sur ma route l’homme qui a la volonté et qui bientôt, je l'espère, aura la puissance de m'aider...” Et plus loin j'ajoutais : Si vous ne voulez pas des armes que je vous offre, d’une réforme qui est devenue nécessaire à notre époque et qui assurerait le bonheur, l'avenir et même le salut des enfants bien autrement que ne l’assure votre éducation, laissez au moins les autres en profiter,

Il faut dire qu’à cette époque on avait trouvé moyen de n’empêcher d'écrire sur les journaux quotidiens, et que, dès lors, j'étais à peu près sans action.

Le 11 novembre de la même année, je publiais sur mon journal une lettre antérieurement écrite au Père Arnauld et, dans laquelle, sans le nommer en core, je disais qu'il était pour moi l’homme de la Providence. Dans cette lettre qui est trop longue pour être reproduite, je montrais que l’enseignement actuel est absurde au point de vue religieux, et j'indiquais sommairement quelles modifications il faudrait y apporter pour qu’il devint vraiment conforme aux maximes de l'Evangile.

Voici la réponse que me fit le Père Arnauld : j'ai cru devoir, à son insçu, la publier sur ‘* {a Volonté,” à la date du 7 décembre : “ Vous me demandez, disait-1l, ce que Je pense de votre système: vous savez quels sont mes sentiments et mes désirs là-dessus. Plus que vous, peut-être, j'en souhaite l’application. Car ce serait une source de bénédiction pour la jeunesse et plus tard de prospérité pour le pays. Le règlement que vous proposez, me plait beaucoup. Il me semble que je serais tout autre si, au petit séminaire où j'avais été envoyé tout jeune encore, on avait suivi un pareil système d'enseignement eb un itolement semblable à celui que vous exposez.

Mais ne vous laissez pas décourager malgré les difficultés qui peuvent surgir encore. Attendez avec patience et persévérance l'heure du Seigneur.

Je bouillais de faire connaître la vérité, et mon journal du 15 jnin 1877 prouve qu’à cette époque J'avais déjà écrit à Son Exc. Mgr. Conroy, une lettre de quarante pages où je disais très-clairement cette tois que le Rév Père Arnauld devait être nommé évêque de Chicoutimi ; et j'indiquais même par quels moyens et à quels signes j'avais reconnu que telle était sur ce point la volonté de Dieu.

Cet article est très-important parce que, le journal ayant paru du vivant de Son Exc. Mgr. Conroy, c’est une preuve évidente, et qui ne peut pas être détruite, des démarches que j'ai faites auprès de lui et qui sont restées sans résultats comme chacun sait.

Je ne m'en tins pas là, et, après bien des tentatives infructueuses. J'obtins enfin, à force d'argent, en juillet 1877, d'insérer sur le ‘ Journal de Québec” toute une série d'articles dont le principal a paru le samedi 14 J’ai ce numéro entre les mains.

Pour la première fois, je nomme le Rév. Père Arnauld comme ayant été désigné par Dieu lui-même pour être évêque de Chicoutimi; et personne ne peut nier qu'à partir de ce moment la chose ne soit devenue publique, le Père Arnauld étant un homme trop connu pour qu’on puisse arguer d’ignorance. Et, d’ailleurs, ceux à qui je m’adressais me connaissaient moi-même parfaitement bien, attendu que, pendant deux ans, de 1874 à 1876, de violentes polé. miques se sont faites dans la presse autour de mon nom et de la réforme que je demandais dans l’enseignement, sans savoir alors qu’elle fût voulue de Dieu. Voici les articles qui ont été publiés en 1877 sur le ‘ Journal de Québec.”

ET Fe Extraits du ‘ Journal de Québec.”

L'Obâtaclé.—Pour établir une réforme sérieuse dans l'ordre des idées, il faut poser des principes et en tirer des conséquences sans $’occuper de ce qui existe. Si les principes sont justes ; s’ils sont appuyés sur Goes raisonnements inattaquables ; si les conséquences en sontlogiquement déduites, ils ne peuvent manquer de faire impression sur tous les esprits droits; mais alors on se heurte nécessairement à toute la phalange des hommes qui profitent de l’erreur ou de l'abus, et dont les uns ne sont pas entièrement convaincus tandis que les autres ne veulent pas se laisser convaincre. D’aiileurs si, d’une part, les principes sont justes ; de l’autre, leur application immédiate es! difficile, sinon impossible. Les réformateurs ont quelquefois le lort de ne pas le camprendre. Sans doute jis ont raison dans la sphère des idées, encore même qu'ils puissent se tromper sur certains points, quand, par exemple, la passion ou l'intérêt les dirige ; mais généralement ils se font illusion sur la manière dont une réforme doit s’ac- <omplir : il faut d’abord qu’elle se fasse en petit.

