‹ Le mouvement de concentration dans les banques allemandesChapitre 19 sur 54 · Groupe de la Darm$tàder Bank · texte numérisé non relu

Groupe de la Darm$tàder Bank

Agences

Succursales

Commandites (1)

Participations

Total

Darmstadter Bank . . .

Breslauer Discontobank .

Osfbank fur H. u. G. .

a) Bromberger B . . .

Nordwestdeutsche B. . .

Vereinsbank

US

Mitteldeutsche Crédit B .

Nationalbank

Commerz u. Disconto B ,

Total général :

Deutsche Bank 306

Dresdner Bank 245

Discontogesellschaft ... 84

Darmstadter Bank. ... 115

Mitteldeutsche Crédit Bank. 22

National Bank 16

Commersîu. Disconto Bank. 29

établissements et succursales .

4" Associations d'[nléré/.s.

(Interessengemeinschaften),

Aussi bien, trouvons-nous encore dans l'histoire de la concentration des banques allemandes de ces toutes dernières années, un dernier et plus puissant encore moyen de concentration. 11 s'agit des Interessengemeinschaften^ (communautés, associations d'intérêts), alliances proprement dites, sanctionnées par de véritables con^ra/^, conclus

(I) Non compris la Wechselstuben Actien Gesellschaft « Mercur » à Vienne (7 succursales).

LES MOYENS TECHNIQUES l'M

pour une période ddtcrmindc entre doux établissements de force sensiblement égale. Ciiacune des deux banques va conserver sa direction et sa personnalité propres : il n'y a ni échange d'actions, ni réunion de l'avoir des deux sociétés ainsi associées ; mais les affaires seront conduites de concert et les bénéfices nets partagés proporlionnoilement au capital et aux réserves des deux établissements ; on a dit, et l'expression paraît juste, que c'était là un ca7'tel de banque.

Nous croyons pouvoir donner comme précédents immédiats et comme préparation de ces communautés d'inlérôts, ce qu'on appelle les consortmms de banques, c'est-à-dire ces accords momentanés , sociétés occasionnelles (Gelegenheitsgesellschaften) (1), groupements temporaires de banques, conclus pour la conduite d'une affaire déterminée importante, une émission d'emprunt public parexemple. La direction et la comptabilité sont alors réunies entre les mains d'une seule maison; la toute puissance des banques d'émissions réside dans cette organisation unitaire et dans la centralisation du capital entre les mains de l'établissement directeur.

A vrai dire, les consortiums ne sont point particuliers aux banques allemandes : nos grandes sociétés françaises ont pris également l'habitude de se grouper pour la conduite des grosses aiïairos ; mais on Allemagne, les consortiums sont une habitude courante (2) et la multiplicité

(1) V. Sydow, Zeitschrift fur das gesammte If'tndchreclil, t. XIX, p. 427 ; E. Goldschmidt ; Die Bankgruppen.

(2) La presse quotidienne allemande a [même souvent élevé de vives récriminations contre ce qu'elle appelle l'esprit de monopole des f,'randes banques ; ils'agil surtout dans ces plaintes, des emprunts commu-

des affaires consortiales, inscrites au Konsortial Konto de chaque établissement (1) leur donne un caractère permanent en quelque sorte, virtuellement du moins ; mais la communauté d'action est toujours bornée à la conduite des affaires désignées.

Nous donnons ici la liste et la composition des grands consortiums.

Consortium de Prusse,

Reichsbank.

l'reussische Seehandlung.

IVeussische Gentralgenossens-

chafstkasse.

Rank fur Handel iind Industrie.

Berliner Bank.

Berliner Handelsgesellschaft. .

S. Bleichroder.

Commerz iind Disconto Bank.

Delbriick Léo et Cie.

Deutsche Bank.

Deutsche Genossenschaftsbank.

Discontogesellschaft.

Dresdner Bank.

F. W. Krause et Cie.

Mendelssohn et Cie.

Mitteldeulsche Crédit Bank.

National Bank.

Schaaffhausens cher Bankverein.

Schickler frères.

R. Varschauer et Cie.

Groupe Rothschild.

Discontogesellschaft .

Osterreichische Crédit Anstalt

fiir liaiidel und Gewerbe.

M. Wodianer.

S. M. von Rothschild (Vienne).

Ungarische Allgemeine Crédit

Bank (Pest).

