La Princesse de Ikif/dad
large parfois que la morale courante, elle est d'ordinaire beaucoup plus stricte. Dans les Effrontés^ par exemple, Henri Charrier rembourse tous les anciens actionnaires de son père, abandonne une fortune dont les origines sont suspectes. Mais cela ne lui suffit point. Le jeune viveur prend du service, part pour rAfrique, et sans emmener avec lui Taimable Taffetas.
Après les défauts communs aux deux maîtres de la scène comique, défauts procédant d'une même conception théâtrale, qui fait encore trop de part au convenu, signalons ceux que l'un et l'autre tient de son tempérament, de son tour d'esprit et de son caractère propre.
Il y a chez Augier un fond de « bourgeoisisme » natif, auquel s'ajoute, pour gâter parfois ses meilleures pièces, un respect timoré des préjugés sociaux, la crainte d'offenser les spectateurs dans leurs habitudes et dans leurs goûts. C'est pour plaire au public qu'il double une comédie politique très solide et très forte d'une comédie romanesque assez fade*. C'est pour lui plaire qu'il convertit au dénouement Gaston de Presles ^, Charrier % les Fourchambault, André Lagarde *, chez lesquels il n'a donc pu nous montrer que des vices tout superficiels. Il n'ose peindre le mal qu'en mettant à côté le bien. De là ces contrastes factices et ces caractères plus ou moins con-