LE MON
Ce petit endroit, où se livra, le 28 avril 1760, la bataille de Sainte-Foye, entre Lévis et Murray, m“-ite 8 bien qu’on lui consacre quelque attention. ‘Il est à ï propns de recueillir et de conserver les détails historiques et les données particulières qui sont attachés au terrain sur lequel se trouvait érigé le moulin ; de méê- 4 me qu’il est intére propriétaire d’alors.qui, inconsciemment
indre vestige Pour rappeler le petit édifice d’autrefois.
Jean-Baptiste Dumont, négociant de dait en 1759-60, sur les hauteurs d’ demi-lieue de Québec, une au sud-est au chemin de
Québec, possé- Abraham, À une terre et habitation attenant Sainte-Foye, vi-devant Saint- Jean,mais il n’y demeurait pas, étant domicilié en ville. Îl'était originaire du midi de la France, et fils de Vincent Dumont et d’Eléonore Thierry,de St-Caprais, diocèse d'Agen, Le 3 septembre 1742, il épousa à Qué.bec Marie-Joseph de Villedonné, qui lai donna dix-sept
entants,
Comme 8û propriété se trouvait située dans la censive du Roi, il rendit avetl et fit déclaration de tenure fier du domuine en 1756, pour * trois arpens de iugt arpens de profondeur. à la Jean, © so Geneviève, à prenclre du min Sainte-Fove | Charles, bornés r Sarrazin ? (alors Jacques
“et au nord-est aux représentants du d'Artigny ” (alors Îles Dames Religieuses Ursu- Québec. Cf. Déclaration des censiluires de
Re Doie décembre 1756.
Cette terre porte les numéros et 27,du plan du cadastre officiel de la banlieue de Mhéc, et 8e (oi aujourd’hui e jété de feu M. Robert Hamilton (mainte \{, I, A. Fortin) du côté nord-est. et celle de feu M. ite M. Dunscumb, maintenant les héritiers (2 té sud-ouest.
Le monument qui y est érigé 1 l'endroit et repose sur le site même où se trouvai lin, Cette construction était un simple cependant 1] était bâti en pierre et tournai tel qu'étaient les anciens moulins banaux des seigneurs dout on VO a et là des restes de tourelles en maçonnerie premiers temps rain, pour ge de | Prémars 1712,e 1 Pavait vendue le 25 octobre 1734, par contrat devant Mtre pPinguet, notaire. Ceux-ci, Y est-il dit, avaient acquis * cette terre et habitation avec les bâtiments dessus construits pour servir de maison campagne et de recréation atlX pensionnaires n Jement établis en Jeur collège de Ja ville de Québec. ”? Ayant ensuite cuangé de dessein, ils sen départi-
rent par vente à Dumont, du 25 octobre 1741, le même notaire Pinguet et pour le même prix qu’ils avaient etipulé, savoir 4,502 livres, demeurées À rente coüstituée dans les mains du nouvel acquéreur. Singulièrement, on constate que le principal de cette rente fut remboursé suivant quittance devant Mtre Boissean, notaire, du 25 octobre 1752, à notre trop famenx Vergor, Louis Dupont Duchambon, sieur de ergor, comme lui étant advenu du chef de sa femme, demoiselle Joseph Riverin, petite-fille de Charles Per. thius, en vertu de son Contrat de mariage avec lui, pas sé devant Mtre Saillant, notaire, le à juillet 1752. Ensemble eur cette terre il y avait, Compris dans la vente, une maison en l’état où elle se trouvait, une tannerie et accessoires, avec divers ustensiles à son Nsage ; une petite maison Y attenante, moulin À tan et une grange ; tel que le tout avait été passé aux Pères Jésuites, et sujet à la charge d’entretenir le chemin et le pont vis-à-vis sur le ruisseau, le même qui y coule aujourd’hui,
Un sait que la veille de Ja bataille, Lévis avait repoussé de l’église de Sainte-Foye l'avant-garde du colonel Burton et s'était avancé à sa poursuite jusqu’au moulin de Dumont, où il prit poste avec cinq compagnies de grenadiers, à la place de l'ennemi qui l'avait évacué durant la nuit. Ce fut de ce côté et tout près que, le lendemain matin, Murray ouvrit l’attaque avec 20 pièces de CaMpagne et deux obusiers. Les grena:liers résistèrent avec courage, autour et dans le moulin, contre le nombre, les balles et les boulets, mais furent forcés de l’évacuer et de retraiter avant l’arrivée de leurs troupes. En expulsant les grenadiers français avec son infanterie légère Dalling, qui commaudait, s’enhardit et les Poursuivit au-delà.
