DEUXIEME PARTIE
L'Enigme du Sphinx.—Dans le mois de décembre 1877, pendant la heuvaine de l’Immaculée-Conception qui, cette année-là, a été très solennelle à Québec, m'de demandé au père Huyghens, par faveur spéciale, de vouloir bien, neuf jours de suite, célérer li messe à mon intention, il est arrivé qu’à trois réprises différentes, des coïncidences miraculeuses se sont produites dont l’une, chose singulière, portait sur OBdipe, une autre sur la lumière, établissant, d’une manière très-claire pour moi, anérelation mystérieuse entre les sermons que le Rév. Père Mothon prononçait alors dans la Basilique de Québec et les lettres que, ces jours-là mêmes, j’écrivais à Son Exc. Mgr. Conroy.
Ces miracles dont je n’ai commencé à entrevoir la signification qu’à la mort de Pie IX, sont sommairement indiqués dans un opuscule imprimé au Journal de Québec, et qni a paru vers la fin de l’année 1877 ; mais comme, faute d'argent, je craignaïs de ne pas avoir éte assez explicite, j'ai composé, en mars 1878, un autre livre pour tâcher, autant que possible, d'ex-
pliquer les choses ; et plus tard, quelques jours avant la mort de Mgr. Conroy, ayaut obtenu d'écrire sur un journal de Montréal, je demandais publiquement aux évèques de la province de Québec : ‘‘ de nommer une commission composée de six prêtres et de six religieux, choisis n’importe où et n'importe comment parmi les plus incrédules, et à qui, preuves en mains, je me faisais fort d'expliquer ces paroles énigmatiques ‘éumen in cœlo, par lesquelles St. Malachie désigne le pontificat de Sa Sainteté ls Pape Léon XIII. | | è,
* Dieu, disais-je, a si bien arrangé les choses que les preuves abondent et qu’elles sont en dehors de moi, mais pour qu'elles aient toute leur valeur, il faut qu'on appelle en témoignage certaines personnes qui, sans le savoir, jouent un grand rôle dans l’action providentielle, le Rév. Père Mothon entr'antres,” Il importe peu que l’on m'ait cru Jjusqu'ici, et de fait la chose est difficile à croire; mais enfin sion n’admet pas que Dieu puisse intervenir dans les affaires de ce monde et comme il lui plaît, il faut nier toute l’histoire de l'Eglise qui, d’un bout à l'autre, est faite de manière à confondre toutes les idées reçues. de ne demande pas à être cru sur parole; je demande à faire la preuve de ce que j'avance. On ne peut pas me refuser cela. Car enfin si on m'empêche de parler et d’écrire, j'aurai le droit de dire ce quedisait Nicodème aux ennemis déclarés de Jésus Christ: Est-ce donc que notre loi permet de condamner un homme sans l'avoir entendu ?
On ne comprenait pas en 1877, et je ne le comprenais pas moi-même, comment il se pouvait faire «qu'il y eût un miracle sur OEdipe, et je ne savais pas alors ce que cela signifiait. . Le livre que j'ai composé en décembre dernier, indique la chose sans
me
l'expliquer ; mais n'est-ce pas une véritable énigme à deviner que de savoir ce que veut dire la prophétie de St. Malachie ; et d’un autre côté, OEdipe, en arrivant à Thèbes, n'a-t-il pas deviné l'énigme du Sphinx? Et quel est le Sphinx qui dévore le monde, sinôn l’er- reur qui a produit, d’une part le protestantisme, de l'autre le jansénisme avec tous les maux qui en ont été la conséquence äans l'éducation et ailleurs. |
Si je prouve qu'avec des messes j'ai obtenu des miracles, des miracles qui portent précisément sur la confession et sur l'Eucharistie, le mystère de la messe étant admis, le protestantisme a vécu, Or les sermons que le Rév. Père Mothon a prononcés en 1877 dans la Basilique de Québec et qui ont donné lieu à plusieurs miracles, roulent sur ces questionslà mêmes qui séparent les protestants des catholiques. Qu'il les rélise avec attention et ilme comprendra ; ou du moins il admettra qu’il peut y avoir quelque chose, et, dès lors, on m’accordera peut-être ce que je demande avec instance, c’est-à-dire une enquête dans laquelle je mettrai les gens dans l'impossibilité de nier ce que j'avance.
Et l'opposition que je rencontre de la part de ceux qui devraient, ce semble, m'aider, a sans doute pour but, dans les desseins de Dieu, de répondre par avance à des objections qui, sans cela, n’auraient pas manqué de se produire un jour. Car les miracles dont il s’agit, étant la réponse aux négations de Luther et l'explication d’un des plus grands mystères du christianisme, pour que lés protestants fussent éclairés à cet égard, il était de toute nécessité que l'on ne püt pas dire que jé suis d'accord avec le clergé canadien, et la chose est facile à prouver. Dans ces cas-là, Dieu excuse les hommes les uns par les autres. |
Et maintenant je dis aux évêques de la proymce dé Québec : Si quelqu'un, en plus des armes que vous avez déjà, vous donne le moyen de.prouver par des miracles, (on ne convertira pas les protestants sans cela,) de prouver, dis-je, que la religion catholique est la seule vraie et, qu’en dehors d'elle, surtout au Canada, il est à peu près impossible qu'on puisse se sauver, celui-là ést-il votre ami ou votre ennemi ?
- Sans doute que jaitortsi les miracles n'existent pas; mais si lès miracles existent, c’est moi qui; ai raison. Eh bien le seul moyen de vous en assurer,c’est d’accepter la proposition que je fais. SiGharles VII n'avait pas voulu écouter Jeanne d'Arc, puisque c'était à tui qu'elle devait donner une preuve de sa mission, querait pu faire Jeanne d'Arc et que serait-iladvenu de la France? Ce n’est jamais impunément qu'on mé prise ces choses-là quand elles sont vraies. La révélation faite à Louis XIV le prouve surabondammant.
Je ne puis mieux fâire que de vous prendre pour juges, et quand il s’agit dela gloire de Dieu, je. ne vais pas trop quelle raison on peut apporter pour motiver un refus. Si, dans ces conditions, on'me répond par une fin de non recevoir; si on me condamne sans m’entendre, moi qui ne suis pas sans avoir une certaine notoriété et qui peux défendre la vérité; unguibus et rostris, je défie bien à quique ce soit de se faire entendre et croire dans ces sortes de choses.
Maïs dira-t-on peut-être, nous sommes libres d’accepter ou de refuser la proposition que vous faites. A cela je réponds carrément non : ou bien alors, s’il en est ainsi, un général, sur un Champ de bataille, a le droit d'accepter où de refuser l’ordre que lui apporte de la part de son chef un soldat inconnu même quand de cet ordre dépend la victoire ou la défaite, le bonheur ou le malheur d’un peuple.