L'opposition trop souvent systématique que l’on apporte à des idées justes ét utiles, a pour effet de décourager un réformateur, ou de l’irriter, ou encore de l’éclairer en lui montrant qnels sont les obstacles et quelles sont les difficultés de sa tâche. Ou bien on le forcé à mieux faire, ou bien on le jette hors de sa voie. |

En somme, tous les réf‘rmateurs ne sont pas des saints, et C’est déplacer la quéstion que de les metire personnellement en cause, quand ce sont leurs prin- -cipes qu'il faut juger. Iln’ÿ 4e qu’un réformateur, ‘un seul, qüi ait réuni ef lui là vérité etda sainteté

ne

absolues : c’estle Christ. Or vous savez comment on l'a traité. Zn propria venit'et sui eum non receperunt.

Le Grand Réformateur.

Les réformes utiles ne se font pas pour deux raisons: où par la faute du réformateur qui se brise contre les obstacles au lieu de les tourner; on par la faute des hommes qui, sans le savoir, ont mission de l'aider dans sa tâche et qui, pour une raison eu pour une autre, se déclarent onvertement contre lui, ou, tout au moins, lui opposent la force d'inertie, la plus difficile peut-être des entraves que l’on puisse rencontrer sur sa route, quand on doit marcher en avant.

C'est ce qui est arrivé à Notre-Selgneur. ‘Font avait été prépare de lougue main pour que l'humanité déchue dans la personne d'Adam püt se relever en acclamant le Christ; mais, dans les décrets de la Providence qui appelle toujours l'homme à concourir à l’œuvre de Dieu, il fallait qu’elle fit un acte de foi et qu’elle reconnûüt le Sauveur da monde dans le Charpentier de Nazareth.

Etant donné notre nature depuis la chute, c'était une terrible épreuve; et on comprend jusqu’à un certain point que, malgré les miracles, ceux qui, maîtres de la situation, et, par conséquent, libres de se soumettre ou de se révolter, altendaient un Messie glorieux, n'aient pas voulu croire que le Fils de Dieu s’abaissât à ce degré d’humilité d’être le dernier parmi les Juifs. C’est ce mystère d’abaissement volontaire que Satan, dans le ciel, avait autrefois refusé d'admettre comme possible.

Dès lors, le Ghrist était, par avance, condamné à mourir par le plus cruel et le plus infâme des sup-

plices. Sans doute qu’il était assez puissant ponr y échapper et pour confondre tous ses ennemis; mais la logique et l'amour ne le permettaient pas, (car l'homme est libre.) et voilà ce que les Juifs n’ont pas compris.

Ce chef qu'ils attendaient, que les prophètes avaient prédit: c'était le Christ. A lui était donné de conquerir le monde; mais il devait avoir des coopérateurs, et tout ce qui, jusque-là, s'était passé dans l'univers, avait pour but de préparer son règne.

Quoique soumise aux Romains, la Judée conservait encore ses lois ; et l’histoire nous apprend que les fils d'Abraham, d’Isaac et de Jacob, volontairement dispersés alors au milieu des nations et qui se trouvaient à Rome même en grande quantité, étaient assez influents pour intimider Cicéron quand il parlait du hant de la tribune aux harangues.

Supérieurs aux payens par la connaissance du vrai Dieu, ils formaient dans tout l'empire un parti puissant ayant son centre d’action à Jérusalem. Là dominait la secte des Pharisiens qui, autrefois, dit Bossuet, s'étaient acquis un grand crédit par la pureté de leur doctrine, l’exacte observance de la Loi et la douceur de leur conduite ; fnais qui, depuis, par intérêt et pour dominer sur les consciences, avaient fini par altérer le véritable esprit de la religion. Ils se croyaient les seuls dignes de recevoir le don de Dieu, et regardaient les Gentils avec un insupportable dedain. (C'était comme l'aristocratie des Juifs et le peuple leur était soumis.