D’Alquier, lieutenant-colonel de Béarn, comman
devant
US
dant à gauche la 5ème brigade, composée de LaSarre et de Béarn, qui arrivait la dernière: et non encore toute déployée, la porta, à ce moment de lui-même,
uoique blessé, à 12 rescousse des grenadiers qui avec
cette aide firent golie-face et parvinrent à reconquérir
je moulin. Le fort du combat fut Jongtemps engast jà et le moulin et 1a maison de Dumont furent pris et repris avec une attaque et une résistance opiniâtre de part et d'autre. Déployant tous les efturts que le courage et la force puissent mettre en action, tautôt les Ecossais, avec la claymore et la dague, tantôt les grenadiers, avec la baïonnette, prenaient le dessus ; ICS uns entrant alternativement pal les portes et rejetant les autres par les fenêtres ; tant qu'à la fin, les grentdiers toujours maintenus par l’indomptable d’Aiguepitaine, 8e virent réduits à quatorze par
belle, leur ca :, etles Ecossais en même proportion: Les
compagnie, € commandants de part et d'autre arrêtèrent C® duel :
mort, en ordonnant la retraite. C’est ainsi, dit le che-
valier Johnstone, ane Je moulin demeura terrain neutre endant quelque temps.
Alors le brave d’Alquier, quoique atteint de nouvelles blessures, g'adjoignit le reste des grenadiers et ils donnèrent ensembleavecune telleimpétuosité à la baïonnette aur le corps de Dalling;le deuxième Royal-Améri-
| gain, qu'ils le refoulèrent, 1e dispersant sûr \a droite de l'ennemi, masquant par 1à son front et couvrant son feu. Pour s’en dégager, CO fut en vain que Burton, a commandait de ce côté. voulut lui faire reprendre 1 position ; Ce corps fut taillé en pièces, à tel point qu’il fut mis hors de combat pour le reste de la journée et se retira €ll débris à Varrière-garde. Les Français restèrent ainsi finalement maîtres du moulin. Ce n’est pas ici le lieu de signaler pins au autres détails de la brillante victoire de Lévis,et la de-
long les
Sr ie
route complète de Murray, ainsi que la fuite précipitée de ses soldats, abandonnant sur le Champ, canons morts et blessés, Nous les avons Consignés dans les Transuctions de La Société Littéraire et Historique de Québec pour l’année 1900, p. 83.
Qu'il nous suffise de dire que cette bataille fortement disputée et sanglante, coûta cher anx Français, mais leur devint malheureusement une victoire inutile, si ce n’est pour racheter la gloire et le prestige de leurs armes, et démontrer en même temps la vileur vraiment guerrière et efficace des Canadiens.
Car l’arrivée quelques jours après de la flotte anglaise dans la rade de Québec enleva À Lévis tout espoir de secours de France et le força à lever le siège de la ville ct à sauver précipitamment le reste de son armée,
Une victoire sans résultats matériels et tangibles
est bientôt laissée inaperçue, quelque glorieuse qu’elle soit ; et 11 n’était guère utile ni opportun, pour les (anadiens, de rappeler, à la suite de la conquête, les lauriers de Ste-Foye, ni glorieux pour les Anglais de revenir sur leur défaite. On laissa donc dormir en paix les morts des deux côtés, qui reposaient mêlés ensemnble sous le même gazon. Ce ne fut que longtemps après, au bout de 94 ans, que le souvenir des braves qui y ont versé leur sang fut réveillé et que surgit l’idée d’honorer leur mémoire ; et c’est à l’occasion du Moulin de Dumont, dont on voyait encore quelques traces en 1850, et où on avait mis à découvert plusieurs °ssements humains, qui rappelaient le champ de bataï! le, qu’on y commença des fouilles.
Il n’est pas besoin de dire que les divers bâtiments de Dumont exposés à un feu terrible et plongeant, furent rudement ravagés pendant le combat qui dura trois grandes heures. La maison demeura demantelée et toute l’habitation fut dévastée et rulnée,
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