‹ Le Mouton enragé, pièce en 1 acteChapitre 3 sur 4 · I.E MOUTON ENRAGÉ · texte numérisé non relu

I.E MOUTON ENRAGÉ

pâle, oui, oui, oui. — Tout cela est bon pour jouer. — Certainement, Ernest a eu tort. Mais enfin ce n’est pas une raison, et j’aime mieux rester Moutonnelte. Dieu, qu’il fait chaud! — C’est ce voile (aie le retire) et puis, c’est bêle. — cet argent — ce portefeuille, — ça fait quelque chose. — Non, parole, on ne sait pas assez ce que c’est que de refuser un portefeuille garni. — On devrait élever les petites filles à ça. Mon Dieu qu’il fait

Chaud ! (Elle dégrafe sa collerette dans une glace, pousse un cri, et se retourne vers la troisième fenêtre.) L’ûffbcier. .. — qui... — qui arme son tclescopo. *— (Elle voudrait pourtant bien refermer cette troisième fenêtre, mais il faut traverser la chambre, embarras et jeu do

scèoe, elle se blottit derrière une chaise. ) Voilà ce que cesi que

d’enfermer une femme. Oh! Ernest. En voilà une position. (Elle regarde à travers les barreaux de la chaise.) C est qu’il est

très-bien. Je ne l’avais jamais tant vu. — Diables de moustaches. (On entend la ritournelle.) Cet air, filais C’CSt Paul. (Émue, elle s'élance vers son ficha. •• qu’elle remet tout en écoutant; une lettre roulée sur une pierre vient tomber dans sa chambre.) UllG l0ttT0 ! (Elle va pour la ramasser, et hésite.) Eil bitfll ! QUOi ! C’CSt UÏ16 lettre, —

une lettre comme les autres, il m'invite à dîner. Oh, il n’y a pas de danger que je la lise. — Non, je ne la lirai pas. Allons ne fais donc pas de manières... tu en grilles

d’envie (Elle r ouvre et lit.)

AIR

Te souvient-il de ce joli village,

Sans tours, ni parc, avenue ou château,

On l’aurait pris pour quelque barbouillage De Lambinet ou de monsieur Corot.

Les deux gamins s’aimaient comme deux bêtes, lis couraillaient en chantant leurs chansons,

LE MOUTON ENRA.0 É.

Cherchant des nids, ne trouvant que fleurettes.

Et doux baisers à travers les buissons.

Comme ils s’aimaient!... Parfois les vieilles femmes, A qui cela rappelait leurs beaux jours,

Disaient : Allez en paix! ô douces âmes,

Dieu rit là-haut de vos chastes amours.

Et puis voilà que le temps qui s’envole.

Changea tout ça. Pourtant c’était bien bon !

Je grandissais, tu devenais moins folle,

Et ta grand’ mère allongeait ton jupon.

Puis il fallut choisir une carrière,

Quitter mon chien Médor et tes doux yeux.

Te souvient il qu’un soir à la clairière,

J’allais pleurant te faire mes adieux,

Tu me promis de venir dans la plaine,

Causer avant mon départ pour Saint-Cyr,

T’en souvient-il?

•Elle déchire la lettre.

Monsieur le capitaine,

Je ne veux pas par trop me souvenir !

Ah ! c’est mieux, et voilà que je n’ose plus approcher pour fermer la fenêtre... il faut la fermer pourtant... Moutonnet'e, tu le dois, tu le dois à Ernest, tu le dois au monde.à la morale, à la société. — à toi-même. — Moutonnette, allez fermer la fenêtre. (en moment.) Ah! mon Dieu ! que fait-il? il a attaché une corde au balcon... il va se tuer. — Paul, ah ! il est tombé sur la gouttière, mais c'est ma chambre.

Ello ouvre vivement la fenêtre, face au public, on la voit daus la chambre*

— Je vous en prie, Paul, partez !

— Eli bien, oui. mais plus tard, je vous en supplie.

— Oh non!., si vous saiiez!

— Comment, un baiser, vous u'y pensez pas.

Ritournelle à l'orchestre, puis le bruit d’un baiser, au même moment, un bruit de clef dans la serrure de la porte d'entrée»

Ciel ! Ernest.

Elle court et mot le verrou.

ERNEST, en dehors.

Moutonnette, ouvre, — c’est moi... Ernest... Je me suis aperçu que je t’avais enfermée, je te demande pardon, ouvre-moi

FAX N Y.

Jamais !

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