SCENE V
JULIEN
Bah ! elle a consenti ?
HENRY
Chutî
Salut, mon lieutenant.
HENRY
Bon appétit, mes braves...
U sort par le fond, à gauche.
TOUS
Merci, mon lieutenant !
JULIEN
Allons, messieurs, la main aux dames... mettez vos gants blancs...
Il roule un petit tonneau, qui va frapper les jambes de La-
garcelte.
LAGARCETTE.
Eh bien... qu'est-ce que c'est?
JULIEN
Ça, mon oncle, c'est un fauteuil à roulettes... seulement il n'y a pas de tabouret de pieds.
TOUS
A table, à table!...
Tous prennent de quoi manger et vont s'asseoir sur les caisses et les hallots ; Rouget se place avec des Matelots sur ceux qui se trouvent entre les deux portes de gauche; l'Escarbot sur uue chaise, devant eux, plus sur l'avant-scène; Julien seul reste debout; Lagarcette est assis sur le petit tonneau qui lui a élé donné par son neveu ; l'Esturgeon est à droite ; les Matelots garnissent le fond.
l'escarbot.
Vous aller déjeuner? je vous laisse.
Par exemple, s'en aller ! reste donc, je vous invite.
l'escarbot.
Eh bien ! j'accepte.
julien, lui donnant un morceau de pain et de pâté.
Tenez ; prenez garde de casser votre assiette...
l'Escarbot va prendre sa place dans l'indication précédente. l'escarbot.
Ah ! ça, mais dites-moi, c'est donc votre lieutenant qui est chargé de faire de nouvelles recherches sur le corsaire VAriel?
LAGARCETTE.
Oui, et c'est mon neveu Julien qui fait les écritures du lieutenant- mais on ne découvrira rien, c'est moi qui vous le dis.
l'escarbot.
Ah bah! Pourquoi donc?
TOUS
Oui, pourquoi?
julien, Chut! Parlez pas de VAriel devant mon oncle ; ce nom-là lui fait froid jusque dans les mollets, l'escarbot.
Comment! un vieux dur à cuire comme lui, avoir peur d'un pirate !
* Ah bien oui! un pirate! mon oncle assure que c'est le Voltigeur hollandais.
LAGARCETTE.
Chut, petit ï
l'escarbot.
Quoi ! ce vaisseau fantôme qui a un équipage d'âmes en peine et le diable pour capitaine? Comment! père Lagarcette, vous pouvez croire à des choses aussi incohérentes !
LAGARCETTE,
Ah ! gabelou ! motus là-dessus ! c'est pas à de mornes de ton gabarit à mécaniser les croyances des anciens.