S, Bleichroder.

Uothschild frères (Paris).

N. M. Rothschild et fils (Londres).

Allgemeine Osterreichische Boden Crédit Bank.

Bank fiir Handel und Industrie.

Siil. Oppenheim (Cologne).

Mendelssohn et Cie.

Osterr. Postsparkasse.

naux conduits par les consortiums qui contiendraient un grave danger pour les villes en les livrant sans défense aux mains des syndicats financiers. Mais il semble bien difficile, étant donné le volume des emprunts publics modernes, dont l'importance dépasse aisément la capacité d'une banque particulière, d'éviter la formation de ces consortiums.

(1) V. dans la 2^ partie l'étude du Konsortial Konto de chacun des grands établissements berlinois.

Consortium des emprunts Russes.

Mendelssolin et Gie. Petersburger Internat-Handels-

S. Bleichroder. bank.

Discontogesellschaft. Riissische P>ank fiir auswartigen

R. Varschauer et Cie. Handol.

Petersburger Uisconlobank.

Volgakama Commerzbank. Lippmann, Rosenthal et Cie

(Amsterdam).

Syndicat des affaires asiatiques.

Deutsch-Asiatische Bank. Preussische Seehandiung.

Disco7itogesellschaft. Bayerische Hypotheken und Deutsche Bank. Weclisel bank.

S. Bleichroder. Dresdncr Bank.

Berliner Handelsf/esellschaft. Schauffhamens'cher Hkv.

Bank fur Handcl u. /ndustrie. Born et Busse.

Jacob M. S. Stern. Xational Rank.

Norddeutsrhe Bank. L. Behrens et fils.

Sal. Oppenheim.

Dans chacun de ces consortiums nous voyons réunis les grands établissements berlinois ; nul doute que l'habitude ainsi prise de mener de concert un groupe d'affaires n'ait conduit à ces alliances plus étroites — permanentes et non plus momentanées, embrassant l'ensemble des opérations et non plus seulement quelques affaires déterminées — que nous voyons réalisées par les communautés d'intérêts contractuelles.

Ces communautés d'intérêts sont encore rares ; nous en avons relevé quatre :

Les Interessengemeinschaften de la Deutsche Bank avec la Mecklemburgcr Hypotheken und Wechselbank de Schwerin (conclue en 1<S87) et avec la Rlioinisclic Crédit Bank, conclue en 1904.

La communauté dinténH conclue également en 1904, entre la Dnrm'^tiiilcr l!;mk et la Vcrcin-^liaiiK (!•' Wi-mar.

La communauté d'intérêts Dresdner Bank-Schaaffhaiisens'cher Bankverein : c'est la plus importante et la plus complète ; elle réunit des capitaux formidables : 349 millions de marks. Nous allons l'étudier avec quelques détails.

Nous avons vu déjà, en examinant au point de vue de la concentration la crise 1900-1901, l'élan que vint donner au mouvement d'expansion des grandes banques, l'exemple — et les rapides progrès — de la Deutsche Bank, et comment l'accord intervenu entre la Dresdner Bank et TA. Schaaffhausens'cher Bkv. (décembre 1903) en avait été une des principales conséquences. D'autres circonstances vinrent faciliter cet accord. La Dresdner Bank avait besoin de développer ses affaires de banque pure ; or, celles de l'A. Schaaffhausens'cher lui donnaient depuis longtemps des résultats excellents. D'autre part, cette dernière ayant besoin d'améliorer et de développer ses participations industrielles était sûre de trouver un appui certain auprès de la Dresdner Bank.

Knfin, et c'est là sans doute l'essentiel, les établissements propres des deux Sociétés, leurs filiales et leurs participations étaient situés gcographiquement de façon telle, qu'ils se complétaient à merveille et allaient donner à la communauté d'intérêts une puissance égale à celle qu'aurait procurée une fusion.

