Cf. chap. II
par M. Anatole France. Dès le début, M. Brunetière mène campagne contre M. Zola, auquel il refuse le nom d'écrivain et de romancier. M.Jules Lemaître reconnaît chez Tauteur des Rougon-Macquart un génie vigoureux; mais ses louanges s'appliquent surtout à la puissance avec laquelle M. Zola déforme la nature. Quant à M. Anatole France, il témoigne au naturalisme une répugnance instinctive. Selon lui, Tart naturaliste n'est pas plus vrai que l'art idéaliste. Or, si les images que l'un et l'autre nous offrent des choses sont également fausses, il préfère pour son propre compte celles dont se réjouissent nos yeux; à l'art qui nous rend la vie haïssable, il préfère l'art qui nous la fait aimer.
C'est dans la poésie que la réaction se manifesta tout d'abord avec le plus de force. S'il y avait bien des affinités entre l'école parnassienne et le naturalisme, voici maintenant une école qui, s'insurgeant contre le Parnasse, inaugure un art poétique directement contraire à celui des naturalistes. La poésie nouvelle ne u note » pas les choses extérieures, mais en évoque l'âme latente. Elle n'analyse pas, elle symbolise *.
Mais cette réaction paraît d'autant plus significative dans le roman, qu'il a pour objet essentiel de reproduire la réalité ambiante. C'est là que le naturalisme avait triomphé; c'est là que sa chute eut surtout du retentissement.
Beaucoup de jeunes romanciers que leurs livres