Quand le Christ parut, ilsne voulurent pas le reconnaître pour leur roi et le mirent à mort. En l'attachant à un gibet, ils se croyaient vainqueurs et

ils étaient vaincus. Car ils avaient refusé le secours de Dieu.

La mème chose se reproduit à tous les âges du monde ; et toutes les générations, pour obtenir leur salut. ont à faire un acte de foi dans la personne de ceux qui sont placés par Dieu à la tête des nations, et dont, à cause de cela, la responsabilité est grande.

L’Acte de foi.

Oui, tous les peuples ont à faire un acte de foi dans la personne de ceux qui les gouvernent. Il faut qu'à un moment donné de leur existence, ils sachent distinguer une grâce de choix que Dieu leur fait par l'entremise de quelqu’an qui peut ne pas être un saint, Mais qui, néanmoins, miraculeusement éclairé lui-même quand le peuple mérite qu'il Le soit, apporte toujours les preuves de sa mission. Et c’est une terrible chose à ceux qui ont le pouvoir en mains que de méconnaitre, par intérêt ou toute autre raison, ce que Dieu exige d'eux. Car le salut des peuples en dépend : il y à un fait qui le prouve.

Au 17ème siècle, régnait en France un prince que l'histoire a qualifié du nom de grand, et qui l’eût méritée s'il avait ohéi à celui qui, seul, dit Jeanne d'Arc, est le roi dts Français et dont il n’était que le Heutenant. On sait, par révélation, qu’il avait obtenu de vivre à la suite du vœu national par lequel le royaume était consacré à la Vierge. IL avait pris le soleil comme emblème, et, autour de lui, comme autant d’astres secondaires, destinés à rehausser sa gloire, gravitaient toute une pléiade de génies, les plus grands peut-être qui aient jamais paru. Le monde entier subissait le charme, et tout pliait devant sa volonté souveraine. Suivant l'expression de l’Ecriture, la terre se taisait devant lui.

Péndant ce temps-là, vivait inconnue dans un monastère de la Visitation, la plus aimée des épouses du Sauveur après la Vierge Immaculée, la bienheureuse Marguerite-Marie, celle à qui Dieu faisait alors les grandes révélaiions du Sacré Cœur. C’est à neine cependant si, même dans son couvent, on voulait croire ce qu’elle disait; mais voilà que, tout à coup, elle reçoit l’ordre d'annoncer au roi de France, à l'orgueilleux Louis XIV, qu’il eût à élever un édifice en l'honneur du Sacré-Cœur. Le salut Au royaume et son propre salut à lui sont à ce prix. |

Louis XIV était alors dans tout l'éclat de sa gloire et de sa puissance, et rien n’annonçait encore les désastres qui ont marqué la fin de son règne, C'était en 1689, juste cent ans avant la révolution française. Celle-ci a été la conséquence naturelle de l’orgueil de ce prince qui a refusé de se soumettre à Dieu. Or la volonté de Dieu se fait toujours ; mais l'homme peut en retarder l’accomplissement, sauf, bien entendu, à payer cher les obstacles qu’il met au bien.

La Volonté de Dieu.

Quand on examine, l'histoire en mains, quel était l'état du monde au siècle de Louis XIV ; quand on voit que la religion était alors toute-puissante ; que les Jésuites avaient pénétré jusqu’au cœur de la Chine, et qu’à Pékin même, ils avaient reçu du gouvernement une mission publique ; quand on pénètre les relations qui existaient d’une part entre Leïbnitz et Bossuet, d’autre part entre les deux maisons royales de France et d'Angleterre; que l'on sait, par aïleurs, qu’une certaine sécheresse de cœur était comme le cachet de l'époque et que le Jansénisme, le Gallicanisme et les Dragonnades indiquaient cette

tendance funeste; on est invinciblement porté à croire que Louis XIV tenait en mains la conversion du monde et que Dieu n’attendait de lui qu’un .acte de foi pour l’accomplir.

En ne le faisant pas, il a été cause de bien des malheurs, et il a retardé de deux siècles l’action de la Providence Aussi est-il fort à craindre qu’il ne soit à tout jamais perdu. Car ce ne sont pas ceux qui disent: Seigneur ! Seigneur ! qui entreront dans le royaume des cieux; mais seulement ceux qui font la volonté de Dieu quand elle leur est connue. Dans l’ordre du salut, un homme n'est fort que sil est attentif à toutes les manifestations.de la puissance de Dieu. En dehors de là, tout son zèle est plutôt nuisible qu’utile. La foi, même la foi ardente, peut être une occasion de chute quand elle n’est pas jointe à la confiance. St. Pierre en est un exemple frappant.

