LA COMTESSE, JOSÉPHINE
LA COMTESSE
Je m'étonne, madame, de vous trouver ici , sachant que l'impératrice avait emmené à son château de Navarre toutes les dames de sa suite.
^ JOSiÉPHINE.
L'honneur que j'ai de vous recevoir, m'empêche de regretter ce voyage.
LA COMTESSE
Je suis curieuse de visiter le ciiâtéau habité par celle dont on vante partout la grâce et la bienfaisance.
JOSÉPHINE
Ce n'est point à la JMalmaison qu'il faut s'attendre à trouver le luxe, l'éclat et les plaisirs; c'est auprès de la nouvelle impératrice ipi'il faut aller les clierclicr.
LA COMTESSE , souriant.
Qui, <lonc, madame, s'oppose à ce <{ue vous veniez en jouir vousmême à la cour de Marie-Louise? bien que la comtesse de (Mievcuse ne s'y soit point présentée encore, je sais qu'elle y est dans la plus haute estime, et que l'empereur en fait le plus grand cas.
JOSÉPHINE
Il m'est interdit d'y paraître, madame, tant que Joséphine n'y sera point admise.
LA. COMTESSE
.Te vous comprends: votre fidélité à votre maîtresse vous fait honneur; mais c'est peut-être pousser le dévouement un peu loin. La première épouse de Napoléon peut-elle se trouver auprès de la nouvelle impératrice?
JOSÉPHINE, souriant.
Croyez-vous donc cela impossible? Ce fut, m'a-t-on dit, l'un des vreux les plus ardens de l'empereur, et l'obstacle ne vient point de... Jos<'phine.
LA COMTESSE
Non ! un semblable vccu ne peut se réaliser.