‹ Le mouvement litteraire contemporain (volume 2)Chapitre 7 sur 69 · Dans les Courbezon · texte numérisé non relu

Dans les Courbezon

laisse aux meilleurs Tâpreté des natures primitives, à Éran lui-même \ dont la délicate tendresse garde quelque chose de fruste et de rude. Fabre allait une fois, dans la Séveraguette des Courhezon^ nous représenter une créature tout angélique, lorsque, se rappelant à temps que « la terre ne produit pas d'être absolument parfait », il montre le cœur de la jeune fille « ému d'un battement impur ».

Naturaliste encore par la manière dont il compose, Fabre ne veut pas une unité trop stricte, une action trop rapide et trop logique. Presque tous ses romans sont copieux, touffus, ont Tallure lente. Ils ne racontent point telle ou telle crise, brève et sèche, ils reproduisent la vie elle-même dans sa suite; et les scènes tragiques y ont aussi leur place, mais la matière en est presque partout faite des choses quotidiennes. Ils abondent en minutieux détails sur les personnages et sur les milieux.' Les milieux, presbytère ou ferme, sont associés pour ainsi dire à Tcxistence des personnages. Et ceux-ci ne s'imposent pas tout d abord par une définition générale et abstraite de leur caractère, ils ne se « détachent » point sous forme de portraits; on nous les fait connaître peu à peu en décrivant tout le long du livre les moindres circonstances de leur vie, et nous croyons vivre avec eux.

Si Ferdinand Fabre n'est pas naturaliste dans le sens le plus étroit du mot, c'est, d'abord, que les objets dont ses livres retracent l'image, il les voit

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