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Acte II, scène xi

LE THÉÀTIIË. ISl

faiteurs ou même le docteur Bertry dans VBvasion. Mais ses ouvriers, ses paysans, ses petits bourgeois, sont admirables de réalité caractéristique, depuis le père Rousset \ Guernoche ^, Pluvinage ^, le vieux Planchot*, jusqu'à M. Rémoussin et M. Dupont. Il peint aussi bien les mœurs que les caractères. Il sait allier le naturel et l'effet scénique. Sa touche est çà et là un peu lourde : on voudrait notamment que les dames patronnesses dans les Bienfaiteurs, que les dames du monde dans VÉvasion et les Remplaçantes^ fussent plus délicatement esquissées; et, dans les Trois filles de Monsieur Dupont, cette pièce dont le ton est d'ordinaire si juste, on regrette que certains traits tiennent de la caricature *. Mais, sauf ces traits, d'ailleurs assez rares, il n'y a qu'à louer la force, la franchise, la saveur de son comique. M. Brieux saisit à merveille le détail significatif, et, d'autre part, aucun autre ne l'égale, depuis Becque, pour la vérité familière et naïve des peintures.

Moraliste, c'est pour cela que M. Brieux met toujours en scène des personnages moyens. Sa morale est moyenne elle-même et s'inspire du sens commun. Aussi la trouvons-nous parfois bien terre à terre. Dans Ménages d'artistes, par exemple, Mme Legrand a raison sans doute quand elle répond à Jacques, exal-

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