‹ Le moulin de Jemmapes. Vaudeville historique en un acteChapitre 2 sur 37 · DEUXIÈME COUPLET · texte numérisé non relu

DEUXIÈME COUPLET

Qui a composé la chanson ? i (i- \ C'est un dragon z'étant en prison J ' Pour avoir mangé Du canard privé.

Encore a fallu qu'il l'aurait payé, Il a composé la chanson En l'honneur de Napoléon.

{A Pierre.) Bonjour, consent...

PIERRE

Bonjour, M. Renaud ; qu'est-ce que vous venez faire ici ?

RENAUD

Cane te regarde pas, pékin.

PIERRE

Est-il boa enfant ?

RENAUD, regardant Bœtlj.

Quiens ! qu'est-ce que c'te petite brunette?

PIERRE

Ça ?.. c'est rien, militaire, c'est ma femme ..

RENAUD

£h ! mais effectivement, c'est la petite Bœtly; est-ce que vous ne me reconnaissez pas?

BOETLY.

Moi ?

Antoine Renaud.

R 'connais le donc

RENAUD

PIERRE , à Çœtlf.

RENAUD

Qui était en garnison à Besançon quand vous y avez passé.

PIERRE , à Bœtly.

Veux-tu bien le reconnaître tout d' suite?

BOETLY.

M. Renaud qui nous contait de si drôles d'histoires?

PIERRE

Oui ! ses batailles... elle appelle ça des drôles d'histoires... c'étaient ses batailles à c't' homme !

BOETLy.

Dame! vous n'avez plus le même uniforme.

RENAUD

C'est que, voyez-vous, mon enfant, dans ce temps-là on était dans la ligne.... gobe-choux. . bvùle-pavé.... soldat de fatigue... maintenant on est dans la garde, d' service auprès du patron... et

fcsant sa faction dans le* château , au milieu (Ks cliauibcllans et des rois.

pierhe.

Au milieu des roues., vous voulez dire des rois?

nENÀCD.

Oui, des rouais; au dernier mariage, il y en avait un tas dans la salle des maréchaux... que j'ai été obli^jé de leur dire : Messieurs , s'il vous plaît, pas de rassemblemens... vous empêchez le service.

PIEBRE.

Vous leur avez dit ça... et vous voyez souvent l'empereur ?

IVENACD.

Qui ça, Jean-d'-l'Epée?. . Tous les jours, quand nous sommes de {jarde... nous lui présentons : Armes! et il passe... Bon enfant!

piehre.

Et il vous connaît?

RENAUD

Oui , il sait mon nom.

PIERRE

Vol' nom de Renaud... voulez-vous nie permettre de vous cu\brasser ?

RENAUD

Non, j'aime mieux embrasser vot' femme.

PIERRE

Ahl embrassez- là... Tu peux te laisser embrasser, Hœlly... L'empereur sait son nom'... c'est pas l'embarras . il me connaît aussi, moi, ce grand homme ; est-ce qu'il ne daigne pas venir quelquefois .se promener dans les allées du parc ? iViou Dieu ! quand donc que j' serai employé aux Tuileries?

BOKTLV.

Est-il ambitieux !

PIERRE

Eh I bien oui, je le suis I Et pourquoi pas? l'empereur l'est bien.

Eh 1 ben oui , mais l'Empereur n'est pas bête , lui.

PIERRE , riant.

Ob ! guernadier malin... je comprentls ce que vous votilez dire , allez.

UENAlin.

Quant à vol' place de j;ar(,on jardina r dis Tuileries, vous ne pouvex, pas y songer... jtarce que celui «pii rocciq>ait et qui est défunt, a laisse- une' fillt; , et le père Thouin, le niailre jardinier, (pii est un bon honune , a tlil (pi'on n'aurait la place «pi 'eu épousant la liUe.

DOETLY.

Ma... entendez-vo ?

PlllIlRE.

Eh! bien, mais, tiens, tiens, tiens , le guerna.liei me donne l.ï uuc idée.

BOETLY.

Comment, une idée , qu'est-ce que c'est que c't'idée ? je veux le savoir.

PIERRE , aifec gravité.

Vous le saurez, Bœtly. .. peut-être .. plus tard...

BOEïLY.

Tout d' suite !.. Ah ! si je croyais que... je t'arracLerais les yeux.

PIERRE

Bœtly ! Bœtly, je vous défends de vous porter jamais à ce genre d'extrémités.

REISAUD , se plaçant au milieu d'eux.

Du calme, ventrebleu ! {Les prenant tous les deux par dessous le bras.) Bœtly, vous êtes un enfant. . Tous, Pierre, vous êtes, je vous l'ai déjà dit... il ne faut pas se répéter.

PIERRE

Oui, M. Renaud.

RENAUD

Vous resterez tous deux à la Mahnaison, près de l'ancienne*.. On dit que c'est une brave femme... moi , je n' la connais pas... mais j'aurais pas été fâché de faire sa connaissance , parce qu'on dit aussi comme ça que l'Empereur ne lui refuse rien , et j'ai à lui communiquer un petit bulletin daté des Pyramides... Mais j'ai du malheur... Pour la première fois que je suis de garde à la Malmaison, la bourgeoise est absente.

PIERRE

Absente I l'impératrice !

BOETLY, vii^emenl.

Oui, oui, oui, absente ! elle est partie pour son château de Navarre.

RENAUD

Cette nuit.,, c'est ce qu'on m'a dit.

PIER1E

Pas possible I

BOETLY, passant du coté de Pierre.

Mais si, c'est possible! Veux-tu bien te taire, maudit bavard!

PIERRE

Comment, elle est partie !

Puisque je le tiens du concierge lui-même, uu gros court, qu'a une petite voix. . . bel homme!., c'est pour ça que je me suis risqué un peu dans le parc... sans ça, comme on dit qu'elle s'y promène seule souvent , je n'aurais pas voulu m'y compromettre.

PIERRE

Elle est partie ! {^ part.) Si l'impératrice fait des cachoteries avec moi, j'ai l'air d'être un étranger dans la maison, c'est inconvenant.

BOETLY, has, à Pierre.

Je t'expliquerai cela , mais sois discret.

PIEUIIE.

Ca ne s'ra pas difiicile.

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