J'ai fini par le comprendre. Aussi, avant de continuer ce que j'avais commencé, croyant bien faire, quand j'ai vu les obstacles qui se dressaiènt sur ma route, sentant que seul j'étais incapable pour trentesi: raisons d'arriver à mon but, j'ai demandé à Dieu un miracle pour savoir si je serais soutenu au moins par lui, et j'ai fait dire quatre cents messes dans cette intention. |

La réponse a été directe et presqu'immédiate, et J'ai été singulièrement étouné de voir que Dieu avait préparé un évêque exprès pour m'aider. Ce jour-là, j'ai eu l’explitation d’une existence que personne ne comprenait, et moi moins que les autres. Bon gré mal gré; un homme, en certains cas, est poussé par son attrait, par les circonstances et. par yne force inconnue à remplir la mission qui Jui est confiée,

Il me reste maintenant à vous prouver que Dieu veut le Rév. Père Arnanld, de Notre-Dame de-Bethsiamitz à

mue

la tête du nouveau diocèse qui doit bientôt être créé au Nord de la Province de Québec et qu’il a tort, lui, de re- Juser cetle charge pour la passer à d'autres.

Il y a le moment de se taire, mais il y a aussi le moment de parler et ce moment est venu. En somme, Dieu m'a donné raison et je vais l’établir.

Voilà, je crois, qui est bien clair, et personne ne peut contester qu’à la date du 14 juillet 1877, sur le journal ci-dessus nommé qui est un des principaux journaux de Québec, j'ai hardiment soutenu une chose qui, bien que déjà facile à prouver, exigeait cependant, pour être comprise, qu’on lexaminât avec attention et droiture, et, dans l’impossibilité où j'étais alors d'écrire librement, il n’était guère possible que j'arrivasse à convaincre ceux-là même qui, ayant intérêt à ne pas me croire, remualent ciel et terre pour m'empêcher d'écrire.

Après avoir donc exposé de mon mieux les preuves que j'avais alors à ma disposition; après avoir inutilement, par trois fois, demandé, en termes singuhèrement forts, qu'on daignât m'entendre et me donner des juges; après avoir été même jusqu’à composer plusieurs ouvrages pour montrer à Son Exc. Mgr. Gonray, la raison des miracles qui se faisaient et leur portée, je publiai de nouveau, dans le mois de mars de l’année 1878, un livre dans lequel il est fait mention de Mgr. Conroy, et où se trouve l'ar-

ticle suivant antérieurement écrit aux Jésuites et aux Oblats de Quebec.

Les Eléments de l'Œuvre.

J'ai tenu à montrer l'immense portée de la réforme que je demande dans l’éducalion ; il me reste maintenant à prouver que cette réforme est possible, que même elle est facile; mais le clergé de Québec ayant pour principe qu'aucun collége ne doit s'établir en dehors de l'Université Laval, et les religieux euxmêmes étant systématiquement mis à l'écart, il en résulte pour moi une formidable opposition, non pas paree que j'ai tort mais parce que j'ai raison; et il n’est pas douteux, le Père Arnauld ayant été désigné comme futur évêque de Chicoutimi, qu’on ne fasse des efforts inouïs pour empêcher que la chose aitlieu.

J'ai compris ça tout de suite, et je me suis dit en oi-même sachant ce qu’il en était : qu’il fallait dévoiler l’action providentielle, afin que, la volonté de Dieu étant manifeste, tout le monde fût éclairé à cet égard. Ce n’est pas une question d'homme, mais une œuvre religieuse appropriée aux besoins dn Canada, et le Père Arnauld étant celui qui doit la faire, c’est lui et non un autre que Dieu à marqué pour occuper cette place.

Au reste. pour vous montrer que je suis au courant de tout, voici l'historique de la chose : ‘ Il y a quelques années, il fut question de nommer un vicaire apostolique pour les missions sauvages de l'Amérique du Nord ; mais l’épiscopat Canadien ne trouvant pas qu’il y eût pour un prêtre possibilité de remplir cette Charge onéreuse, la passa aux pères Oblats. Ceux-ci qui, en 1846, étaient déjà à Chicoutirci, semblaient tout naturellement aésignés pour cela; mais ils déclinèrent la proposition en disant qu’ils n'avaient pas d'homme, et que, d’ailleurs, il faudrait distraire le Saguenay ponr en faire un diocèse convenable.

