‹ Le mouron rouge, 1792Chapitre 13 sur 35 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

l'un ou l'autre

Les quelques mots, que Marguerite était parvenue à déchiffrer sur le papier à moitié consumé, semblaient être à la lettre les paroles du Destin. « Partirai moi-même demain... » Elle avait facilement lu cette phrase : une grosse tache, causée par la fumée de la chandelle, effaçait les lignes suivantes ; mais tout en bas de la feuille, il y avait une autre phrase, qui maintenant lui dansait devant les yeux, aussi claire et aussi distincte que si elle avait été écrite en lettres de feu. « Si désirez encore me parler, serai dans la saUe du souper à une heure précise. & Le tout était signé du petit emblème, rapidement griffonné, la fleurette en forme d'étoile, qui lui était devenue familière. Une heure précise ! Il était maintenant près de onze heures, on dansait le dernier menuet. Sir Andrew Ffoulkes et la belle Lady Blakeney dirigeaient les couples dans ses diverses figures si gracieuses et si compliquées.

Près de onze heures ! Sur la console de bronze doré, les aiguilles de la jolie pendule Louis XV paraissaient avancer avec une rapidité folle. Deux heures de plus et son sort et celui d'Armand seraient fixés. En deux heures elle devait décider si elle conserverait pour elle seule ce qu'elle avait appris

Page 1