Ces motifs et les bases de l'entente ont été ainsi exposés dans l'assemblée générale des actionnaires de la Dresdner Bank (1903) :

« Depuis longtemps notre attention était dirigée vers l'extension de notre sphère d'intérêts dans le grand district industriel du Bhin et de Westphalie, dont l'importance pour l'ensemble de la vie économique allemande va

LES MOYENS TECHNIQUES l41

encore grandir parles gToupemcnts existants et les groupements en formation. Nous avions examiné plusieurs combinaisons dans cet ordre d'idées sans cependant nous liera une forme déterminée. Récemment l'occasion s'est offerte de nous rapprocher du plus ancien et du plus puissant établissement rhénan, le Schaallhausens'cher Bankverein qui cultive depuis plus d'un demi-siècle les relations les plus précieuses avec l'industrie : nous avons saisi avec empressement cette occasion de réaliser d'un coup notre projet. Nous croyons, en elTet, qu'à peine il existe deux institutions qui se complètent aussi heureusement, le Schaaiïhausens'cher Bankverein avec son excellente clientèle de l'Allemagne Occidentale et la Dresdner Bank qui en dehors de ses relations industrielles en Saxe et dans d'autres districts entretient un réseau de succursales à travers toute l'Allemagne, et de Hambourg, Brème et Londres, cultive avec un succès grandissant, les affaires transatlantiques. »

« La forme choisie de cotnmimaitté d'intérêts se distin* gue des fusions et autres combinaisons analogues en ce qu'elle évite de diminuer le dividende des actionnaires par des frais inutiles de timbre, par une double taxation, par de doubles tantièmes. Les propositions soumises à nos actionnaires ont été adoptées à l'unanimité, par les directeurs et les membres du Conseil.

« L'entente a été conclue, à dater du 1" janvier 1904, pour trente ans. Chacune des deux sociétés conserve ejotérieuremenl son indépendance, continue les affaires sous sa raison sociale propre : il ni/ a pas réunion de la fortune ni de la personnalité sociale, ynais les affaires sont conduites en commun, les bénéfices sont réunis et distribués au prorata

du capital social et de la réserve de chaque société. Ainsi nous croyons obtenir d'une façon approximative les mêmes avantages économiques que par une fusion et éviter d'autre parties nombreux inconvénients, les dépenses improductives de timbre (1), la double taxation par l'Etat et par les communes.

c( La réunion du bénéfice annuel aura lieu de la manière suivante : chaque Société établira un compte de profits et pertes sans tenir compte de la communauté, comme si celle-ci n'existait pas. Du bénéfice brut, après soustraction de tous les frais généraux, de la dotation des réserves, il sera déduit les tantièmes des administrateurs, directeurs, employés, les gratifications, les amortissements d'immeubles. Le solde qui reste (bénéfice net) va dans la même masse et il est partagé d'après le mode indiqué ». , « Chaque société établit, après que sa part de bénéfice net aura été calculée, son bilan définitif et son compte de profits et pertes, sans être dépendante pour l'emploi de sa part de bénélices nets, des organes de l'autre Société. La part, qu'après l'établissement du décompte une Société devra payera l'autre, figurera comme perte ou profit dans le compte des profits et pertes, diminue le bénéfice de celui qui paie, augmente le gain de celui qui reçoit. Le calcul des tantièmes du Conseil et de la Direction doit être établi sur le résultat définitif. Chaque Société a le droit d'employer à sa guise le bénéfice net, c'est-à-dire de créer éventuellement des réserves. La communauté d'intérêts porte sur les bénéfices annuels, non sur les pertes. Si une Société a subi une perte elle doit couvrir cette perte, en tant que le bénéfice provenant de l'autre société ne la

(1) On a calculé que les frais d'enregislremeiU seuls auraient atteint 5 millions de marks.

compense pas, en prenant sur son fonds de rdserve ou autrement, de façon que le bénéfice annuel de l'année suivante ne soit pas diminué par un résidu de perte. En ce qui concerne le coefficient de la répartition, en dehors du fonds de réserve légale, il n'y a ;i tenir compte que des fonds de réserve figurant d'une façon permanente au bilan et qui ne constituent pas seulement des réserves contre des pertes spéciales. »

« Afin d'assurer une communauté de direction, il est prévu que chaque société fournira deux directeurs et trois administrateurs qui seront comptés aux organes de l'autre : le Conseil d'administration de chaque Société, pour la préparation des affaires importantes, élira dans son sein un comité auquel prendront part deux membres de l'autre société, en règle générale, les directeurs : les comités réunis formeront un Conseil de délégation. Celui-ci devra décider en cas de divergence d'opinions, en ce qui concerne l'approbation des bilans provisoires, des comptes de profits et pertes, la répartition entre les deux Sociétés, les amortissements ; il aura une influence particulière en ce qui touche les augmentations de capital ; une augmentation de capital faite sans son approbation ne sera pas prise en compte lors de la répartition du bénéfice et donne droit à l'autre Société de se retirer de la communauté. Toute modification dans les arrangements devra être approuvée par les deux tiers des administrateurs. »

En vue de cette entente, chacun des deux établissements avait augmenté ses moyens d'action réciproques : la Dresdner Bank portant son capital de 130 à l(j() millions de marks, l'A. Schaaiîhauscns'cher portant lo sien deldO à \2^\ millions de marks.

