‹ Le mouton [microforme]Chapitre 3 sur 52 · INTRODUCTION A LA PREMIÈRE EDITION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A LA PREMIÈRE EDITION

Cédant à l'invitation pressante de quelques amis de la cause agricole et, en même temps désireux de me rendre, dans la mesure de mes forces, utile à mes compatriotes, je livre à la publicité, dans cet opuscule, ce que j'ai pu acquérir, par une longue expérience, de connaissances pratiques dans l’œuvre très difficiie, au début, de l’amélioration de la race ovine, A défaut d’autres mérites, ce petit traité tout à fait élémentaire aura, à coup sûr, celui d’être le premier du genre publié dans la langue française en Canada, et j'ose espérer qu'il atteindra les deux buts que j'ai en vue : provoquer chez nos cultivateurs la bonne inspiration à s’adonner plus sérieusement qu'ils ne l'ont fait jusqu’à présent à l'élevage et à l'amélioration des moutons et guider sûrement leurs pas dans cette voie,

Que l'élevage bien conduit des moutons puisse être pour nos cultivateurs une source aussi certaine que considérable de revenus, cela ne fait pas de doute pour tous ceux qui ont quelque peu étudié cette question. Par malheur cette vérité n’est pas comprise par la grande masse des cultivateurs. Dans nombre de centres agricoles, le mouton figure à peine dans ies troupeaux d'animaux de ferme; dans d’autres, l'élevage en est négligé d'ane façon désolante, Or, je crois qu’il est temps, plus temps que jamais, de combattre cette fatale erreur de jugement et je fais, dans ce but, appel à tous les cultivateurs de bonne volonté, à ceux surtout qui ont autorité pour donner l'exemple dans leur localité respective.

La grandeur limitée des fermes canadiennes comparées aux communes à moutons d'Australie, d'Afrique et de l'Ouest américain, ie manque de grands pâturages convenables aux moutons, et l’obligation de pourvoir aux fourrages pour sept mois de l’année, pendant lesquels les moutons sont renfermés dans des bergeries, empêchent l'élevage du mouton en Canada sur une grande échelle. Cependant le Canada est un pays bien adapté à l'élevage du mouton. Son atmosphère sèche préserve les moutons des diverses maladies auxquelles ils sont sujets en Angleterre. Le fait est qu'un mouton bien hiverné ici, est beaucoup moins exposé aux risques atmosphériques qu’en An-

gleterre, où il est sujet à une froide humidité que sa toison absorbe, et où il est souvent plié, courbé en deux, en plein champ, les pattes enfoncées dans la boue, misères auxquelles il résiste difficilement,

Qu'il ne soit pas dit, à notre discrédit, qu'ayant en main une source appréciable de revenu, nous avons, par ignorance ou par aputhio, négligé de l’exploiter.

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