DEUXIÈME COUPLET
Qui a composé la chanson ? i (i- \ C'est un dragon z'étant en prison J ' Pour avoir mangé Du canard privé.
Encore a fallu qu'il l'aurait payé, Il a composé la chanson En l'honneur de Napoléon.
{A Pierre.) Bonjour, consent...
PIERRE
Bonjour, M. Renaud ; qu'est-ce que vous venez faire ici ?
RENAUD
Cane te regarde pas, pékin.
PIERRE
Est-il boa enfant ?
RENAUD, regardant Bœtlj.
Quiens ! qu'est-ce que c'te petite brunette?
PIERRE
Ça ?.. c'est rien, militaire, c'est ma femme ..
RENAUD
£h ! mais effectivement, c'est la petite Bœtly; est-ce que vous ne me reconnaissez pas?
BOETLY.
Moi ?
Antoine Renaud.
R 'connais le donc
RENAUD
PIERRE , à Çœtlf.
RENAUD
Qui était en garnison à Besançon quand vous y avez passé.
PIERRE , à Bœtly.
Veux-tu bien le reconnaître tout d' suite?
BOETLY.
M. Renaud qui nous contait de si drôles d'histoires?
PIERRE
Oui ! ses batailles... elle appelle ça des drôles d'histoires... c'étaient ses batailles à c't' homme !
BOETLy.
Dame! vous n'avez plus le même uniforme.
RENAUD
C'est que, voyez-vous, mon enfant, dans ce temps-là on était dans la ligne.... gobe-choux. . bvùle-pavé.... soldat de fatigue... maintenant on est dans la garde, d' service auprès du patron... et
fcsant sa faction dans le* château , au milieu (Ks cliauibcllans et des rois.
pierhe.
Au milieu des roues., vous voulez dire des rois?
nENÀCD.
Oui, des rouais; au dernier mariage, il y en avait un tas dans la salle des maréchaux... que j'ai été obli^jé de leur dire : Messieurs , s'il vous plaît, pas de rassemblemens... vous empêchez le service.
PIEBRE.
Vous leur avez dit ça... et vous voyez souvent l'empereur ?
IVENACD.
Qui ça, Jean-d'-l'Epée?. . Tous les jours, quand nous sommes de {jarde... nous lui présentons : Armes! et il passe... Bon enfant!
piehre.
Et il vous connaît?
RENAUD
Oui , il sait mon nom.
PIERRE
Vol' nom de Renaud... voulez-vous nie permettre de vous cu\brasser ?
RENAUD
Non, j'aime mieux embrasser vot' femme.
PIERRE
Ahl embrassez- là... Tu peux te laisser embrasser, Hœlly... L'empereur sait son nom'... c'est pas l'embarras . il me connaît aussi, moi, ce grand homme ; est-ce qu'il ne daigne pas venir quelquefois .se promener dans les allées du parc ? iViou Dieu ! quand donc que j' serai employé aux Tuileries?
BOKTLV.
Est-il ambitieux !
PIERRE
Eh I bien oui, je le suis I Et pourquoi pas? l'empereur l'est bien.
Eh 1 ben oui , mais l'Empereur n'est pas bête , lui.
PIERRE , riant.
Ob ! guernadier malin... je comprentls ce que vous votilez dire , allez.
UENAlin.
Quant à vol' place de j;ar(,on jardina r dis Tuileries, vous ne pouvex, pas y songer... jtarce que celui «pii rocciq>ait et qui est défunt, a laisse- une' fillt; , et le père Thouin, le niailre jardinier, (pii est un bon honune , a tlil (pi'on n'aurait la place «pi 'eu épousant la liUe.
DOETLY.
Ma... entendez-vo ?
PlllIlRE.
Eh! bien, mais, tiens, tiens, tiens , le guerna.liei me donne l.ï uuc idée.
BOETLY.
Comment, une idée , qu'est-ce que c'est que c't'idée ? je veux le savoir.
PIERRE , aifec gravité.
Vous le saurez, Bœtly. .. peut-être .. plus tard...
BOEïLY.
Tout d' suite !.. Ah ! si je croyais que... je t'arracLerais les yeux.
PIERRE
Bœtly ! Bœtly, je vous défends de vous porter jamais à ce genre d'extrémités.
REISAUD , se plaçant au milieu d'eux.
Du calme, ventrebleu ! {Les prenant tous les deux par dessous le bras.) Bœtly, vous êtes un enfant. . Tous, Pierre, vous êtes, je vous l'ai déjà dit... il ne faut pas se répéter.
PIERRE
Oui, M. Renaud.
RENAUD
Vous resterez tous deux à la Mahnaison, près de l'ancienne*.. On dit que c'est une brave femme... moi , je n' la connais pas... mais j'aurais pas été fâché de faire sa connaissance , parce qu'on dit aussi comme ça que l'Empereur ne lui refuse rien , et j'ai à lui communiquer un petit bulletin daté des Pyramides... Mais j'ai du malheur... Pour la première fois que je suis de garde à la Malmaison, la bourgeoise est absente.
PIERRE
Absente I l'impératrice !
BOETLY, vii^emenl.
Oui, oui, oui, absente ! elle est partie pour son château de Navarre.
RENAUD
Cette nuit.,, c'est ce qu'on m'a dit.
PIER1E
Pas possible I
BOETLY, passant du coté de Pierre.
Mais si, c'est possible! Veux-tu bien te taire, maudit bavard!
PIERRE
Comment, elle est partie !
Puisque je le tiens du concierge lui-même, uu gros court, qu'a une petite voix. . . bel homme!., c'est pour ça que je me suis risqué un peu dans le parc... sans ça, comme on dit qu'elle s'y promène seule souvent , je n'aurais pas voulu m'y compromettre.
PIERRE
Elle est partie ! {^ part.) Si l'impératrice fait des cachoteries avec moi, j'ai l'air d'être un étranger dans la maison, c'est inconvenant.
BOETLY, has, à Pierre.
Je t'expliquerai cela , mais sois discret.
PIEUIIE.
Ca ne s'ra pas difiicile.