L'idée parut honne et M: Racine fut immédiatement envoyé à Chicoutimi avec mission de préparer les choses. A cela je n'ai rien. à dire, et, en toute autre circonstance, j'aurais été le premier à me réjouir de sa nomination, mais il ne s’agit pas d’antipathie ou de sympathie, il s’agit de la volonté de Dieu manifestée par des miracles Jamais elle na été plus clairement exprimée.

Et en effet, en 1874, Rome ayant désigné les Oblats pour occuper ce poste d'honneur, leur choix tomba sur le Rév. Père Arnauld qui a organisé les missions du.Nord.et qui, sans être.encore vicaire apostolique, en a déjà exercé les pouvoirs. Le:Rév. Père Arnauld indiqua alors.M. Racine comme plus apte que lui pour remplir cette charge; mais Rome insisla et, malgré les résistances des Oblats, la chose en était là en 1876 quand je rencontrai le Père Arnauld: au lac St. Jean où il ne s'était pas rendu depuis seize ans. (C'était la réponse à mes quatre cents messes, (voir le Journal dé Québec du 21 juillet 1877;) et comme le miracle n'était pas douteux pour moi, et que, depuis, d’autres preuves sont venues s'ajouter à la première, au risque de déplaire au Père Arnauld lui-même, j'ai cru devoir exposer ce qiril en était.

Car admettons pour un moment que la chose soit faite, et elle-n’est pas difficile à faire; supposons, par exemple, qu’en arrière. de Charlesbourg ou ailleurs, il y ait un collége organisé sur le modèle de la Trappe, supposons. que, dans ce collége, il y ait. quelques hommes insiruits, (deux ou trois suffisent) et que les autres aient plus spécialement pour.fonction de veiller à l'entretien matériel dela maison ; du: moment que, dans une famille, le père etdla mère ont quelquefois à soutenir jusqu’à dix personnes et:plus, il sera possible. à quinze ou vingt religieux d'élever

gratuitement un nombre plus ou moins grand d’enfants, de ceux à qui, d'ordinaire, on ne donne pas l'instruction ; et comme le principe de la direction, chose qui n’est pas toujours comprise, même des rêtres, doit être de laisser les. vocatiens se déveopper librement, il arrivera que les jeunes gens se fixeront plus tôt, et on verra se produire régulièrement ce qui est arrivé dernièrement dans une expérience faite à Aiguebelle, où, sur douzeélèves, leurs études finies, cinq sont restés à la Trappe, cinq se sont faits religienx ou prêtres, et deux seulement sont rentrés dans le monde pour se marier.

Et je ne parle pas des autres avantages que cette œuvre produirait. Comme elle répond non pas à des besoins factices, mais à des besoins réels, elle ou vrirait une carrière à une foule de jeunes gens pour qui l’éd'ication a été, ce qu’elle est souvent, le contraire de ce qu’elle devrait être, et qui sont une cause de troubles pour la société parce que la société n’a pas de situation à leur donner.

Cette œuvre est doncuneœæuvre utile et j'ai montré que Dieu en a préparé les éléments. Elle est appelée, par son développement, à rendre d'immenses ser. vices à la population canadienne, et, un jour, par la Jorce des choses, elle nettra toute l'éducation entre les mains du pape.

Et j'ajoutais ceci: Si vous ne voulez pas que je fasse la preuve des miracles dont je parle, ce n’est pas étonnant ; et en effet ils renversent tous vos projets et dès lors vous avez intérêt à les nier. C’est tou- Jours Ce qui arrive en pareille circonstance, et Notre- Seigneur ne l'ignorait pas, quand il disait aux Pharisiens de son temps : vous vous appuyez sur les prophètes, leur disait-il, mais vos pères ont tué les prophètes et n’ont pas voulu ajouter foi à leurs paroles.

se 18 —… Un coup de tonnerre.

jl me restait à faire une derniëre démarche, : je l'ai faite. Profitant du passage à Québec de Son Exc. Mgr. Cônroy, le dimanche," 19 mai 1878, entre la messe et les vêpres, jeme rendis à l’äréhévèché avec l'intention de lui demander une audience.