L'activité du nouveau groupe se manifeste tout d'abord par une série d'absorptions ; il acquiert un siège à Francfort par l'absorption (Dresdner Bank) de la vieille maison Erlanger et fils fondée en 1859 et intéressée elle-même dans les entreprises suivantes :

1° Oldenburgische Landesbank.

2° Mecklemburgische Bank et ses deux participations :

a) Rostocker Bank.

b) Neuvorpommersche Spar. Creditbank 3° Landgraflich Elessische Landesbank.

4° Eisenbahn Rentenbank.

5o Eisenbahn Bank.

6° Frankfurter Hypothekenverein.

7° Schwarzburger Hypothekenbank.

La Dresdner Bank absorbe encore la succursale de la Deutschegenossenschaftsbank à Francfort, lui cédant 20 millions de ses nouvelles actions et lui payant en espèces 3.750.000 marks.

De son côté l'A. Schaaffhausens'cher Bankverein absorbe :

1° la Westdeutsche Bank ;

2° la Niederrheinische Crédit Anstalt ;

Au début de 1905 enfin, la « communauté d'intérêts » absorbait la Treuhand Vereinigung Actiengesellschaft de Berlin.

On voit, en dehors du résultat brut de la réunion des capitaux et réserves des deux établissements, l'essor donné au mouvement de concentration par la conclusion de cette communauté d'intérêts. Il serait intéressant d'en suivre le fonctionnement et l'évolution. Elle est encore trop rapprochée de nous pour que nous puissions en juger les résultats avec certitude ; citons cependant ces ex-

traits des rapports jçénéraux (190i) des deux établissements :

« Notre activité pour cette année, dit le rapport de la Dresdnor Bank, était consacrée en première ligne à l'organisation de noire « Interessengemoinscliaft » avec l'A. Schaaiïhausens'cher Bankverein. Les mesures prises se sont montrées excellentes : Tentente a été parfaite et la marche des affaires n'a point été rendue plus difficile par le fonctionnement dun appareil plus compliqué. »

— <( L'année qui vient de s'écouler, dit de son côté le rapport de l'A. Schaaffhausens'cher Bankverein, a vu s'achever l'organisation de notre communauté d'intérêts avec la Dresdner Bank. Les résultats obtenus témoignent de la puissance de l'idée qui présida à cet accord ; il en est résulté pour les deux banques une augmentation d'influence, un élargissement de leur activité ; nous espérons voir augmenter encore par la suite le nombre desalïaires. »

Tels sont les principaux moyens qu'employèrent les grands Instituts berlinois pour réaliser la concentration. Nous avons vu en quoi ils dilTèrent profondément des méthodes généralement employées en Angleterre et en France ; ils nous apparaissent plus nuancés, plus souples, plus économiques aussi, tout en assurant une large dilVusion et de fait, devant les résultats aujourd'hui acquis, on reste étonné et confondu en songeant à ce qu'étaient les banques allemandes il y a seulement vingt ans.

11 nous reste à montrer comment les grands établissements n'eurent point toujours le choix de ces moyens et comment les méthodes employées leur furent en quelque sorte imposées par le développement historique de l'Allemagne elle-même.

Nous avons vu comment ces banques qui plus tard, vers 1890, sont devenues les grands établissements berlinois avaient commencé pour la plupart, par être de simples banques provinciales ; elles prirent la tête du mouvement industriel et commercial et, devenues plus puissantes, vinrent s'établir à Berlin.

