COMÉDIE-VAUDEVILLE EN UN ACTE
(Le théâtre représeiite une partie du parc j au fond est un canal , à la gauche du' spectateur, sur le premier plan, un pavillon fermé; à droite un bosquet avec uu siège et une table de jardin.)
SCE]\E PRËIUÎËRE.
PIERRE , BOETLV
PIERRE
Il faut avouer, madame uion épouse, (jue vous avez uu bien mauvais caractère... on ne peut pas vous l'aire un peu de pcirve sans que vous vous mettiez tout de suite à pleurer... Si vous croyez que vous êtes jolie avec des yeux rouges, vous vous abusez, ma chère amie.
BOETLY.
Il vaut encore mieux être laide que d'être ingrate, entendezvous, monsieur Pierre i* mais vous n'avez jamais su ce que c'était que d'avoir de l'attache...
PIERnE.
Bœtly, pas de provocations aux scènes de ménage, s'il vous plaît... vous savez que quand ça va mal, ça va mal I
BOETLY.
Qu'est-ce qui a donné une pension à vol' père, il y a dix ans?
PIERRE
C'est Sa Majesté l'impératrice Josépliiiie, lors do sou voyage en Suisse, donc...
BOETLY .
Qu'est-ce qui nous a fait venir de not' canton pour vous donner , à vous, la place de premier garçon jardinier de laMalmaison, et à moi la surveillance de la bergerie du parc?
PIERRE
Toujours Sa Majesté l'impératrice Joséphine.
BOETLY.
Qu'est-ce qui nous a mariés et bien dotés à sa fête, il y a deux ans ?
Air du Péage du châtelain [d' u4 médée de lieauplan). N'est-c' pas encore l'impératrice?
Qti'est-c'qui protégea noire amoui Et nous rendit en ce séjour Notre beau chalet? de la Suisse ? C'est encore notre protectrice.
Après tant d' bienfaits maintenant , Vous voulez la quitter po'irlant. {his^i Vous d'vcz descendre au fond d'totrc imc . Vousd'vez vous rap'Ior sn honte Erfair' le bonheur de vot' femme P:tr égard pour Sa Majesté.
riEnnr.
Mais si j'veux avoir ia place de p,arçon jardinier , qu'est vacante aux Tuileries , c'est pour être près de l'empereur... ça n'sort pas du ménage... après ça, lu me diras (jue l'empereur n'est plus le niari de sa lemmc... attendu que Sa Majesté Napoléon s'a divorcée, qu'elle s'a remariée... mais , est-ce que ses alFaires de famille me regardent? Il fait ce qu'il veut le yrand homme, moi, je me contente de l'admirer et de marcher sur ses traces.
(Il se promène d'un air important, les mains derrière le dos.) BOETLY.
Oui, et de le singer.
PIERUE.
Vous croyez rire, Bcetly, mais ou m'a toujours dit que l'enqiereur avait quelque chose de moi, et j'ai lieu de le croire ; d'abord il moissonne les lauriers pa":^o:it... et moi j'en cueille quelquefois ({uand c'est la saison... ensuae j'élève des grenadiers... dans mon jardin, s'entend. ..
Air f^'audeuitle du Premier Prix.
Aussitôt que le soleil brille Pour cmhellir c't' habitation , J' les fais ranger là d'vant la grille, Kl l'été j' les laisse en faction.
Ceux <r l'emp'reur toujours en service D'eux sans doute ont plus fait parler.
Les miens font moins bien l'exercice, Mais au moins je n' les laiss' pas g'ier
BOETLY.
Eh bien ! qui vient donc là ?
PIERRE
Eh ! c'est le sergent qui commande le poste et avec qui j'ai renoué connaissance en buvant la goutte à IMarly... H n'est pas gêné... il se promène dans le parc.
BOETI.V.
Ah ! mon Dieu, Pierre, j'ai oublié de te dire aussi, tu me fais toujours des ([uerelles.
PIERRE
11 vient par ici I c'est lui qui m'a appris (pt'il y avait une place vacante aux Tuileries.
BOETLY.
Lui
SCKWE II.
Les. mêmes, KEiNAIjI).
RE>AVn, riilrr m r/inntnfil.
Ain ' Les Kinsct liks sont isoles , (loiirant p.irlonl sans savoir on A deux lii-ues de Vienne étant arrives L«'iir empcriruf i hcichc .i su bnuver.
alk
\ {bi* )
De la peur qu'il a
II dit à Murât : Qu's'il voulait la paix, il allait la signer j Les Français vont s'en retourner En France couverts de lauriers.