‹ Le moulin de Dumont [microforme]Chapitre 2 sur 2 · RP ES · texte numérisé non relu

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Sans chercher par quelle voie ce qui en restait était assé temporairement après l& conquête entre les mains de Louis-François Borgia Levasseur, qui était propriétaire de la terre vis-à-vis, de l'autre côté du chemin, il

suffit d'établir que celui-ci en fit bail d’une partie pro” venant de Dumont au nommé Samuel Sille, négociant de Québec, par acte passé devant Mtre J. C. Punet, notaire, le 2 décembre 1763, contenant, ÿ est-il dit, “ un terrain vis-à-vis le front de sa terre et gitué du côté nord-ouest du chemin St-Jean, consistant et divisé en trois clos, à une demie lieue de la ville sur le chemin St-Jean, ensemble une maison, grange et étuble,

cour, jardin et dépendances, tenant au nord est aux Ursulines, au gud-ouesi at Côteau Ste-Geneviève. à ditions particulières dans co

On remarque certaines con

bail, entre autres : de réparer la maison, la rendre Locable, y mettre et fournir Les chassis, ” etc.

11 nous semble voir là assez clairement les effets enco-

re apparents et Jes suites des ravages de la guerre.com-

me aussi la preuve d'une habitation bien montée et

entretenue avant la buta On remarquera aussi qu’il n’est pas question du mou-

lin ni de la tannerie dans ce bail. Il est à croire que Dumont n’en à Pas disposé ni du reste de sa

terre, puisqu'on le retrouve P . er ’ eo:2 maître de tout l’ensemble de la p

offre a louer ou à vendre par diverses AN Gazette de uébec, du 15 avril 1779, 5 octobre, 2 et 16

novembre 1780. J1 Ja vante avec ul beau jardin et toutes les bâtisces dessus construites, consistant en un moulin à vent en pierre; qui tourne à tout vent, propre à moudre l'écorce pour une tannerie, le site étant très favorable pour cela, et l'eau qui n'y manque jamais dans lee plus sèches gaisons est la meilleure de la province pour préparer Je cuir, y ayant toujours eu 1à une tan-

nerie : une grange pour les produits de la ferme qui donne à présent Quatre à cinq mille bottes de foin, et peut en rendre beaucoup plus, ?”

À la suite de cette annonce, l’honorable Henry Caldwell, qui se trouvait alors voisin du côté sud-ouest, come représentant lo général Murray, son auteur, acquit de Dumont cette propriété avec les mêmes bornes et étendue, Le voisin du côté nord-est était alors le révérend Josephat Mountain, évêque anglican de Québec, qui représentait Routier, Tapin et les Dames Religieuses Ursulines, —ainsi que le tout appert par acte passé devant Mtre J. A. Panet, notaire, le 10 novembre 1781.

Puis en 1799, le même Ilenry Caldwell, par contrat du 2 février, devant Mtre F. Têtu, notaire, vendit son acquisition à Jean Guillet dit Tourangeuu. Les héritiers de celui-ci firent Partage entre eux,le 6 juin 1850,devant Mtre Michel Tessier, notaire, et cette propriété et dépendances furent départies à Delle Julie Henriette Guillet dit Tourangeau, dont les héritiers et représentants sont aujourd’hui nommément portés au cadastre Officiel de la banliene de Québec comme propriétaires. Et c’est d’eux, comme nous l’allons voir, que la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec à acquis le terrain pour y asseoir le monument à la mémoire des braves

L'initiative de l’érection du monument est duc À feu M. Julien Chouinard, riche négociant de Québec ; Car il avait acquis la Propriété voisine de celle de Dumont, du côté sud-ouest, et représentait l’honorable Henry Caldwell., En 1848,il s’y était bâti une belle résidence de Campagne. Le ruisseau que nous avons mentionné, qui coule là en droite ligne, sépare les deux terres et a creusé un ravin profond.

En construisant la maison et en réparant les clôtures de ligne, souvent endommagées par la crue des eaux

et les éboulis, les travaillants avaient mis à découvert, à plusieurs reprises, des quantités considérables d’ossements humains. Ces restes, ramassés Avec soin, étuient déposés dans une pièce de la maison de M. Chouinard, Ces découvertes furent rapportées à feu M. le docteur Olivier Robitaille, qui était alors et fut longtemps prégident de la section Saint-Jean de la Société Saint-Jean- Baptiste de Québec. Celui-ci rendait souvent visite À son ami à Sainte-Foye, aussi ancien président dela section Notre-Dame de la mème société. et, ensemble, ils parvinrent à éveiller l'attention du public sur ce sujet.

Après une visite des lieux, en septembre 1852, on cemmença, sous les auspices de la Société, et avec l’assistance de M. le Dr Robituille, de M. L. G. Baïllargé et de notre historien national, M. Garneau, à pratiquer des fouilles judicieuses,et l’on put constater par une quantité guffisante d’ossements mis à découvert, qu’on était, à n’en pas douter, BUT le champ de bataille de Sainte-Foye.

La Société Saint-J ean-Baptiste, ayant obtenu la permission de l'autorité religieuse d'inhumer ensemble tous ces restes précieux en erre bénite, la cérémonie en fut faite le 5 juin 1864, avec beaucoup d'éclat et une grande colennité à la basilique de Québec.

Un char funéraire, richement décoré et traîné par six chevaux caparaçonnés de noir, était suivi par Une procession solennelle, et rapporta pieusement de l’église ces touchantes dépouilles, qui furent déposées elsemble dans une foste bénite, creusée à l’endroit mème du moulin de Dumont, en attendant qu'on put y élever un monument digne de la mémoire de ces braves soldats.

La Société Saïint-J ean-Paptiste de la cité de Québec avais été incorporée en 1849, par acte du parlement de ja province du Canada, 12 Vict., ch. 148. Voulant per-

pétucr la mémoire des braves,vainqueurs et Vaincus,qui succombèrent à la bataille de Sainte-Foye, elle avait résolu, dès le mois de mars 1854, de leur élever un monument à l'endroit même du moulin de Dumont, Dans ce but, elle acheta, par acte authentique, devant Mtre Phil. Huot, notaire, le 19 juin 1855, Je terrain néeessaire pour y asseoir le Inonument, et le 18 juillet sui- Vant, en présence de plusieurs milliers de personnes,et avec le concours des autorités civiles et militaires, eut lieu l'imposante cérémonie de la pose de la pierre angulaire du monument par le général Rowan, alors administrateur de la Province,

Le 24 juin 1861, jour de sa fête Patronaie, la Société put aller saluer Processionnellement et en corps la colonne en fonte du Mounment qui venait d'être terminée,

Enfin, le 19 octobre 1863, fut fait l'inauguration de la statue de la Victoire qui eouronne le Monument des Braves 4: 1760, laquelle est un don de Son Altesse Impériale, le prince Jérôme Bonaparte. La cérémonie fut célébrée avec une PoMpe magnifique pur Son Excellence le gouverneur général, entouré de l'élite de la société, ainsi que des autorités religieuses, civiles et militaires et au milieu d’un grand concours et de l’enthousiasme général.

Et, afin de perpétuer son œuvre, Ja Société Saint- Jean-Baptiste de Québec, fit don du monument au public, et obtint de la Législature du Canada, en 1864, un acte Île déclarant propriété publique et monument national.

Nous devons à M. Chouinard, grefiier de la cité de Québec, et petit-fils de M. Julien Chouinard, d’avoir recueilli et publié Les comptes rendus complets des cérémonies qui ont eu lieu à l’occasion des célébrations ‘ue nous avons indiquées ci-dessus.

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