Mgr: Conroy, légat du pape, a été-envoyé d'Irlande au Canada, vers le milieu de 1877, pour régler certaines questions et mettre fin à certains abus ; et on a vu que, dès son arrivée au Canada, j'avais cru devoir l’informer des miracles d’après lesquels, suivant moi, le Rév. Père Arnauld était clairement indiqué comme devant être placé sur le siége de Chicoutimi ; mais je n'ignorais pas qu’on travaillait sous mains pour empêcher que la chose eût lieu

Mgr. Conroy me reçut avec politesse, mais je n’eus pas plus tôt ouvert la bouche pour exposer l’objet de ma visite qu’il se leva en disant qu’il était très occupé à cause du concile et qu’il ne pouvait m’entendre, qu'il fallait lui écrire à ce sujet. Or, il avait reçu de moi plus de cent pages de lettres.

Je vis bien que j'étais en face d’un homine prévenu et que je perdais mon temps ; je n’insistai pas et je sortis, mais, à quelques jours de là. paraissait un article assez fortement écrit que j'ai adressé moimême à tous les évêques de la province de Québec et, en particulier à Son Exc. Mgr. Conroy, et dans lequel, pour la troisième fois, je demardais de nouveau une enquête publique. On ne daigna pas me répondre et j'en appelai à Dieu. de fis dire plusieurs messes à cette intention, et La messe, sachez:le, cest une arme redoutable.

J’eus bi. ntôt la certitude que les obstacles allaient disparaître les uns après les autres; et, en m'ap-

uyant sur certains faits d'une nature mystérieuse, À une époque où nul;nv pouvait encore le prévoir, j'annonçai À plusieurs personnes ef entr'autres à M. Dion, rédacteur du Journal de Québec, qu'avant qu'il fai longtemps une grosse tête, (c'est l'expression dont je me suis servi,) disparaitrait daris:le monde religiéux. Or Sôn ÆExe. Mgr. Conroy est mort, (est mort subitement), le 4 août 1878,le jour même du sacre de Mgr. Dominique Racine, ler évêque de Chicoutimi ; ;et qui osera, dire que ce n’est pas lun. jugément de Dieu et la. prèuve la. plus convaincante qui puisse être qué le Rév. Père Arnauld, de Nôtre-Dume de Bethsidmitz,

avait été réellement désigné par des miracles comme de.

vant être placé sur.le siége qu'occupe aujourdhui Mgr. Racine.

Les responsabilités.

placé, entonré d'homwes inçrédules aprés desquels eurs

d'une affaire qui, au premier abord, pouvait ne pas lui pRraes sérieuse, 1l est facilement explicable qu’il ait été influencé, et on comprend aisément qu'il ne m'ait pas écouté; et les faits sur lesquels je me suis appuyé pour annoncer sa mort, sont précisément de nature à l’excuser jusqu’à un certain point; mais, sans chercher à savoir quelle est au juste sa responsabilité devant Dieu, du moment que, pour une raison ou pour une autre, il n’ajoutait pas foi à mes aroles, il était un obstacle à une œuvre utile et dès ors il devait disparaître. Car, en choses importantes, il ne faut pas se tromper ni se laisser tromper; ilne faut pas surtout qu’un délégué apostolique serve auprès du Pape d’instrument à l'intrigne, et que, par son incrédulité, il empêche la vérité d’être connue. Lui mort, la question n’est pas réglée.

Conclusion.

Maintenant il s’agit de conclure, et je vais conclure: je crois avoir établi sur des raisonnements inattaquables et d'une manière irréfutable, une chose entre toutes, la seule qu’il importe d’abord de prouver, c’est que le Rév. Père Arnauld a été clairement désigné par des miracles comme devant être placé sur le siége de Chicoutimi. Voilà le point capital de la question.

Les preuves que, dans le principe, j'en ai données, pouvaient, je le conçois, ne point avoir pour les autres la même évidence que pour moi, puisqu'elles

s'appuient en partie sur des faits personnels et sur des observations qui, bien que très précises, exigent cependant, pour être saisies, un esprit habitué aux abstractions de la science et plus encore peut-être un esprit non prévenu, mais telles sont, en somme toutes les vérités mathématiques. Elles n’en sont pas

moins des vérités, et les plus certaines des vérités, pour être difficiles à comprendre et pour n'être comprises que du petit nombre; mais c'est précisément parce qu’elles sont difficiles à comprendre et difficiles à prouver, qu’il ne faut pas les nier de prime-abord par la seule raison qu’on ne les comprend pas.

