‹ Le mouton [microforme]Chapitre 6 sur 52 · PA AP RE · texte numérisé non relu

PA AP RE

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d'un cône au milieu du bassin, qui permet au fourrage de se distribuer également et régulièrement tout autour du râtelier.”

“ Entrons un peu dans le détail de cet utile appareil. Disons d’abord qu'il a un diamètre de cinq pieds et demi et une hauteur de quatre pieds et neuf pouces. La rangée de barreaux extérieurs en contient vingt-deux et permet conséquemment l'accès de vingt-et-un moutons au râtelier. Ces barreaux ont un pouce et demi de diamètre, sont ronds et fixés de manière à tourner facilement dans les trous qui les retiennent en haut et en bas. Il y a sept pouces d'intervalle entre ces barreaux extérieurs et la rangée de barreaux intérieurs qui sont au nombre de trente-trois, espacés de quatre pouces, et qui ont un pouce carré de grosseur. En dedans de cette rangée de barreaux intérieurs s'élève un cône en bois ayant trois pieds neuf pouces de diamètre à sa base et une hauteur de trois pieds. Ce cône, avec la garniture qui retient les deux rangées de barreaux au sommet du râtelier, garniture qui a une inclinaison de quarante-cinq degrés, forment le bassin qui reçoit le fourrage. Une plinthe de trois pouces de largeur s'applique au haut et au bas du râtelier, autour dé la rangée extérieure de barreaux et finit le tout.”

“ Voici les avantages de ce râtelier, Sa forme circulaire fait que chaque mouton a sa place sans nuire à son voisin. En effet, s'ils sont rapprochés de la tête, ils vont en s’éloignant régulièrement jusqu'à l’arrière-train, de même que les raies d’une roue, qui sont beaucoup plus éloignées nécessairement à l’extrémité qui se trouve dans les jantes qu’à celle qui est dans le moyeu. Cette disposition fait que les agnelles et les brebis pleines ne sont pas exposées à se blesser en se choquant les unes contre les autres. La mobilité des barreaux extérieurs empêche les moutons de se frotter le cou, habitude à laquelle ils sont sujets et qui fait qu'ils se dépouillent de leur laine à cet endroit. Si les brebis passent un peu pressées le long de ces barreaux, la mobilité de ces derniers les empêche de blesser les brebis. Si l’on a soin de mettre le râtelier au-dessous et vis-à. vis d’une trappe qui permet d’v jeter le foin d’en haut, il ne tombe aucune saleté dans la laine des moutons, qui reste ainsi parfaitement nette. Si, au lieu de fourrage, on donne des racines aux moutons, le bas du râtelier, qui est garni d’une plinthe de trois pouces, tel que dit plus-haut, est justement disposé pour recevoir ces racines. Les barreaux intérieurs sont assez rapprochés pour empêcher les moutons de sortir le fourrage et de le piétiner. La distance de quatre pouces ne leur permet que d'arracher le fourrage par bouchée.”

‘“ Monsieur Casgrain peut fournir ce râtelier pour huit piastres, livré à la station de chemin de fer de L'Islet.”

“ Ce râtelier a été exposé à l'exposition provinciale de mil huit cent quatre-vingt-trois, à Montréal, où il a fait l'admiration des connaisseurs et a été honoré d’un prix extra.”

On place ce râtelier au milieu de la bergerie. Ilest fait de manière à ce qu'aucune parcelle de foin ne tombe sur les moutons. Des petits enclos doivent être faits de manière à être mis au besoin, afin de pouvoir séparor d'avec le troupeau, les brebis et leurs petits, quand ceux-ci demandent des soins particuliers. [1 importe grandement de voir à ce que les moutons en sortant de la bergerie ne se bousculent pas, comme cela arrie partout ailleurs, quelles que soient la position et les dimensions des portes de sortie, Tout le monde sait que cette précipitatation est la cause de fréquents accidents : les animaux les plus faibles sont blessés, les brebis sont quelquefois tellement pressées qu’elles en avortent. Un moyen bien simple de parer à tous ces dangers, c’est que le seuil de la porte soit élevé au-dessus du sol, de qui. ‘e pouces, et ne puisse être franchi qu’en traversant un petit pont sans rampes qui ne livre passage qu'à deux moutons à la fois; la sortie devient, à la vérité, plus longue par cette méthode, mais elle est certainement plus sûre.

Je crois qu’il peut être avantageux d'utiliser le comble d’une bergerie en y mettant le fourrage, cornme on le fait pour tous les autres bâtiments de la ferme; pourvu que l’on donne issue aux vapeurs par une ventilation bien établie.

Après toutes les précautions que nous exigeons pour le renouvellement du bon air dans les bergeries, il est facile de comprendre que nous ne saurions approuver les éleveurs qui laissent accumuler pendant plusieurs mois le fumier sous leurs moutons, Nous les engageons donc fortement à faire sortir le fumier le plus souvent possible de la bergerie et à l’entretenir d'une bonne litière fraîche et abondante; les moutons s’en trouveront mieux, et leur fumier frais sera plus profitable comme engrais,

Il ne me reste plus qu'à indiquer par quels procédés on peut désinfecter une bergerie qui a longtemps été soumise à un état d'infection que l’on veut faire cesser. Il faut d'abord enlever toutes les immondices qui la souillent, laver tout l’ameublement à grande eau, blanchir les murailles intérieures à la chaux, et enfin détruire les gaz par l’action des chlorures que l’on trouve chez tous les pharmaciens. Le prix d'achat de ce chlorure est peu de chose, et voici comment on l’emploie: les moutons étant aux champs et le fumier étant enlevé, on fait fondre une livre de chlorure de chaux dans un baquet rempli d’eau.

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Quand la dissolution est complète, on en arrose le bas des murs et différents endroits de la bergerie.

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