SCENE XI
JULIEN, se relevant.
Oui! eh bien! c'est ce que nous verrons... M.II.Miry va arriver, et il ne consentira jamais à laisser sa cousine entre vos mains... il se fera plutôt tuer.
TINCENT.
Qu'à cela ne tienne, je le tuerai !
JULIEN-, frémissant.
Ah! c'est là ce que vous voulez, un duel ! parce que vous êtes sûr de votre coup ?
VINCENT
Parfaitement sûr.
JULIEN, hors de /♦«.' Oui... mais, c'est pas mon lieutenant qui vous tuera, c'est moi.
VINCENT, riant.
Toi? ah ! voilà qui est plaisant.
JULIEN
Ça vous étonne, parcequcje nesuisqu'unmousso,ua enfant, et que vous êtes un gredin redouté de tout le monde , parce qu'avec une main vous pouvez m'écraser... Mais on abat bien un tigre avec une balle. VINCENT, jetant son cigare avec colère.
Assez, mousse ! la patience m'échappe à la fin...
JULIEN
Et à moi aussi, elle m'échappe, car moi aussi vous m'avez insulté.
VINCENT
Toi!
JULIEN
Am : J'ai vu le Parnasse des dames.
Oui, moi, car malgré ma colère, j'ai prié que vous m'excusiez Pour celle qui soigaa ma mère;
88 ACTE ri,
Je viens de pleurer à vos pieds, J'ai serré la main qui l'encbaîne, Et quand on se sent un peu d'coeur.
Serrer voire main dans la sienne Esl-c' que c'n'est pas un déshonneur ?' Allons donc, c'est un déshonneur!
VINCENT, avec mépris.
C'est-à-dire que tu veux me demander raison?
JULIEN
Un duel!... avec lui!... {Riant d'un rire amer, et le regardant en face.) Ha ! ha ! lia ! mais c'est toi qui es fou!... Avec un homme de cœur, on peut se battre, Vincent; mais avec une vipère, on l'écrase!... Il s'élance vers le fond et saisit le fusil laisse par l'Ëscarbot.
Que vas-tu faire?
JULIEN, très^simplement.
Je vas vous tuer.
TINCENT,
Malheureux !
JULIEN, égaré de colère.
A genoux, Vincent, et demande pardon à Dieu!... car c'est fini de toi !... à genoux!
SCENZ: XIZ.
JULIEN, LAGARCETTE, VINCENT.
LÀGÀBCETTE, paraissant ait fond. Avec îin cri, et
relevant le fusil.
Eh bien f qu'est-ce que c'est que ça ?
JULIEN
Otez-vons, mon oncle... ôtez-vousf
tAGARCETTE.
Veux-tu bien, double gueux!...