‹ Le mouvement littéraire contemporainChapitre 13 sur 76 · Sur M. Anatole France, Cf. p · texte numérisé non relu

Sur M. Anatole France, Cf. p

il rappelle, soit Chateaubriand, avec moins d'ampleur, moins de plénitude, avec quelque chose de plus inquiet, soit Alfred de Musset, avec, moins d'éloquence, moins de pathétique, avec une nervosité plus aiguë. Tandis que les naturalistes peignent la réalité quotidienne et vulgaire, M. Loti nous transporte dans des pays lointains, à mille lieues, comme on dit, de la scène sur laquelle évolue la famille des Rougon-Macquart. Et ces pays d'ailleurs, il ne les décrit pas en naturaliste, du dehors, pour ainsi parler, et sans autre objet que de noter les couleurs et les contours ou de représenter les « milieux », mais il y retrouve le reflet de son âme. Entièrement livré aux impressions d'un « moi » toujours vibrant et frémissant, il est incapable de cette objectivité que réclame le naturalisme, et l'univers, parcouru d'un bout à l'autre, ne lui rendit jamais que sa propre image '.

M. Paul Bourget enfin opposa dès le début une nouvelle école à l'école naturaliste. Après avoir inauguré tout d'abord certaine critique littéraire qui, dans sa méthode comme dans son objet, relève de la psychologie', il répudia, comme romancier, « l'homme physiologique » du naturalisme, pour lui substituer un homme psychologique, réduit au mécanisme du cerveau. Peu curieux des figures qu'avaient peintes de préférence M. Zola et ses disciples, il choisit les siennes parmi ce qu'on appelle le monde et restaura le genre d'Octave Feuillet, tant

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