‹ Le mouvement littéraire contemporainChapitre 11 sur 76 · Sur M. Rosny, cf. p · texte numérisé non relu

Sur M. Rosny, cf. p

emploie deux pages pour embarquer son héros sur l'omnibus Madeleine-Bastille. Et sans doute il continuera toujours à juxtaposer de petits traits rapides et distincts, qui se succèdent sans liaison; mais il choisira mieux et ne se croira pas obligé de ne rien omettre. Dans Tous quatre^ d'autre part, nous trouvons maints épisodes qui valent bi^n ce que les romanciers naturalistes avaient jamais fait de plus licencieux. Non point que M. Paul Marguerilte peigne par goût des vilenies, des choses ordurières ou obscènes; il penserait trahir la réalité, s'il n'en exprimait pas jusqu'aux scènes dégoûtantes . Aussitôt que se dégagera son originalité propre, il écrira Jours d'épreuve^, qui non seulement n'a plus rien de naturaliste, dans le sens scolastique du mot, mais s'oppose même au naturalisme d'école par une inspiration de sympathie humaine et de foi vaillante en la vie. Dès lors M. Margueritte devient lui-même. Il rompt décidément avec ses anciens maîtres, et, dans Pascal Géfosse^y fait dire à son héros que « le naturalisme est une forme de décadence vulgaire et basse » '.

Voici maintenant quelques romanciers qui n'avaient jamais été naturalistes. M. Anatole France s'annonça tout d'abord comme un poète très déUcat, épris de formes pures et de gracieuses images. Conteur, il détourne les yeux du banal spectacle qu'offrent les réalités de la vie ordinaire. Ou bien il invente des personnages bizarres et des aventures étranges, ou

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