‹ Le moulin de Jemmapes. Vaudeville historique en un acteChapitre 25 sur 37 · CI.ORIKDE · texte numérisé non relu

CI.ORIKDE

Absent ! .,

DUVERNET

Lui serait-il arrivé quelque malheur ?

GEORGES

Je peux vous l'avouer à vous, mon colonel... le citoyen Anatole nous avait enrégimentés... il nous animait par son courage... nous allions partir... quand au moment de quitter Paris...

Air : Un Pugc aimait la jeune Adèle.

Un muscadin ose insulter la France , Vlà qu'.iussitôt notre chef courroucé De ce propos , lui demande vengeance.

Ils s'hatt'nt tous deux , Anatole est blesse...

CLORINDE

Anatole blessé!...

DU VER NET , avec forcc.

Eh ! quoil,.. se battre. . ah! coupable furie !- Il a perdu ses droits à nos regrets ; On ne doit pas risquer ainsi %a vie , Quand les ennemis sont si près !

CLORIKDE.

Est-ce que sa blessure serait dangereuse

GEORGES

Non, mon officier, mais elle aurait pu le devenir, si! s était exposé aux fatigues de la route.... iMoi, voyant que le chef allait manquer à Tappcl, j'ai demandé à mes camarades s'ils voulaient m'accepter pour remplaçant Oui,

qu'ils m'ont dit tous^ alors j'ai commandé le mouvement de marche, les bagages au bout du bâton, et en route...

Air : Quand nous y vivions ensemble.

Sans pain , sans argent , sans ressource ,

Nous quittons Paris gaîment ;

Mais chacun offrait sa bourse

A notr' joyeux régiment.

Dans c' voyage plein de charmes ,

Les jeunes gens nous suivaient.

Les mères versaient des larmes ,

Les vieillards nous bénissaient.

Le soir, dans chaque village.

Les belles nous traitaient bien ,

En faveur de notr' couragQ ,

Eirs n' nous r' fusaient jamais rien.

Souvent au son d' la musette ,

En ch'min nous étions r'conduits.

Nous n' buvions que d' la piquette ,

Mais à la gloir' du pays.

Pendant le trajet, sans doute,

Quelques-uns d' nous s'égaraient,

Mais, s'ils manquaient d' feuill' de route ,

Vos victoir's nous en servaient.

(>'(• f iierr* a ]>oiii' doiis fies cliai'iae» ;

F,l si tous nos combattan»

Contr' les cnn'niis manquaient rl'arnrift,

Nous en trouv'rons dans leurs camps.

Si les rois qu' la'liainc attire ,

Ont mis V pied sur V sol français ,

Ensemble, allons les reconduire

Jusqu'au fond de leurs palais.

DfVERNET.

^ ous VOUS ctcs conduit en brave, mon ami ^ quant au citoyen Anatole, tous les projets que j'avais formés sur lui .«ont à jamais rompus....

CLORINDE

Eh quoi, ninn frère;*...

PLVERNET.

Ma .sœur n'y doit plus penser.... Le lieutenant-général comptait sur ce renfort qui devait faire partie de sa division.... Il blâmera la conduite de Dercy , — lui, (jui n'a jamais manqué de se trouver au poste que lui assignait Ihonneur.

G-EORGES.

Pardon , colonel... Mais quel est le nom de celui qui doit nous commander?

DUVERNET

C'est un de ceux qui, par leur ran.f^ et leur naissance, devaient craindre, plus que tout autre, les suites de notre révolution, et qui, cependant, l'un des premiers, embrassa avec chaleur la cause de la liberté.... C'est le compa.j^non d'armes de Dumouriez, de Kellermann : enfin, celui qui partaf^ea .sa victoire à Valmy....

GEORGES, la main au chapeau.

Je comprends, mon colonel,... c'est Monsieur Chartres... Ah! j6 vais être fier de servir sou» se» ordres!...

DUVERMET.

Je vois que vous le connaissez bien....

GEORGES

J'ai de bonnes raisons pour ne jamais roublicr.... A Vendôme, je lui dus la vie.... Précipité dans la Loire, j'allais périr victime d'une imprudence, car un tourbillon allait m'engloutir^... personne n'osait voler à mon secours^... lui seul, brava le danger, et me ramena sur le bord, au bruit des acclamations de la foule

Air : du Mariage extravagant

Pour éterniser en mém'' temps Le bienfait et la reconnaissance De Vendôm' tous les habitans Lui votèrent un' récompense.

Quoique prince, il sut me'riter Des Français un' couronn' civique, Vu qu' dans un temps de république C'était la seul' qu'on pût porter,

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