SCENE I
LAGARCETTE.
N*esl-ce pas? c'est un brave garçon, mon neveu?
BERTIIAUT.
Et avec cela, rintelligence la plus vive ! Je ne serais pas étonné de lui voir un jour porter l'épaulette. LAGARCETTE, ttvec transport.
Vous croyez?... mon neveu officier ! Je servirais sous mon neveu! Ah! mille noms, si j'avais ce bonheur! BERTHAro, souriant.
Vous ne craignez donc pas, si cela arrivait, que Julien ne prît sa revanche des corrections maritimes que vous lui infligez ? car, entre nous, vous avez toujours la main levée sur ce pauvre garçon. Ça n'est pas bien. LAGARCETTE , étonné et avec sensibilité.
Comment!... mais vous oubliez alors que le petit n'a plus de famille. Je suis son seul parent, je doism'occuper de son éducation. Qui est-ce qui le soignera donc ce pauvre enfant, si c'est pas moi?... je lui enseigne les vrais principes du métier.
BERTIIAUT.
Avec accompagnement de coups de garcetto.
BALANDIER
Ah bah!
LAGARCETTE.
Pour qu'il les retienne... fautsavoircequec'estqu'un mousse.
Air : Que votre maîtresse est heureuse. C'osl gentil, mais ça n'a pas d'téle, Ça n'garderien dans son esprit, Tandis qu'au moyen d'Ia garcette Ça resl' comm' si c'était écrit.
Ça reste trop.
BBRTHACT.
Et Julien dit :
Qu'il trouve dans votre autographe...
LAGARCETTB.
Queuqu' leltr's de. trop ? Ah! oui ! j'comprends; Ça, c'est la faute de mes parens, Qui n'na'ont pas appris l'orJographe.
Je n'sais pas un mot d'orlographe.
BÂLANDIER.
A sa place, je vous conseillerais d'apprendre à lire. Il m'intéresse ce jeune nautouier.
LAGARCETTE.
Il est certain que c'est lui qui nous a prévenus, et M. Henry a obtenu du commandant une embarcation avec quoi que j'ai fait remorquer le Commerce jusqu'au quai, où on finit de le décharger.
BALANDIER, SalUMUt.
Recevez mes félicitations, monsieur, je vous prie.
LAGARCETTE.
Couvrez-vous donc, monsieur, et ne vous gênez pas pour moi... si vous voulez fermer votre parapluie...
BALANDIER
C'est juste... {Il le ferme.) J'ose à peine le quitter, monsieur; depuis trois jours que je suis arrivé à la Guadeloupe, j'ai déjà reçu cinq averses et quatre coups de soleil.
LAGARCETTE.
En effet... monsieur est un peu avarié.
BALAISDIER.
A propos d'avaries , j'espère que la cargaison n'en aura pas.
LAGARCETTE.
Oh ! que non, tout sera sauvé.
BERTHAUT
Tant mieux ! celte pauvre demoiselle Jenny a si peu de bonheur.