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NOTRE EPOQUE ET LE THEATRE

15 février 1929.

QUELQUES REFLEXIONS SUR LE THEATRE D’AUJOUR- __—‘*D’HUI, — DEUX GRANDES REPRISES: A LA PORTE SAINT-MARTIN, le Retour de Jérusalem, DE M. MAU- / - RICE DONNAY; A L’opEON : le Mattre de son Ceur, 4 DE M. PAUL RAYNAL. — Moloch, DE mM. BoussAc DE SAINT-MARC, A LA COMEDIE-FRANCAISE. — Je

Vattendais, DE M. JACQUES NATANSON, AU THEA- TRE MICHEL. — Ceur d@ gauche, DE M. PIERRE ' BRASSEUR, AU STUDIO.

Avant d’entreprendre cette série d’études sur la littérature dramatique, peut-étre n’est-il pas inutile de jeter un coup d’cil d’ensemble sur le théatre d’aujourd’hui, et, puisque dix années se sont écoulées depuis l’Armistice, d’étudier (oh! bien succinctement!) V’évolution de notre art dramatique pendant cette période, de « faire le point », pour parler comme les marins.

En vérité, nous revenons d’assez loin, ou plutot

Ce

éclata, elle brisa, on le sait, un essor magnifique, imposa au théatr> une tragique « relache». Je l’ai noté récemment dans un petit livre*, pendant la durée des hostilités, art dramatique stagna misérablement, et pour cause! Comme !’on ne disposait guére que de deux heures par soirée (tous les spec- . tacles devaient étre terminés avant minuit) et comme il paraissait malaisé d’exposer, de développer quoi que ce soit de significatif, ou simplement de logique, d’humain, en un si court espace de temps, les belles, les fortes picces furent remplacées par des piécettes impromptues, sans consistance, sans vraisemblance, et ou scintillait, de-ci de-la, je ne sais quelle fantaisie superficielle, rapide, comme « pressée »; par des sortes de sketches, d’apropos, de revues; de menus ouvrages, seuls susceptibles de plaire a la foule, d’égayer les permissionnaire , les étrangers, les neutres de passage, les « nouveaux spectateurs »: tout un public enfin qui ne brillait point par le godt, la culture, et semblait mal préparé a apprécier des ceuvres d’un certain, ton, d’une certaine classe. Voila du moins ce qu’affirmaient les directeurs, « dirigés » eux-mémes par le plus actif, le plus entrep enant, le plus doué (commercialemen.) d’entre eux, et le plu résolu A ne considérer | art dramatique que comme une « affaire » commerciale ou industrielle précisément. Hélas! peut-étre n’avaient-ils point tout a fait tort.

Ilest certain que, pendant la guerre, tout évolua,

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