Mais les autres banques provinciales fondées de 1855 à 1875, pour n'avoir point suivi ces quelques banques, plus favorisées ou mieux conduites, dans leur magnifique essor, n'en avaient pas moins travaillé et prospéré ; établies dans les centres manufacturiers importants, dans le bassin Rhénan par exemple, ou dans les villes commerçantes du Nord et du Centre de l'Allemagne, elles avaient, elles aussi, grâce à la décentralisation économique fortifiée par les vestiges d'un particularisme provincial encore très vivace, largement contribué pour leur part à l'essor du commerce et de l'industrie et fondé, dans leurs environs immédiats, un réseau d'agences qu'alimentait une solide clientèle.

A vrai dire, ce ne sont point des banques locales mais bien plutôt des banques régionales que trouvèrent devant eux les grands établissements berlinois que la concentration croissante du Irafic de banque à Berlin obligeait à s'étendre, à rayonner à travers les provinces. I^'activilé industrielle et commerciale de nombreuses régions permit à ces banques régionales de conserver un champ d'opérations assez fructueux et elles résistèrent au début avec un certain succès aux tentatives d'expansion des grandes banques. Le premier essai de la Discontogesellschaft de fondre un certain nombre de banques provinciales en une Société paradions, \di Provinzial Discoiitoyesellschaft, échoua presqu'aussitôt : Vd Provinzial W echs 1er b ank ^ cvédiUon de la Berliner Wechslerbank n'eut pas plus de succès.

Si, vis-à-vis des banques privées, les banques berlinoises — puissamment secondées d'ailleurs par l'action do ces causes particulières que nous avons examinées et qui, de plus, trouvant déjà de largos bénéfices dans de fructueuses opérations financières firent, pour gagner la clientèle, de notables concessions dans le trafic régulier de banque — purent agir par voie d'absorptions et de fusions complètes, elles durent user à l'égard des banques provinciales de moyens plus souples et de niétliodes moins brutales.

Aussi bien comprirent-elles que si elles devaient s'étendre pour assurer l'accroissement de leurs affaires courantes de banque, nécessité par le développement des industries auxquelles elles s'intéressaient, comme également pour fortifier leur action sur les lieux mêmes où ces industries s'exerçaient, point n'était besoin pour cela de fusionner complètement avec les banques provinciales; plutôt peut-être que les avantages que devait présenter une politique d'unions et d'alliances, elles surent voir les inconvénients d'une centralisation trop complète et trop absolue. Ce qu'elles cherchèrent avant tout, le passage du rapport de la Dresdner Bank que nous avons cité le dit explicitement, c'est un complément de leurs moyens d'action et ce complément elles l'obtinrent plus sûrement en laissant à leurs collaborateurs, à leurs alliés, et plus d'indépendance et plus d'initiative.

Le mouvement a donc abouti à cette concentration de forces que nous avons analysée, non à la prépondérance centralisatrice d'un ou de quelques établissements concentrant sous une unique et absolno direction, sons une seule raison sociale la plus grande paiiie du trafic de banque du pays. C'est là la grande originalité du mouvem(>nt de concentration dans les Banques allemandes. La judi-

i48 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III

cieuse observation de M. Blondel : « les Allemands semblent aujourd'hui convaincus que c'est dans une sorte d'équilibre entre la concurrence individualiste et l'association qu'il faut chercher le véritable régime économique du monde moderne » (1), trouve ici une entière application.

(l) Blondel, op. cit., p. 280.

DEUXIEME PAUÏIE

ETUDE ANALYTIQUE DU MOUVEMENT DE CONCENTRATION

DF.UXIÈME PARTIE

ÉTUDE ANALYTIQUE DU MOUVEMENT DE CONCENTRATION

iNoLis avons terminé ce que nous avons appelé létiule synthétique du mouvement de concentration dans les banques allemandes. On sait maintenant quelles en furent les causes générales et particulières ; on connaît les méthodes employées et l'importance des résultats obtenus en ces quinze dernières années. Mais ce n'est là, avons-nous dit, qu'un des aspects de l'étude du mouvement de concentration.

11 nous reste à l'envisager à un point de vue inlerne, c'est-à-dire à déterminer la part spéciale que vint prendre dans ce mouvement général, chacun des grands établissements chefs de groupe, son rùle particulier, ses tendances propres, le résultat particulier qu'il obtint.

Les grands instituts berlinois n"ont point tous apporté, en eiïet, au mouvement de concentration, la mémo intensité d'action, leur développement n'a pas été de tous points parallèle et égal; les formes primitives de leur constitution même, leur berceau d'origine comme aussi bien les dilTérences d'esprit et de caractère de ceux qui

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