On s'explique très-bien que M. Racine ayant pour frère un évêque de la province de Québec et pour amis tous les prélats canadiens qui ont été ses camarades d'enfance, jouisse auprès d’eux d’une faveur

lus grande qu'un pauvre missionnaire qui a passé a moitié de sa vie au milieu des sauvages, et que, les qualités de l’un étant plus faciles à voir que les vertus de l’autre, ils aient eu la pensée d'élever à l’'épiscopat un homme qui pouvait et devait leur paraitre digne de cet honneur ; on s'explique très-bien que, dans un pays où ils sont rois et maîtres, (et peutêtre d’une certaine façon qu'ils le sont trop,) habitués depuis longtemps à désigner eux-mêmes au choix du Souverain Pontife ceux qui doivent être évêques, ils aient travaillé à faire nommer M. Racine à l’'évèché de Chicoutimi, et qu'ayant travaillé dans ce sens, apprenant tout-à-coup que le Père Arnauld qu'ils n'avaient pas désigné et qu'ils n'avaient pas l'intention de désigner, était sur les rangs, ils n'aient pas reçu tout d'abord comme venant de Dieu une révélation qui renversait leurs plans, et que, dans cette dispo- sition d'esprit, ils se soient systématiquement refusés à tout examen.

- Maïs si la chose est explicable, est-ce à dire que je devais, moi, garder le silence ? Ne fallait-il pas, au contraire, puisque je savais quelle était sur ce point la volonté de Dieu, ne fallait-il pas, à temps et à contre-tlemps, comme dit St. Paul, la faire connaître à ceux qui, maîtres de la situation, pouvaient d’abord

agir de bonne foi et croire qu'il était bien de nommer M. Racine à l'évêché de Chicoutimi ; et peut-on comprendre que desévêques, en face de mes affirmations réitérées, aient refusé de me donner dés jugés quand tout autre moyen manquait de faire Connaître Ia vérité ? | Si, de ma propre antorité, ef sans én apporter aucune preuve, j'étais venu leur dire qu'ils avaient à nommer le Père Arnauld à l'évêché de Chicoutimi, je comprends que, dans ce cas, ils pouvaient passér autre sans s'occuper de mes affirmations; mais je m'appuyais pour le dire sur des miracles dont je prétendais pouvoir taire la preuve ; et, du momeñt que jattribuais ces miracles; non pas à mes mérites, maïs à la puissauce de la messe; du moment qu’à l’appüi do mes paroles, il y avait quatre cents messes, lès rniracles, pour tout homme de foi, devenaient possibles et même probables. Dès lors, il y avait lieu d’exà. miner la chose, et, puisque je demandais cet examen, que .je le demandais publiquement, on n’avait aucune raison de le refuser, d'autant plus quë les miracles, en cette occasion, ont une importancé capitale. Car c'est la réalisation d’une prophétie célèbre, la prophétie de St. Malachie : lumen in cœlo. | Un jour, je l'espère, ‘14 voix ne sera pas étouffée comme elle l’est aujourd’hui, et il me sera possibie d'entrer dans de plus grands détails ; mais, pour le moment, on ne saurait raisonnablement exiger de moi dans les conditions où je suis placé, c'est-à-dire sans argent et sans moyen de m’en procurer, ne pouyant ni parler ni écrire, et, par conséquent dans l'impossibilité de me faire entendre, on ne saurait exiger que j'aille entreprendre une démonstration plus étendue et que je donne aux preuves que j'ai eutre les mains tout le développement qu'elles com

portent. Il suffit d'un miracle qui soit bien clair pour que j'aie le droit de demander au Pape qu’il fasse un acte d'autorité.

- Car c’est au Pape que je m'adresse ; c’est à lui qu’it appartient de voir si, la volonté de Dieu étant connue sur un point précis, elle doit avoir son accomplissement, en un mot si Mgr. Racine doit céder sa place ax Père Arnauld. Je le crois! Car quand Dieu commande, il faut obéir, et l’ordre est en bonne et due forme paraphé et signé. ÆEcce dedi coram :té ostiurr apertum quod nemo potest claudere.

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